Publié le 18 janvier 2023

Le salon de Bruxelles célèbre sa 100e édition… ou à peu près !

Par Shana Devleschoudere
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Après deux ans d’absence – pour une raison sur laquelle nous ne préférons pas revenir-, le salon de l’auto de Bruxelles revient aux Palais du Heysel en ce mois de janvier 2023. Un retour important, puisque le salon en est à sa 100e édition !

Vraiment la centième ? En réalité, il y a querelle d’experts. Mais éclaircissons d’abord un point. Le premier Salon de l’Automobile de Bruxelles s’est officiellement tenu en 1902. Et sachant que vingt éditions n’ont pu être organisés en raison de divers événements tels que conflits armés, expositions universelles et autres pandémie (voilà, nous l’avons dit), on arrive effectivement à cent éditions sur une période de 120 ans. Oui, mais voilà : certains diront que Bruxelles avait déjà accueilli des salons de l’auto avant cela. Pas faux : en 1896, se tint le 4e Salon du Cycle, titre auquel on ajouta pour la première fois “et de l’Automobile”. Peut-être un peu exagéré, car le public n’avait à se mettre sous les yeux que deux calèches motorisées. Et la voiture resta tout aussi anecdotique jusqu’à son véritable essor après le changement de siècle. Sachant cela, si nous sommes tous d’accord, pouvons-nous convenir qu’en effet, le point de départ du Salon de l’Auto est 1902, et que nous en sommes à la 100e édition ?

Changement de lieu

Ce premier salon est organisé à l’initiative, entre autres, d’un homme qui donna son nom à l’une des plus grandes artères de la capitale, Louis Mettewie, alors bourgmestre de Molenbeek, mais surtout patron du constructeur Belgica, et de la Chambre syndicale des Constructeurs d’Automobiles et de Cycles. Cette première édition installe ses quartiers dans l’un des plus beaux lieux de Bruxelles, l’Esplanade du Cinquantenaire, dans les halls qui abritent aujourd’hui le musée Autoworld et celui de l’Armée. Malgré la croissance déjà exponentielle de l’automobile, le Cinquantenaire resta long-temps assez vaste pour accueillir le salon, et même y installer un parcours d’essai… indoor. Et c’est un public de plus en plus nombreux qui se rendit chaque année au Cinquantenaire jusqu’en 1934.

En 1935 et 1936, pas de Salon de l’Auto, toute la ville étant concentrée sur le grand événement du moment : l’Expo universelle de 1935. Pour cette occasion, le plateau du Heysel est entièrement aménagé et on y construit cinq énormes halls d’exposition. Le lieu est parfait pour accueillir le retour du Salon de l’Auto en 1937. D’autant que le développement de l’un accompagne celui de l’autre. Le Heysel sera enrichi de trois palais et du patio pour l’Expo 58, avant d’atteindre finalement douze palais en 1993. Et à chaque fois, le Salon de l’Auto trouve-ra le moyen de tout occuper. À certaines époques, notamment au début des années 2000, certains constructeurs comme Mercedes ou Ford s’approprieront même un palais entier.

Question d’interprétation

Mais revenons au débat initial… Peut-on vraiment parler de 100e Salon de l’Auto, quand on sait que depuis 1973, les années impaires sont en réalité celle du “petit Salon”, autrement dit, celui du véhicule utilitaire ? La vraie question est : a-t-on vraiment jamais vu la différence ? Certes, il y avait plus de fourgonnettes sur les stands lors des années impaires, mais les constructeurs ont vite trouvé la parade. Une banquette arrière sup-primée par-ci, une cloison fixe par-là, et hop ! Subitement, n’importe quel SUV, monospace, break et même n’importe quelle citadine devenait, selon la loi belge, un véhicule utilitaire. Les marques pouvaient donc ainsi exposer presque toutes leurs dernières nouveautés, même quand il ne s’agissait pas de “vrai” Salon de l’Auto. D’ailleurs vers l’année 2010, il a été décidé d’en finir avec cette contorsion du concept, et de parler, pour les années impaires, de “Salon du véhicule utilitaire et de loisirs”. Et là, du fourgon au SUV, en passant par le pick-up et le cabriolet, à peu près tout avait sa place.

Stop ou encore ?

Ce Salon 2023 sera spécial. Car il est autant source de plaisir… que d’incertitudes. En effet, on voit que tous les grands salons de l’auto, en Europe en tout cas, sont moribonds. Genève n’existe plus, Francfort déménage dans de plus modestes installations à Munich et, en septembre dernier, Paris faisait peine à voir. Dans ce contexte, Bruxelles peut-il faire figure d’exception ? Qui vivra verra… À l’heure d’écrire ces lignes, on sait que les organisateurs ont réussi à convaincre plus de 80 % des marques de notre marché, mais on ignore encore quelle surface des Palais du Heysel occupera le Salon. Probablement pas les douze palais. Ce sera donc un salon “au régime”, et un round d’observation. Mais la présence de tous les grands constructeurs ainsi que l’arrivée de la prestigieuse élection européenne de la Voiture de l’Année (anciennement à Genève) dans les palais du Heysel sont des signes plus qu’encourageants: nous restons optimistes quant au fait qu’il y aura un 101e, puis bien d’autres Salons de l’Auto à Bruxelles, le Belge ayant toujours une auto dans le ventre !


Article écrit par Stéphane Lémeret, paru sur Eventail.be. Retrouvez d’autres articles sur l’actualité de la gastronomie, mais aussi celle du gotha, de l’art et de la culture, de la mode, de la déco et du patrimoine et de l’entrepreneuriat sur www.eventail.be.