Publié le 19 mars 2021

L’Union fait la force… de Bruxelles !

Par Shana Devleschoudere
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Depuis ce samedi 13 mars et sa victoire contre l’ennemi juré de Molenbeek, l’Union Saint-Gilloise est assurée de jouer en Division 1 la saison prochaine. Cela signifie que d’ici quelques mois, la butte du Parc Duden revivra de grands moments de sport, dont le fameux derby contre les Mauves de Saint-Guidon ou le duel face à l’ogre du Club de Bruges. Mais au-delà des supporters bleus et jaunes, ce sont tous les citoyens de Bruxelles qui peuvent se réjouir de ce que ce club emblématique retrouve l’élite du foot. Encore plus que le Sporting d’Anderlecht, l’Union fait partie du patrimoine bruxellois. Le cercle saint-gillois est un vecteur incontournable de vivre ensemble dans la cité brabançonne. Dans les années à venir, il pourrait être amené à porter l’étendard bruxellois à travers l’Europe…

Alors que le Royal Sporting Club d’Anderlecht a été fondé en 1908, la Royale Union Saint-Gilloise (comme la Juventus de Turin) est née le 1er novembre 1897. C’est peu dire que le passé du « matricule 10 » est prestigieux. En réalité, entre 1904 et 1935, les Bleus et Jaunes ont remporté 11 titres de Champions de Belgique, ce qui les place en 3ème position derrière Anderlecht (34 titres) et Bruges (16 titres) mais devant le Standard (10 titres). Il y a aussi deux Coupes de Belgique (1913 et 1914) dans la vitrine unioniste. Le fait marquant de l’histoire du club est l’« Union 60 ». Cette appellation représente 60 matches consécutifs sans défaite entre 1933 et 1935. Ce record est toujours inégalé. Cette incroyable période d’invincibilité se termina par une défaite contre le Daring Club de Bruxelles (devenu aujourd’hui RWDM). Rappelons que cette rivalité ancestrale entre l’Union et le Daring donna lieu à la célèbre pièce Bossemans et Coppenolle (créée le 25 février 1938 au Théâtre du Vaudeville). Au même titre que le Mariage de Mademoiselle Beulemans, cette comédie écrite par Paul Van Stalle et Joris d’Hanswyck fait partie des fleurons du boulevard bruxellois.
Très bientôt, l’Union Saint-Gilloise va donc regoûter au parfum de la Division 1 (après 48 années de purgatoire). Comme l’a écrit Frédéric Larsimont dans Le Soir, le club de la butte n’a plus rien à voir avec ce qu’il fut dans les années 30’ si ce n’est une façade Art Déco (classée par la Région de Bruxelles-Capitale). Au même titre que le club anglais de Brighton, il est intégré dans la holding de Tony Boom. Cela signifie que les Bleus et Jaunes vont bénéficier d’une importante assise financière, ce qui devrait leur permettre, dans un premier temps, de se maintenir dans l’élite du foot belge et, pourquoi pas, à moyen terme, de jouer l’Europe. De quoi réparer une injustice de l’Histoire du Sport puisque ces coupes européennes n’existaient pas avant la guerre…

Newsletter Métropaul du vendredi 19 mars, rédigée par Paul Grosjean.