Mis à jour le 1 décembre 2021

La Belgique, Fille naturelle de France…

Par Shana Devleschoudere
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Constantin Chariot, Directeur général de la Patinoire Royale et Animateur du Forum de Lobby "Paris-Bruxelles" qui aura lieu début 2022

Constantin Chariot, Directeur général de la Patinoire Royale et Animateur du Forum de Lobby "Paris-Bruxelles" qui aura lieu début 2022

La Belgique, francophone ou non, est la petite sœur de la France. Jusqu’avant la Deuxième Guerre mondiale, la langue française irriguait l’ensemble du pays, d’Ostende à Arlon, et ensemençait toutes les consciences, à travers sa pensée et sa littérature. Les grands journaux français, animés par les littérateurs et les chroniqueurs français, donnaient le tempo de la mode et de la politique, depuis le phare parisien. Aujourd’hui encore, le Belge n’a-t-il pas les yeux rivés sur les enjeux de la campagne présidentielle française qui s’annonce ?
Le Belge est donc un Français qui s’ignore. Car la Belgique, et c’est une évidence, partage avec la France sa culture prodigieuse et protéiforme ; elle fonde tous ses modèles sur le génie français.
La Belgique (dont la couronne n’a pas deux cent ans) n’a que soupirs d’admiration pour cet ancien Royaume plus que millénaire, cette célèbre « Fille Aînée de l’Église », dont, malgré la Révolution française, la grandeur rayonne toujours à travers les monuments élevés à sa gloire. Il y a quelques semaines à peine, il n’y eut pas un Bruxellois qui ne se sentit concerné par l’époustouflant emballage de l’Arc de Triomphe par Christo.
Innombrables sont les domaines des arts, des lettres, des sciences et de la pensée que ces deux pays ont en partage. Combien de figures célèbres-, artistes, sportifs, scientifiques-, considérées comme françaises par nos voisins, sont en réalité d’authentiques Belges ?
Hormis une Belgitude d’aéroport vantée aux quatre coins du monde, la Belgique est donc cette fille naturelle de la France, vivant au Nord, dans ses brumes, le long de ses canaux flamands, au fond de ses vallées ardennaises, tapie dans l’ombre de son aînée, guettant son moindre regard, suppliant sa reconnaissance et lui dépêchant ses meilleurs ambassadeurs, sur les plateaux de télévision ou sur les ondes, aux murs de ses musées et de ses galeries, derrière ou devant les caméras, sur les courts de tennis ou sur les scènes…
Force est d’admettre par ailleurs que ces deux pays n’ont pas toujours été aussi distincts ; les « peuples de la Gaule » désignés comme « Belges » par César, agrégeaient différentes ‘cités’ françaises actuelles, telles Reims, capitale de la Belgique Première, tandis que la Francia, le pays des « hommes libres », les Francs, a donné une dynastie de rois, de Childéric à Charlemagne, régnant sur des territoires immenses intégrant indistinctement les actuels territoires belges et français. Est-il besoin de rappeler que Charlemagne est né à Herstal, dans le Pays de Liège et que Childéric, et ensuite Clovis, son fils, fondèrent la dynastie mérovingienne en désignant Tournai comme capitale de leur immense royaume ? Sous les ducs de Bourgogne, nos régions sont administrées par une cour itinérante, structurant ses déplacements entre Dijon et Gand, et ne s’embarrassant guère des frontières. Rappelons ensuite qu’une grande partie des Guerres menées par Louis XIV, dont la campagne de Flandre de 1667, le furent dans le projet de rallier au Royaume de France en pleine expansion des territoires belges. Lors de l’avancée fulgurante de Napoléon vers le nord de l’Europe, la Belgique est rattachée à la France et découpée en neufs départements… À la fin du 19ème et au 20ème siècle, les artistes se donnent les mains par-dessus la frontière, au sein de cercles artistiques fondateurs des mouvements symbolistes et surréalistes, tandis que l’axe Bruxelles – Paris, devient le vecteur de l’avant-garde artistique naissante, dans tous les domaines.
Interminable est donc la liste des faits et des hommes qui structurent ce cordon ombilical entre les deux capitales, Bruxelles et Paris, et qui maillent chaque jour, aujourd’hui encore, l’indéfectible tissu de civilisation liant les deux nations.
Il était donc évident autant que nécessaire qu’une newsletter spéciale de Lobby se penche sur cette fraternité de cœur et d’esprit, à la lumière d’une conscience francophone aiguë au plus grand profit de la culture en Belgique, et au-delà !
Bon début de repos de fin de semaine de travail… en noir-jaune-rouge… enrobé de bleu-blanc-rouge !