Mis à jour le 17 septembre 2021

Ionnyk : l’art digital a enfin ses lettres de noblesse

Par Shana Devleschoudere
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© Ionnyk

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QUAND ON PARLE DE CADRE NUMÉRIQUE, ON IMAGINE SOUVENT UNE TÉLÉVISION HAUTE DÉFINITION QUI AFFICHE, DANS LE MEILLEUR DES CAS, DE L’ART NUMÉRIQUE, ET DANS LE PIRE, UNE MAUVAISE REPRODUCTION D’UNE OEUVRE CÉLÈBRE. LE TOUT AU MÉPRIS DES DROITS D’AUTEURS ET DE REPRODUCTIONS. ET BIEN CETTE IMAGE POURRAIT CHANGER. AVEC IONNYK, UNE PETITE RÉVOLUTION DANS L’ART DIGITAL EST PEUT ÊTRE EN TRAIN DE S’ACCOMPLIR. ET CE GRÂCE À L’ARTICULATION DE DEUX TECHNOLOGIES : LE PAPIER ÉLECTRONIQUE ET LE NFT.

Une technologie belge éblouissante

Mais, au fond, Ionnyk, c’est quoi ? C’est le premier cadre d’art connecté en papier électronique au monde. Ce papier électronique utilise la même technologie que celle des encres électroniques des liseuses style Kobo ou Kindle. Il est composé de millions de capsules d’encre électronique noir et blanche et a bénéficié de deux ans de travaux de recherche et développement en Belgique. Sans fil, il a une autonomie de plus d’un an (pas besoin de le recharger régulièrement donc, ni de l’accrocher à proximité d’une disgracieuse prise électrique) et surtout il n’émet pas de lumière vers l’extérieur.

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Le résultat est tout simplement bluffant. Il faut le voir pour le croire : les blancs sont éclatants, les noirs très profonds, la résolution infinie. C’est bien simple : la différence avec un rendu argentique est incroyablement ténue. Mais à quoi bon un tel soin dans l’affichage ? Parce que Ionnyk est un véritable support d’art.

Streamer de l’art

En effet, la jeune startup belge ne vend pas seulement un cadre numérique exceptionnel, elle propose également du contenu artistique, disponible sur abonnement. Ionnyk se présente comme une plateforme de contenu de photographie artistique. Elle dispose de deux catalogues distincts qui peuvent s’utiliser en parallèle : « le premier est un catalogue d’artistes émergents qui évolue sans arrêt (plus de 700 oeuvres déjà au catalogue, ndlr) » explique Mathieu Demeuse, co-fondateur d’Ionnyk. Ce catalogue fonctionne comme un Spotify de l’art. On stream à travers le catalogue, affichant, les œuvres que l’on sélectionne dans le catalogue en les louant grâce à son abonnement à Ionnyk.

Le second catalogue la “collection privée” concerne des artistes déjà côtés sur le marché de la photo d’art. « Ils proposent dans ce catalogue des oeuvres d’art en édition limitée numérique, explique Mathieu Demeuse.Elles sont disponibles à l’achat, et nos clients deviennent les propriétaires. Elles sont stockées dans un coffre fort virtuel ». Les œuvres sont limitées à 100 tirages maximum. Il existe une troisième option pour animer son cadre numérique : les photos iconiques. Plus abordable, cette catégorie rassemblent des photos d’agences de presse spécialisées qui racontent leurs époques : le premier pas de l’homme sur la lune, le premier concert de Michael Jackson… ici, les petits formats coûtent 49€ et les grands 95€.

Le NFT réponds aux codes du marché de l’art

Mais bon, afficher en haute résolution un Picasso, n’importe quel télévision 4k peut le faire. D’ailleurs, l’art et le digital n’ont jamais vraiment fait bon ménage. À de rares exceptions, l’art ne s’accomode que très mal des défauts du numérique : l’affichage cheap, les œuvres peuvent être reproduites à l’infini, copiées, modifiées, utilisées sans vergogne… bref, tout ce que le marché de l’art déteste. Grâce à la technologie du NFT, Ionnykdépasse tous ces écueils et réconcilie les mondes numériques et artistiques.

