Publié le 24 septembre 2021

Place à l’Immobilier de Demain !

Par Shana Devleschoudere
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Après notre saga estivale sur le Family Business qui a été ponctuée par un Forum à l’Hôtel de Mérode le 8 septembre dernier, nous commençons aujourd’hui une série de newsletters sur L’Immobilier de demain. Un thème qu’il faut, plus que jamais, comprendre dans sa globalité : s’il incorpore bien sûr le résidentiel et les immeubles de bureau, il faut aussi prendre en compte l’art architectural, le landscaping, les nouveaux modes de vie, etc… Nous aurons l’occasion d’en reparler.

Nous débutons ici avec la présentation d’un projet idéaliste et utopiste développé aux Pays-Bas par un homme… pour le moins créatif.

James Ehrlich. Ce nom ne vous dit sans doute rien mais il s’agit d’un brillant Américain de 56 ans dont le parcours oscille entre Stanford et la Silicon Valley, la NASA et la Maison Blanche (sous l’ère Obama). Excusez du peu ! Aujourd’hui, il est à la tête du projet ReGen (pour régénératif), un projet d’habitat novateur.

“Génial” diront certains, “fou” penseront d’autres. Il faut dire que Ehrlich ne fait pas les choses à moitié. Installé aujourd’hui aux Pays-Bas, dans un polder (ces territoires gagnés sur la mer), le New-Yorkais a trouvé un terrain de jeu idéal pour son cerveau fertile. Habitations dites “à énergie positive”, via panneaux solaires, géothermie, biomasse en réseau, l’intelligence artificielle mise au service de la nature… Et ce n’est pas tout, le recyclage est érigé en valeur cardinale : les eaux usées ou de pluie sont filtrées, les déchets organiques des ménages sont transformés en biogaz et en nourriture pour des animaux d’élevage dont les déjections servent d’engrais aux cultures. C’est clair, tout est fait et pensé pour polluer et gaspiller un minimum, devenir autonome, en initiant ainsi sa propre nourriture et sa propre énergie.  Loin des villes surpeuplées et à bout de souffle … tout en étant à 30 kilomètres d’Amsterdam. Et c’est sans doute là une des clés de la réussite du projet : se reconnecter à la nature sans pour autant vivre comme des Amish et refuser le progrès.

Dans un monde où de plus en plus de personnes prennent conscience qu’il faut changer de modèle (et le Coronavirus n’a fait qu’augmenter ce sentiment), ces idées sont séduisantes. Reste quand même plusieurs questions à se poser : le coût d’abord. Même si Ehlrich assure que son projet, dont il espère qu’il essaimera dans un maximum de pays, s’adresse à toutes les bourses, il s’agit d’éviter l’écueil du quartier de The Cannery (en Californie) où les maisons les moins chères sont vendues à près de 700.000 dollars. Ce qui restreint très fort les catégories de population pouvant s’offrir le bien-être vert 2.0 et l’auto-suffisance agricole… On pourrait aussi évoquer la maîtrise technologique à assimiler, le vivre ensemble à cultiver, l’intégration du concept dans un univers de béton urbain… Bref, rien de simple. Mais impossible n’est pas Ehrlich !

Si tout le monde s’accorde aujourd’hui sur les urgences climatiques, environnementales, sanitaires et économiques, une partie de la solution viendra peut-être de ces villes du futur qui ne sont, au fond, rien d’autre qu’un retour au passé… avec les technologies actuelles.

Ce sujet passionnant sera abordé, entre autres, lors de notre Forum de LOBBY qui se tiendra le mardi 5 octobre aux Jeux d’Hiver. Voir l’invitation ci-dessous.

Bon début de week-end,