Ça y est, les vacances sont finies. Il est grand temps de se remettre au taf. Et pour réveiller des neurones encore légèrement engourdis, attaquons-nous à un sujet qui ne connaît, lui, aucun farniente : l’intelligence artificielle.
“La finance survivra. Mais elle ne se reconnaîtra plus”. Tel est le crédo d’Amid Faljaoui, le modérateur de notre Forum de Lobby Finances, sur la thématique “La finance d’aujourd’hui survivra-t-elle à la révolutionde l’IA ?”
Et Faljaoui d’argumenter en ces propos : À chaque révolution technologique, on nous annonce un grand cimetière. Le distributeur allait enterrer le banquier, Internet fermer les agences, le smartphone faire disparaître la carte bancaire. Résultat ? Tout le monde est encore là. Mais plus tout à fait au même endroit…
Avec l’IA, même scénario. En beaucoup, beaucoup plus rapide (ce n’est rien de le dire). Elle lit un bilan avant que l’analyste ait ouvert son deuxième écran, elle traque une fraude en quelques secondes, elle évalue un risque et, enfin, elle rédige un rapport de crédit à une vitesse franchement vexante. À ce rythme-là, faut-il commencer à vider les bureaux des banques ? Pas vraiment ! Car la finance ne repose pas uniquement sur des chiffres. Son véritable fonds de commerce est autrement plus précieux : la confiance. Et confier son patrimoine, son entreprise ou ses économies à quelqu’un reste un acte étonnamment humain.
Un algorithme peut recommander de vendre. Il aura peut-être même raison. Mais lorsque les marchés dévissent et que le client voit rouge partout — y compris sur son portefeuille — il faut encore quelqu’un pour décrocher le téléphone, expliquer, rassurer… ou empêcher une fâcheuse décision prise sous l’effet d’une très mauvaise nuit.
Morgan Housel (auteur, conférencier et investisseur américain, mondialement connu) l’explique parfaitement dans son best-seller La Psychologie de l’argent : nous aimons croire que l’argent est une affaire de calcul. Mais il est surtout une affaire de comportement. Peur, avidité, euphorie, impatience, effet de troupeau…Wall Street n’a pas attendu ChatGPT pour perdre parfois toute rationalité.

L’IA ne va donc pas avaler la finance. Elle va avaler une partie de son travail. Le répétitif, le fastidieux, les montagnes de données et les tâches qui nous occupaient des heures, sans nécessairement produire beaucoup d’intelligence.
Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle !
Aux machines, la puissance de calcul. Aux humains, le jugement, l’intuition, la responsabilité et cette faculté très utile de comprendre ce qui n’est écrit dans aucune cellule Excel.
Les financiers qui ont compris cela ne cherchent déjà plus à battre l’IA. Ils apprennent à travailler avec elle. Les autres risquent effectivement de trouver la rentrée un peu longue.
Justement, en parlant de rentrée, le mercredi 02 septembre, le Forum de LOBBY Finances, au Cercle Royal Gaulois, posera la question qui fâche : « La finance d’aujourd’hui survivra-t-elle à la révolution de l’IA ? » . Pour le savoir, rejoignez-nous, il reste quelques places. Renseignez-vous, en envoyant un mail à sde@highlevelcom.be.
On vous retrouve vendredi prochain, pour le débriefing de la soirée. Et découvrez le nouveau magazine Lobby ICI
