Mis à jour le 3 janvier 2023

Shiatsu, l’art du toucher

Par Shana Devleschoudere
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Le corps est parcouru par une série de méridiens via lesquels l’énergie circule. Certains blocages énergétiques peuvent apparaître et perturber l’harmonie de chacun. Le shiatsu permet de restaurer cet équilibre par diverses techniques. Alexander Seymour Laue, fort de ses huit années de pratique et de deux années en énergétique, nous fait découvrir la force du toucher.

L’Éventail – Qu’est-ce que le shiatsu ? Quelle est sa philosophie ?
Alexander Seymour Laue – Le shiatsu a vu le jour au Japon, où il est d’ailleurs reconnu comme médecine traditionnelle, et se base sur les principes de la médecine chinoise. Il est enseigné dans différentes écoles, dont dix-sept sont référencées à la Fédération belge de shiatsu. Il signifie “pression avec les pouces” mais nous utilisons, en tant que praticiens, tous les doigts, les paumes, les coudes, les genoux aussi. Nous travaillons sur chaque organe de manière énergétique via les méridiens et les points d’acupuncture qui les parcourent. Le corps envoie de nombreux signaux comme des douleurs, des inconforts, mais nous avons la fâcheuse tendance à ne pas les écouter. Cela génère des blocages énergétiques considérés par les praticiens comme à l’origine des maladies. En manipulant lentement et doucement la personne, le praticien arrive à soulager les tensions, détendre les muscles, faire circuler l’énergie et débloquer la mécanique. Le shiatsu est très efficace en cas de stress, de douleurs, de fatigue chronique, de problèmes digestifs, d’insomnies, voire de burn out. Je tiens à préciser que le shiatsu n’est pas reconnu comme médecine en Belgique et n’a pas vocation à se substituer à tout avis médical. Le shiatsu est pratiqué en milieu hospitalier en oncologie. Il n’est pas là pour guérir le cancer, mais pour accompagner les patients cancéreux dans le but d’atténuer les effets secondaires des traitements. C’est une aide bienveillante pour soutenir tout un chacun dans les périodes plus difficiles et rééquilibrer les énergies.

– Comment se déroule une séance? Et quels conseils pourriez-vous donner aux néophytes ?
– Le shiatsu se pratique généralement sur un futon (un tapis au sol) mais peut aussi se pratiquer assis sur une chaise, comme cela se fait généralement en entreprise. La personne reste habillée, c’est important de le préciser. Je conseille donc de venir avec des vêtements confortables. Après un entretien d’une quinzaine de minutes pour faire plus ample connaissance et comprendre les motifs de la rencontre, le soin peut commencer. Je dépose ma main sur le ventre ou le dos de la personne pour ressentir ses énergies. Ce n’est pas un massage à proprement parler, car le shiatsu est beaucoup plus précis. Comptez une heure à une heure trente pour une séance. Nous commençons par des exercices de respiration et une première méditation pour se centrer sur l’ici et maintenant. C’est un moment de connexion entre moi et la personne. Ensuite commencent les pressions réalisées sur les différents points du corps. Elles sont plus ou moins longues selon les besoins et concernent les pieds, les jambes, le bassin et les bras. En fonction de la souplesse, je peux aussi pratiquer des étirements.
En fin de séance, je donne quelques conseils pour prolonger les bienfaits. Je recommande de boire suffisamment d’eau pour éliminer les toxines, de rester au calme dans les deux-trois jours qui suivent, d’éviter le stress et le sport. Il se peut que la personne ressente un léger inconfort dans les heures ou les jours qui suivent, mais cela ne doit pas inquiéter. C’est tout à fait passager. Je conseille de faire une séance de shiatsu à chaque changement de saison, lorsque tout va bien. Quand on me contacte pour une raison bien précise, comme des maux de tête par exemple, plusieurs séances s’avèrent parfois nécessaires.

– À qui s’adresse le shiatsu ? Y a-t-il des contre-indications ?
– Le contact physique est essentiel à chaque être humain, depuis sa conception jusqu’au crépuscule de sa vie. Le shiatsu s’adresse donc à tous, petits et grands, à tous ceux qui désirent se ressourcer et sentir une énergie positive circuler. Il n’y a pas une seule façon de pratiquer le shiatsu. Chaque praticien développe ses propres techniques d’acupression en fonction de sa formation, de son expérience et de son client. Certaines précautions sont toutefois nécessaires si la personne souffre d’hypertension, d’inflammation des ligaments, d’ostéoporose… Il est essentiel de travailler en douceur. La prudence s’impose aussi chez les femmes enceintes, qui peuvent faire des séances de shiatsu avec des praticiens expérimentés et formés pour accompagner les futures mamans. La formation du praticien est importante pour éviter de blesser et d’être finalement contre-productif. Le shiatsu est un outil extraordinaire pour se ressourcer et faire le plein d’énergie ; il complète à merveille les thérapies conventionnelles. Cette approche holistique apporte une dimension physique, psychique et spirituelle, toutes trois inséparables dans cette vision globale du bien-être.


Article écrit par Sylvie Dejardin, paru sur Eventail.be. Retrouvez d’autres articles sur l’actualité de la gastronomie, mais aussi celle du gotha, de l’art et de la culture, de la mode, de la déco et du patrimoine et de l’entrepreneuriat sur www.eventail.be.