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Le NFT (non-fungible token – jeton non-fongible) est un type spécial de jeton cryptographique qui représente un objet numérique tel une image, une vidéo, un fichier audio, auquel est rattaché une identité numériquequi est reliée à un propriétaire. Son authentification est validée grâce au protocole d’une blockchain. Grâce aux NFT, les œuvres numériques sont parfaitement identifiées, authentifiées, protégées. Le NFT agit comme un véritable certificat d’authenticité digital. Bref, les biens numériques associés à un NFT répondent désormais tout à fait à la définition d’une véritable œuvre d’art. Leur valeur est d’ailleurs bien souvent soumise au jeu de l’offre et de la demande. « Aujourd’hui, et plus encore demain, être propriétaire d’un asset digital va avoir du sens pour les nouvelles générations » prédit Mathieu Demeuse.

Ionnyk, première galerie d’art numérique au monde ?

D’ailleurs, pour bien assoir sa crédibilité sur le marché de l’art et convaincre artistes et collectionneurs du sérieux et du bien fondé de sa démarche, Ionnyk a tout simplement adopté le fonctionnement d’un véritable galerie d’art. À côté du département tech qui s’occupe de la technologie des cadres numériques, la startupbelge s’est dotée d’un comité artistique, composé de photographes, de designers, de décorateurs d’intérieur, et dirigé par une directrice artistique : Charlotten Dubois. « Nous sommes une nouvelle forme de galerie… peut être la plus grande au monde ! Nous avons 100 points de vente dans le monde. Qui peut en dire autant sur ce marché ? » se demande Mathieu Demeuse.

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Vers une nouvelle forme d’expression artistique

D’ailleurs, les artistes ne s’y trompent pas et commencent à produire des œuvres nativement faites pour utiliser les capacités techniques du cadre Ionnyk. « D’abord, les artistes nous ont donné les œuvres qu’ils avaient dans leur portfolio et qui se prêtaient bien à notre cadre. Désormais, les artistes ont appréhendé le support et commencent à créer des œuvres pour nous. » C’est le cas du smart art dont les oeuvres font varier leur affichage en fonction de séquences voulues par l’artiste : ce peut être selon l’heure du jour ou de la nuit, de la luminosité, cela peut être un détail qui se transforme et modifie l’œuvre… « c’est l’artiste qui définit la séquence, précise Mathieu Demeuse, et en fait une véritable œuvre évolutive. Il ne s’agit pas d’art vidéo »
Pour l’instant, Ionnyk a pris le parti de se concentrer sur des œuvres photographiques, mais l’arrivée du smart art grâce à ce nouveau médium numérique va permettre aux artistes de s’émanciper, petit à petit de la photo, pour faire émerger, qui sait, une nouvelle forme d’expression artistique.

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En 2021, Ionnyk se concentre sur son développement en Belgique. « Nous avons deux points de ventes physiques, à Lasne et à Knokke, en saison » explique Mathieu Demeuse. Un positionnement très censé à la vue du positionnement artistique haut de gamme d’Ionnyk. La startup présente son cadre numérique à We Are Artist (Magic Box) à Bruxelles, au Salon international des musées, des lieux de culture et de tourisme (SITEM) au Louvre. Elle sera présente à Affordable Art Faire Brussels et Amsterdam, ainsi qu’à l’exposition universelle de Dubai en novembre Et après ? Place à l’étranger : « Paris en juin 2022, Amsterdam début 2023, Milan, Berlin ou Madrid en juillet de la même année. »

Dans les affaires, avoir raison trop tôt, c’est avoir tort. Ici, la technologie du cadre numérique d’Ionnyk arrive au meilleur moment pour profiter de l’envol du NFT. Une association qui permet – enfin – de réconcilier le monde de l’art, et le monde du digital.


Article rédigé par par Martin Boonen, paru sur Eventail.be. Retrouvez d’autres articles sur l’actualité du du marché de l’art et de la culture, mais aussi celle du gotha, de la gastronomie, de la mode et de la santé, de la déco et du patrimoine et de l’entrepreneuriat sur www.eventail.be.