Publié le 20 septembre 2022

La Ryder Cup en grand danger…

Par Shana Devleschoudere
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Cet été, Savannah De Bock, championne d’Europe amateur 34 ans après Florence Descampe, aura marqué les esprits au niveau belge, tandis que l’Australien Cameron Smith s’imposait à The Open à St.Andrews pour devenir n°2 mondial… avant de rejoindre le LIV Golf. 

 Un LIV Golf dont l’arrivée est également le fait marquant de cet été. Mais vous n’en trouverez pas de trace dans le nouveau PLAY GOLF, à l’exception de l’un ou l’autre écho. Non pas que nous boycottons ce nouveau circuit, mais tout simplement parce qu’il ne se passe pas un jour sans que des décisions bouleversant le golf mondial ne soient prises à ce niveau. Nous avons dès lors décidé de postposer notre dossier complet au dernier numéro de l’année, lorsque tout sera plus clair dans les esprits particulièrement échauffés des pontes du golf mondial. Nous pouvons cependant déjà vous signaler que ce LIV Golf se déroulera sans joueur belge en 2022, et probablement aussi en 2023. Thomas Pieters et Thomas Detry ont décliné l’invitation reçue par tous les joueurs du top 200 mondial, gardant l’ambition de jouer, en tout ou en partie, sur le PGA Tour, les majors et la Ryder Cup dans les prochaines années. Une Ryder Cup qui est cependant en train de perdre son essence, puisqu’elle est sensée être un affrontement entre les douze meilleurs joueurs américains et les douze meilleurs joueurs européens. 

La Ryder Cup est sensée être un affrontement entre les douze meilleurs joueurs américains et les douze meilleurs joueurs européens. Est-ce que ce sera toujours le cas dans le futur ?

Or, il apparaît de plus en plus que ce ne sera pas le cas, même si les joueurs ayant fait le choix du LIV Golf peuvent théoriquement bénéficier d’une wild-card de leur capitaine. Les points de vue semblent cependant irréconciliables entre les frondeurs (dont de nombreux piliers de l’équipe européenne comme joueurs ou cadres, tels Westwood, Garcia, Poulter et Stenson déchu de son capitanat, mais aussi US comme DJ Johnson, Koepka, DeChambeau ou Reed) et les joueurs restés fidèles au PGA Tour, emmenés par Tiger Woods et Rory McIlroy. Les règlements de qualifications, y compris pour les majors, sont en train de changer pour éjecter les joueurs estampillés “LIV”, ce qui est source d’instabilité et de discrédit dans un sport qui cherche un second souffle pour préparer la période “post Tiger Woods”.
Il est désormais grand temps que tout ce petit monde se mette ensemble à table, et pas uniquement avec des avocats face à un tribunal. Car si la Ryder Cup est en grand danger de perte d’intérêt médiatique et économique, c’est aussi le golf mondial dans son ensemble qui risque de perdre de son intérêt à moyen terme. D’autant plus si les majors ne réunissent plus tous les meilleurs joueurs de la discipline! Dans ce cadre, une refonte globale, avec un système de montée et de descente de division mondiale tel qu’imaginé par Greg Norman en son temps, ne serait pas un mal. Mais le PGA Tour, qui a profité durant de nombreuses années de sa position monopolistique, est-il prêt à en accepter l’augure et de partager sa manne financière avec les fonds provenant des Emirats Arabes? Rien n’est moins sûr…

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