Mis à jour le 14 septembre 2021

En été, la montagne se révèle !

Par Shana Devleschoudere
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Le tout nouveau Club Med de La Rosière © Club Med

Le tout nouveau Club Med de La Rosière © Club Med

L’HIVER À LA MONTAGNE, L’ÉTÉ À LA MER… AVEC LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET LES HIVERS PLUS DOUX QUE L’ON NOUS PROMET, LES HABITUDES DES VACANCIERS POURRAIENT CHANGER. LE RACCOURCISSEMENT DE LA PÉRIODE DES SPORTS D’HIVER FORCE LES STATIONS À REPENSER LEUR MODÈLE ÉCONOMIQUE POUR VALORISER LEUR SAISON D’ÉTÉ. EXEMPLE AVEC LES COMMUNES DE LA HAUTE TARENTAISE VANOISE, DANS LES ALPES FRANÇAISES, EN SAVOIE.

 « Tout d’abord, il faut rappeler que les stations ont été construites dans un objectif d’aménagement du territoire, commence Hugues François, chercheur à l’INRAE (Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement), et que donc, aujourd’hui, l’économie de certaines régions en dépend en grande partie.» Toutes ont énormément investi dans des infrastructures lourdes (la plupart avec un succès certain) mais restent, comme le précise Hugues François : « dépendantes d’une ressource (la neige, ndlr) extrêmement variable ». Le chercheur ajoute que le changement climatique va accentuer le problème.

À quoi peut-on s’attendre donc ? À un enneigement plus faible sur des périodes plus courtes… Mais moins de neige, moins longtemps, c’est une période touristique moins rentable et potentiellement une catastrophe économique pour ces stations qui ont bâti leur économie essentiellement sur les recettes générées par les sports d’hiver.

Mais la montagne est une force tranquille, et loin de paniquer, au contraire, elle s’organise. C’est le cas, par exemple, de l’association commune de la Haute Tarentaise Vanoise, dans les Alpes françaises, en Savoie. L’association regroupe les communes de Chapelle, Bourg Saint Maurice-Les Arcs, Séez, Montvalezan-La Rosière, Sainte Foy Tarentaise, Villaroger et enfin, les plus réputées Tignes et Val d’Isère, sur un territoire de 57 000 hectares situés entre différents massifs et vallées, entre 840 mètres d’altitude (Bourg Saint Maurice) et les 3 714 mètres du Mont Pourri.

Le sport en fer de lance

L’expertise des stations de montage se loge évidemment dans le secteur des activités sportives, notamment en hiver. Mais, en été, les sportifs de tous les niveaux et dans de nombreuses disciplines y trouveront aussi leur compte. Rien qu’en Haute Tarentaise Vanoise, on dénombre 3 parcours accrobrancheset 5 via ferrata, 5 sites pour le VTT de descente et 5 grands itinéraires de cyclotourisme, 2 golfs 18 trous (les Arcs et Tignes), 1 parcours de 9 trous (La Rosière) et 2 practices (La Rosière et Val d’Isère)… N’en jetez plus !

L’incroyable décor du golf de Tignes © AS golf de Tignes

Et tout ça sans compter les kilomètres de randonnées ! D’autant plus qu’il est aussi possible de pêcher, de faire du parapente, du trail, de l’escalade, et … du ski !

Ski d’été

Vous avez bien lu : en été, il est possible de skier sur le glacier de la Grande Motte. « Des skieursprofessionnels du monde entier viennent s’entraîner ici, l’été, quand ils ne peuvent pas le faire ailleurs. C’est exceptionnel » explique Serge Revial, maire de Tignes. Exceptionnel, mais cela pourrait ne plus durer puisque, comme de nombreux glaciers, celui de la Grande Motte est menacé par le réchauffement climatique.

Le télésiège du glacier de la Grande Motte ne s’arrête jamais pour les skieurs, pas même l’été © DR/Shutterstock.com

Dans ce contexte, ne vaudrait-il pas mieux cesser les activités estivale sur ce dernier ? « C’est ce que les écologistes essaient de faire croire, mais en réalité, de nombreuses études scientifiques démontrent que le ski d’été n’a pas d’influence sur la fonte du glacier. Au contraire, c’est une activité qui donne de la visibilité médiatique au glacier, et donc permet de faire de la sensibilisation sur sa situation. Sans ski d’été, personne ne parlerait de la fonte du glacier de la Grande Motte » décrypte l’élu.

