Mis à jour le 29 avril 2021

Une promotion royale et belge

Par Shana Devleschoudere
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La « Royale Belge » fait partie des pépites du patrimoine bruxellois au même titre que la Grand-Place ou le Palais Stoclet…

La « Royale Belge » fait partie des pépites du patrimoine bruxellois au même titre que la Grand-Place ou le Palais Stoclet…

Ce lundi 3 mai, aura lieu la première séance d’information dans le cadre de l’enquête publique sur le projet immobilier « Royale Belge » sis au Boulevard du Souverain à Boitsfort. Il est à espérer que les riverains réserveront un bon accueil à cette promotion qui concilie tradition et modernité. En cette période de morosité ambiante, on ne peut que se réjouir de voir un pilier du patrimoine bruxellois se réinventer de manière aussi spectaculaire. Voilà enfin un projet qui propose du souffle et de l’ambition pour Bruxelles !
Quand on parle de patrimoine architectural à Bruxelles, on a trop souvent tendance à se focaliser sur la Grand-Place, sur les habitations majeures de Victor Horta et sur le Palais Stoclet. C’est vite oublier qu’entre 1960 et 1970, l’architecture moderniste connut aussi ses lettres de noblesse dans la capitale de l’Europe. En 1960, Gordon Brunshaft créa pour le compte du Baron Lambert à l’Avenue Marnix le siège de la Banque Bruxelles Lambert (BBL). Il y eut ensuite l’immeuble Glaverbel à Boitsfort dessiné en 1964 notamment par André Jacqmain. Enfin, comment ne pas rendre hommage à Constantin Brodzki, récemment décédé, qui imagina en 1970 l’immeuble CBR, à proximité du  « Glaverbel » ? Mais le chef d’œuvre de cette époque moderniste se situe également dans la commune boitsfortoise. Il s’agit de la Royale Belge conçue en 1967 par Pierre Dufau et René Stapels sur un versant de la Vallée de la Woluwe en bordure de la Forêt de Soignes. L’environnement est extraordinaire car les architectes ont permis le maintien des étangs et de la hêtraie. Le geste architectural est tout aussi fort. Cette sculpture géante peut se décrire comme une grande croix sur un socle de verre (54.000m2 sur une hauteur de 50m). Elle est inscrite sur la liste de sauvegarde du patrimoine. Plus que la procédure de classement, cette démarche favorise la réaffectation du bâtiment.
Après une longue période d’inoccupation, à la suite du départ d’AXA, l’immeuble dit « Royale Belge » devrait donc renaître de ses cendres. A l’initiative d’un consortium de 4 promoteurs belges (Cores, Foresite, Urbicoon, AP), sous le contrôle du Bouwmester Kristiaan Borret, 4 architectes de renom et leurs équipes ont été impliqués : Peter St John, Dirk Somers, Francis Metzger et Christian Sibilde. Ils ont fécondé un projet dont la modernité repose sur la mixité. Imaginez un espace mêlant bureaux, coworking, hôtel, bars, restaurants, Spa, salle de gym, salles événementielles,… Les espaces extérieurs seront sous la responsabilité de la paysagiste Anne-Marie Sauvat (Atelier Eole). Bref, ce sera un endroit pour travailler, se détendre, se divertir. Au vu des réservations et des options, force est de constater que l’engouement est au rendez-vous. Puilaetco et le cabinet Claeys & Engels ont déjà confirmé leur présence. La qualité du patrimoine, qu’il s’agisse du bâtiment ou du parc, n’y est pas étrangère. En tout cas, le projet, qui respecte de manière exemplaire les nouvelles procédures urbanistiques, en est au stade de l’enquête publique. La commission de concertation aura lieu le mardi 8 juin. Si tout suit son cours normalement, le permis devrait tomber en 2021. Les copromoteurs espèrent alors pouvoir inaugurer en 2023. Ce serait une énorme plus-value pour le quartier, pour la commune, pour la région. Rêvons un peu…
Newsletter de Lobby du 30 avril 2021, rédigée par Paul Grosjean, Rédacteur en chef de Lobby.