C’est l’une des destinations de vacances préférées des Belges. Face à la Méditerranée, s’étend une terre baignée par le soleil, où le chant des cigales se fait entendre dans les champs de lavande. Entre Saint-Raphaël et Toulon, entre le massif de l’Estérel et le massif des Maures, Play Golf s’est rendu dans le Var pour vous faire découvrir plusieurs de ses plus beaux trésors.
Le Pic de l’Ours, le Mont-Saint-Martin, le Mont Pelet, voici quelques-uns des noms emblématiques qui composent le massif de l’Estérel à l’extrême est du département du Var. C’est au pied du plus célèbre d’entre eux, le Mont Vinaigre (culminant à 618 mètres), que nous nous trouvons, plus précisément sur le tee numéro 1 du golf de l’Estérel, dessiné par Robert Trent Jones Sr. en 1987. Et c’est ici que débute notre aventure varoise.
En ce jour ensoleillé d’octobre, la lumière du jour éclaire les pins qui entourent les fairways de ce parcours de l’Estérel à Saint-Raphaël. Des pins omniprésents, utilisés par Trent Jones pour rendre son tracé plus stratégique, à l’image de certains parcours mythiques comme le Old Course de Vilamoura ou Valderrama. Ici, chaque coup doit trouver la bonne zone, au risque de devoir inventer un coup sous les pins, même lorsque vous vous trouvez sur le fairway. La longueur relativement courte de ce golf de l’Esterel (Par 70, 5585m) pourrait donner un sentiment de facilité, il n’en est rien. Les petits greens vallonnés et les pentes de ce parcours punissent facilement le golfeur trop audacieux ou imprécis.
Depuis 2024, l’Estérel est passé à la vitesse supérieure en termes de qualité et mériterait de remonter le classement des plus beaux golfs de France. Pour retrouver son cachet d’antan, des aménagements ont été réalisés sur le parcours par Alejandro Reyes, connu pour son travail sur le golf National de Paris et sur le Marco Simone de Rome (qui ont tour à tour accueilli la Ryder Cup). Bien sûr, il reste encore un peu de travail pour peaufiner certains détails, mais quel plaisir de fouler ces greens et ces bunkers ressablés (même si sportivement, on préfèrerait les éviter). « Depuis que la ville de Saint-Raphaël a remis la main sur la gestion du golf, elle a investi 5 millions d’euros pour rénover le parcours. Nous avons réalisé des travaux d’irrigations, rempli de nouveaux bassins (sur les magnifiques par 3 du 2 et du 12) et remis du sable dans les bunkers », confie Christophe Lauray, directeur du golf de l’Estérel. Si nous devions retenir deux trous supplémentaires qui nous ont particulièrement séduits, ce seraient les 9 et 15 qui dénotent par leur sublime décor !

Bluegreen Sainte-Maxime
Remis de nos émotions, nous nous remettons en route. Mais avant de poursuivre le programme vers Sainte-Maxime, notre destination suivante, nous descendons quelques kilomètres pour rejoindre le centre-ville de Saint-Raphaël. L’occasion de nous arrêter pour une petite pause bistronomique au Bouchon Provençal tenu par une famille de restaurateurs, qui nous fait découvrir quelques spécialités locales. Le ventre bien rempli, nous flânons ensuite cheveux au vent le long de la Méditerranée pour une balade le long de la plage, avant d’aller visiter le musée De Funès, qui vaut le détour pour tous les amateurs du comédien français.
Du centre de Saint-Raphaël, nous avons besoin d’une petite demi-heure en voiture pour rallier la station balnéaire de Sainte-Maxime, dont la plage de sable blanc est l’une des plus belles de la côte d’Azur. Avec son patrimoine art-déco, la ville fait le bonheur des passants qui aiment se perdre dans ses petites ruelles. Là aussi, nous poursuivons nos découvertes culinaires en dégustant une délicieuse bouillabaisse (mélange de soupe de poisson avec des morceaux de poissons méditerranéens, tels que la rascasse ou le rouget) à la Gruppi. Pour terminer le repas avec un marc de Provence bien corsé -histoire de bien digérer tout ce que nous avons pu déguster-, sous le regard amusé des sympathiques serveurs de l’établissement.
Plus tôt dans la journée, nous nous sommes rendus sur les hauteurs de Sainte-Maxime où se trouve un golf appartenant à la chaîne française Bluegreen. Ici, voiturette obligatoire, à cause de la déclivité et de la distance entre plusieurs trous. A première vue, ce Par-72 (5702 mètres) est scorable…à condition de bien profiter des premiers trous de son aller, notamment les deux courts par-5. Attention notamment au petit Par-4 du 8, dont le départ est redoutable et impressionnant avec son grand obstacle d’eau à passer. Le retour quant à lui est plutôt challenging, surtout si c’est la première fois que vous jouez le parcours. C’est sur ce back-9 que vous trouverez les trous les plus scéniques, qui donneront du plaisir aux amateurs de beaux panoramas. Nous garderons en mémoire le magnifique point de vue du green du 16, duquel vous voyez à 360 degrés les Issambres, la baie de Saint-Tropez et même le début de la chaîne des Alpes. Mais aussi le Par-3 qui suit, un trou 17en descente, avec une plongée de plus de 30 mètres vers le green… impressionnant ! Petite spécificité de Sainte-Maxime, c’est son herbe, le bermuda grass, parfois difficile à apprivoiser pour les non-initiés. Notons encore le long du parcours, ces magnifiques chênes-lièges dont l’écorce sert à la production de bouchons qui en portent le nom.

