Publié le 1 décembre 2021

De l’Arc triomphant à la capitale du surréalisme « Je t’aime, moi non plus »

Par Shana Devleschoudere
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« L’Hôtel de Ville de Bruxelles est un bijou, une éblouissante fantaisie de poète tombée de la tête d’un architecte. Et puis, la place qui l’entoure est une merveille » écrivait, en 1837, Victor Hugo après une visite touristique au bras de sa maîtresse Juliette Drouot. Quinze ans plus tard, c’est à Bruxelles, devenue terre d’exil, que l’auteur de Notre-Dame de Paris, écrira Les Misérables… Mais Bruxelles n’a pas toujours emporté l’adhésion de ces illustres visiteurs. Le séjour bruxellois de Charles Baudelaire inspirera au poète dandy un pamphlet au vitriol intitulé « Pauvre Belgique ! ». Petit à petit, les préjugés français sur la Belgique sont tombés. Les créateurs et entrepreneurs venus du plat pays, impressionnent. Un exemple frappant est le choix du « Chant d’Éole » par le Mondial des Vins organisé en Suisse, en 2019. Trois cents experts internationaux ont couronné ce pur produit du Hainaut belge de « révélation internationale des meilleures bulles du monde » devant 226 champagnes. Malgré un recomptage des votes à la demande des maisons françaises de Champagne centenaires, la “sentence” a été maintenue et le Chant d’Éole est devenu une référence. En quelques décennies, Bruxelles a réussi à se hisser à une place de choix, devenant de facto Capitale de l’Europe avec les sièges de la Commission, du Conseil, mais aussi du Parlement européens, au “Caprice des dieux”, n’en déplaise à Strasbourg. Et puis, il y a l’OTAN et les sièges d’innombrables entreprises transnationales. Tout cela fait de Bruxelles le premier centre politique au monde et la capitale du lobbying, devant Washington DC. 

Paris, elle, s’est renforcée dans son statut de phare culturel et artistique européen et mondial. La capitale française, avec les ors de ses dômes et coupoles, ses perspectives haussmanniennes, ses bistrots gastronomiques, ses palaces étoilés, ses avenues mythiques, ses soirées de gala à l’opéra Garnier, ses défilés sous les verrières du Grand Palais, restera toujours la Ville-Lumière scintillant des mille feux de la tour de Monsieur Eiffel. 

La couverture du prochain Lobby, qui traite de l’axe “Paris-Bruxelles/France-Belgique”. Une union sacrée !

L’axe Paris-Bruxelles est devenu une réalité incontournable. Chaque jour, plus de 20 trains relient les deux capitales à 320 km/h. Hommes et femmes d’affaires et du monde politique, artistes et touristes empruntent cette route de la francité, robuste et créative. Langue et culture partagées ont fait de nos capitales une véritable épine dorsale de l’Europe. La Belgique ne se limite évidemment pas à Bruxelles. Les Français ont une tendresse particulière pour la Flandre et les Flamands, que leur chantent Brel, Ferré, Annegarn, Arno et même Angèle. “On n’a ni Beaubourg ni la Seine. On n’est pas la ville de l’amour… Le ciel couvrira une tempête mais après l’orage, avec des bières, les gens feront la fête. Bruxelles je t’aime. Les villes sont belles mais moi, je ne pense qu’à toi”. Les acteurs de chez nous tels Benoît Poelvoorde et Cécile de France “montent” à Paris mais beaucoup de musiciens français viennent enregistrer leur album en live à Forest National. Au-delà de la culture, si on en revient à l’imbrication étroite des économies belge et française, la France assumera, le 1er janvier 2022, la présidence tournante de l’Union européenne et cela resserrera encore les liens entre les deux capitales. Les villes de Lille, Tournai et Courtrai ont formé en 2009 l’Eurométropole, et la coopération économique transfrontalière fait des merveilles. C’est le plus bel exemple européen en la matière. La France et la Belgique se rejoignent dans un grand élan d’affection. Les échanges sont à double sens, dans une fertilisation croisée et l’estime des créateurs, entrepreneurs et artistes des deux capitales est réciproque. Ce numéro de LOBBY vous présente quelques-uns de ces “héros de notre temps”. Paris et Bruxelles constituent les deux faces d’une même médaille, différentes et complémentaires, elles sont en quelque sorte les deux visages d’un dieu Janus civilisationnel européen, organisant leur polarité dans un dialogue à bâtons rompus. Un peu comme lorsqu’à la terrasse d’un café parisien, écoutant la conversation d’à côté, on reconnaît l’accent belge d’un célèbre acteur, sur fond de Stromae.

Par Alexandra Daelmans, business Development / PR de Lobby