Histoire et culture

Pour vivre en été, les stations de sports d’hiver auront besoin d’attirer d’autres profils que les sportifs. Alors, elles commencent, timidement, à s’intéresser à leur patrimoine historique et culturel. Parce qu’on l’oublie parfois en haut des pistes de ski, mais ces régions ont une histoire, parfois très riche. La Haute Tarentaise Vanoise en est un bel exemple, avec le col du Petit Saint Bernard, dont l’enjeu stratégique militaire a perduré jusqu’à la Seconde Guerre mondiale ! Depuis les Romains, le passage d’Hannibal et de ses éléphants, jusqu’aux deux guerres mondiales du XXe siècle, le col du Petit Saint Bernard a vu les frontières se faire et se défaire sur les crêtes alpines.

L’hospice du Petit Saint Bernard, fondé par Saint Bernard de Menthon, dresse encore ses abruptes bâtiments le long de la petite route de montagne. Il demeure un refuge pour les alpinistes ou les randonneurs et accueille un joli musée consacré à l’histoire du col.
Du reste, la Haute Tarentaise Vanoise se distingue, par exemple, par ses illustrations de l’art baroque, souvenirs d’une époque où le duché de Savoie était une province italienne. De nombreuses églises et chapelles témoignent d’un art opulent, exubérant parfois dans ses dorures, couleurs et arabesques.

Le luxe et l’excellence, même en altitude

Été comme hiver, les stations de montagne veulent d’abord s’adresser à leur clientèle habituelle. À Tignes, par exemple, on met un point d’honneur à jouer la carte du luxe et de l’excellence. Le golf (un vrai 18 trous, dessiné par Pierre Valant), à plus de 2 000 mètres d’altitude offre un panorama splendide et un cadre étonnant, avec des vues plongeantes sur le lac ou sur le glacier !

L’hôtellerie s’aligne avec des établissements comme la Maison Bouvier, premier hôtel cinq étoiles de la station, qui propose 24 suites modulables et une piscine intérieure, avecjacuzzi, sauna, hammam, salle de sport, salon de coiffure et  espace spa. Mais surtout, l’hôtel accueille en son sein l’Ursus, le restaurant étoilédu chef Clément Bouvier, à la scénographie forestière spectaculaire. Dans l’assiette, l’ancien sous-chef de Jean-François Piège retravaille les saveurs de la cuisine de montagne pour donner à celle-ci une nouvelle dimension.

Et ce n’est pas tout, l’excellence gastronomique se poursuit à plus de 3 000 mètres d’altitude. Après une montée avec le funiculaire de Tignes, face au glacier de la Grande Motte, on découvre le plus haut restaurant étoilé du monde : le Panoramic, du chef, tiens, tiens… Jean-Michel Bouvier, le père de Clément. Dans des cuisines tout à fait atypiques pour un restaurant de ce standing (la brigade s’adapte et cuisine, notamment, au feu de bois) le chef et son équipe offrent des plats aux saveurs franches, aussi savoureuses que délicates. Une expérience de haute voltige !

Le Club Med comme moteur !

La montagne, on l’a vu, se dote de sérieux arguments pour renforcer son attractivité estivale (et pallier une prévisible baisse des recettes hivernales), mais le meilleur signe des perspectives de développement vient peut être d’un acteur majeur du secteur touristique dans cette région : le Club Med. Le géant des séjours de plaisance vient en effet d’inaugurer un sublime nouveau village à La Rosière. Même si l’accent est encore mis sur les sports d’hiver, les activités d’été ont été considérées dès les premières réflexions du projet. Activités nature, randonnées, yoga, piscine extérieure, pétanque, canyoning et rafting … dans un décor confortable et moderne, faisant référence partout à la culture savoyarde.

Mais ce n’est pas tout. En 2022, Club Med inaugurera un tout nouveau bâtiment pour son village de Tignes. Tous ces lourds investissements prouvent la confiance que Club Med a dans le potentiel de croissance de cette région, et de la montagne en général, été comme hiver !


Article rédigé par Martin Boonen, paru sur Eventail.be. Retrouvez d’autres articles sur l’actualité du du marché de l’art et de la culture, mais aussi celle du gotha, de la gastronomie, de la mode et de la santé, de la déco et du patrimoine et de l’entrepreneuriat sur www.eventail.be.