Mis à jour le 1 décembre 2021

Ici ce n’est pas « win/win » mais « win/win/win »…

Par Shana Devleschoudere
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Avec le Taxshelter d’Alexandre Wittamer, tout le monde gagne… comme aux élections !

Avec le Taxshelter d’Alexandre Wittamer, tout le monde gagne… comme aux élections !

Dans le cadre de notre série sur les relations entre la France et la Belgique, il nous a semblé important de donner la parole à quelqu’un qui contribue à les renforcer : Alexandre Wittamer, CEO de “Taxshelter.be”.
Si le Taxshelter est devenu un terme familier pour beaucoup d’entre nous, on ne sait pas toujours de quoi il s’agit précisémment. Tout juste est-on au courant que c’est une aide financière à la création audiovisuelle et scénique. Mais cela va bien plus loin. Alexandre Wittamer à trouvé une jolie formule pour l’illustrer : “En affaires, on aime que ce soit win/win, ici c’est win/win/win”. Tout le monde gagne, comme aux élections ! Ce n’est peut-être pas un hasard si ce sont des politiciens qui ont donné l’impulsion au Taxshelter…
Mais revenons à nos moutons. Qui gagne et comment ? Le premier “win” vise les entreprises qui peuvent déduire un pourcentage de leur base imposable et consacrer cette somme à financer un projet audiovisuel ou arts de la scène, tout en en retirant un rendement financier potentiel garanti qui, tous effets cumulés, peut atteindre 16,86%. On connaît peu d’entreprises qui ne seraient pas intéressées, ce que confirme notre interlocuteur, un brin moqueur : “Je ne m’explique pas les entreprises qui n’utilisent pas le Tax Shelter, soit elles n’ont pas compris comment il fonctionne, soit elles ont fait le choix de payer plus d’impôts”.
Le deuxième gagnant est celui qui produit l’oeuvre, qu’il soit belge ou pas d’ailleurs. C’est ainsi que de nombreux français sont venus tourner leur film en Belgique, attirés par les conditions avantageuses proposées. Ces dernières sont toutefois assorties d’obligations de dépenses soumises à l’impôt sur notre sol ou vis-à-vis de prestataires belges.
On l’a dit, c’est le monde politique qui a imaginé ce dispositif, l’Etat est donc le troisième gagnant : Lorsque la loi a été renouvelée en 2015, on a fait les comptes, et il s’est avéré que les recettes fiscales générées étaient supérieures aux montants d’impôts annulés, alors qu’on avait fait tourner l’économie belge, difficile de faire plus vertueux”, constate Alexandre Wittamer.
Il y a peut-être aussi des gagnants discrets qu’on a tendance à oublier mais qui, indirectement, tirent leur épingle du jeu.”Nos techniciens ont pu se positionner au niveau international. Au départ, il y a l’incitant financier qui a attiré les producteurs étrangers, mais cela leur a ensuite permis d’apprécier la qualité de nos équipes à sa juste valeur. C’est ce qui nous permet de faire la différence avec des pays de l’Est où les tarifs et les coûts de personnel restent bien moindres”. Le taxshelter est donc bénéfique pour l’emploi aussi.
Voilà donc comment cette loi profite à tous. Et dans de telles conditions, le succès est au rendez-vous. Et le CEO n’en est pas peu fier : “La France est un de nos premiers partenaires, les exemples de coproductions récentes sont connus de tous et bénéficient forcément à des prestataires belges. Entre autres, nous avons été partie prenante dans la plupart des films de Dany Boon, y compris le petit dernier, “8 Rue de l’Humanité”, qui a pour sujet le confinement et qui a été réalisé en coproduction avec Netflix (,,,) Quand The “Danish Girl” obtient un Oscar, que “Les Intranquilles” de Joachim Lafosse se retrouve à Cannes en compétition officielle, que “Ni juge ni soumise” combine Magritte et César du meilleur documentaire, je me dis en me levant le matin que ce que je fais a du sens”. Et le patron ne veut pas s’arrêter en si bon chemin : “Pour autant, on ne se concentre pas uniquement sur les grosses productions, notre vocation est de soutenir tous les genres de projets qui répondent à nos critères, petits et grands, francophones et néerlandophones, belges et internationaux”. Pour Wittamer et Taxshelter.be, plus que jamais, sky is the limit !
Bon vendredi de début de week-end… devant un bon film de Dany Boon !