Mis à jour le 15 avril 2021

Le sport est bien moins qu’essentiel en Région de Bruxelles-Capitale…

Par Shana Devleschoudere
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Tous les observateurs s’accordent à dire que cette pandémie est un formidable révélateur. En tout cas, en Belgique, c’est sans doute à la Région bruxelloise que cet adage se vérifie le mieux. En effet, vu son manque chronique de moyens budgétaires, cette entité fédérée, encore plus que les autres, est obligée de se fixer des priorités. Jusqu’à présent, il est avéré que le secteur HORECA, la culture, le secteur événementiel, le secteur des discothèques sont les parents pauvres de cette crise à Bruxelles. Les responsables politiques ne se privent d’ailleurs pas de communiquer pourquoi ils ne peuvent pas faire davantage en faveur de ces secteurs. Mais en ce qui concerne les clubs sportifs, c’est encore pire. Nos ministres se renvoient carrément la balle (sans mauvais jeu de mots) pour expliquer que le sport ne fait pas partie de leurs compétences. De quoi faire sortir tous les dirigeants de clubs de leurs gonds. A l’avant-garde de ce mouvement, il y a Bernard Lescot, patron depuis près de 25 ans d’un des cercles les plus huppés de la capitale de l’Europe, le Royal Léopold Club pour ne pas le nommer. Difficile de ne pas lui donner raison…
Fondé en 1893, le Royal Léopold Club est au hockey/tennis ce que le Royal Sporting Club d’Anderlecht est au football. Avec, notamment, 29 titres chez les Hommes en Hockey, le club ucclois fait réellement partie du gotha du sport belge. Grâce à ses fidèles actionnaires et à ses puissants sponsors, cette société anonyme devrait traverser sans trop de casse le tsunami viral. C’est dire si son Administrateur Délégué, Bernard Lescot, est plutôt rassuré. Par contre, ce qui le rend moins serein, même s’il n’est pas directement concerné, est bien la situation générale des clubs de sport en Région de Bruxelles-Capitale. « Impossible de savoir qui s’occupe de nos clubs à la Région. On m’a d’abord envoyé vers Bernard Clerfayt, lequel m’a orienté ensuite vers Barbara Trachte, laquelle m’a suggéré que Nawal Ben Hamou pouvait être compétente. Inversement, je découvre que la Flandre et la Wallonie ont pu contourner les contraintes institutionnelles pour aider les clubs. Par exemple, le très imaginatif Jean-Luc Crucke est parvenu à accorder des subventions à tous les clubs wallons par le biais des communes. Je ne peux que me réjouir pour nos amis wallons si ce n’est qu’à Bruxelles, c’est le néant ou presque. Le Royal Léopold Club a touché un subside de 1.000 euros tandis que chaque discothèque a reçu entre 75.000 et 125.000 euros. Bref, il est grand temps que Rudi Vervoort reprenne la main sur ce dossier ».
Force est de constater que les clubs de sport de la Région de Bruxelles-Capitale ne constituent pas un lobby suffisamment fort pour attirer les subsides. Alors que leurs recettes sont en chute libre, cette situation est très préoccupante. Certains clubs seront incapables de rembourser les membres qui réclament d’être indemnisés vu qu’ils n’ont pas pu exercer leur sport. « Nous arrivons maintenant à l’heure de vérité, conclut Bernard Lescot. D’ici septembre, les sportifs vont devoir renouveler leur membership et payer leurs cotisations pour la saison prochaine. Je crains que beaucoup se désaffilient. En d’autres termes, le risque est grand d’assister à un recul de la pratique sportive en Région de Bruxelles-Capitale. Alors qu’il faut tout faire pour renforcer la santé de nos concitoyens, reconnaissez que ce serait absurde ». Le gouvernement bruxellois peut-il se permettre de dire le contraire ?

Newsletter de Lobby (4), Rédigée par Paul Grosjean.