Golf de Valcros
D’est en ouest, nous allons remonter vers le massif des Maures pour poursuivre notre voyage. Mais avant, nous décidons de faire un petit détour par Saint-Tropez, pour admirer les bateaux de luxe amarrés à son vieux port, ainsi que son ancienne gendarmerie devenue célèbre pour les 6 films des « gendarmes de Saint-Tropez », qui ont transcendé les générations de cinéphiles francophones. Cette gendarmerie s’est d’ailleurs transformée aujourd’hui en musée du cinéma qui met en lumière la sublime Brigitte Bardot, la plus connue des Tropéziennes.
Nous repartons donc ensuite vers la Londe-les-Maures, cité qui a vu grandir le cycliste Richard Virenque. C’est ici qu’est sorti de terre un golf connu principalement aujourd’hui grâce au bouche-à-oreille : le golf de Valcros. « Nous sommes un parcours reconnu comme associatif et à ce titre n’avons pas le droit de faire de la publicité », explique d’emblée Jean-Michel Lespagnol, responsable du comité sportif du golf de Valcros. Entre les monts, les amateurs et amatrices de golf se sont donnés rendez-vous dans un petit paradis à l’ambiance familiale. Dans cet endroit d’initiés, seul le chant des oiseaux accompagne le son des frappes de balles de golf.
Le golf de Valcros, dessiné par Martin Hawtree, est court (Par-70, 5283 mètres) et technique. Le trou numéro 6, un très long Par-4 de 414 mètres et le Par-3 du 17 sont les juges de paix de ce tracé « qu’il faut aborder avec humilité ». Une fois la partie terminée, une autre partie commence, celle qui est parfois la plus longue à Valcros : le 19e trou. L’atmosphère chaleureuse et le rapport qualité-prix de ce qui nous est servi (un foie de veau en plat du jour), nous pousse à prolonger la journée. La bouteille de Sainte-Marguerite (dont le domaine touche presque le golf de Valcros) partagée avec Jean-Michel nous rappelle que la région est riche en belles appellations vinicoles et qu’il n’y a pas qu’en Belgique que l’on peut profiter des bonnes choses… toujours avec modération.
Nous profitons de notre passage dans la région pour effectuer un petit crochet par le fort de Brégançon. Les alentours de cette forteresse transformée en résidence présidentielle d’été (depuis la présidence de Charles de Gaule), sont le terrain de jeu idéal de promenades le long d’une partie un peu plus sauvage de cette côte d’Azur. Nous remontons ensuite par le chemin des coteaux de Provence pour terminer notre journée à la Londe, au restaurant « le Jardin Provençal » qui, en fin de repas, nous propose une sublime tarte tatin de figues, accompagnées par une boule de glace infusée au thym. Une touche originale pour terminer un repas fin aux douceurs provençales.

Golf de Valgarde
La ville la plus peuplée de tout le Var n’est autre que Toulon. Et c’est dans ce lieu, temple du rugby et siège de la marine française que nous découvrons le dernier parcours de notre golftrip: le golf de Valgarde.
Pour la première fois du séjour, nous faisons face à un terrain tout plat, qui possède une petite subtilité : le terrain d’entraînement (parcours vert) et le terrain de compétition (parcours blanc) sont composés des même trous, mais avec une rotation différente ! « Cette différence a été faite pour satisfaire nos membres qui trouvaient le début du parcours vert trop exigeant. D’où la création d’un parcours blanc pour les compétitions, en débutant avec des trous plus faciles, explique Ilham Benhida, directrice du golf de Valgarde.
Il est vrai que les trous 1 (Par 4, 422m), 4 (Par4, 397m) et 5 (373m) du parcours vert peuvent assez rapidement ruiner votre carte, surtout si vous n’êtes pas bien échauffés. Mais que ce soit à l’aller ou au retour, il faudra bien y passer.
Quant à l’origine du parcours, elle est venue d’une idée un peu « folle ». Deux maires passionnés de golf souhaitaient créer un golf sur leur commune de la Valette et de la Garde. La contraction des deux municipalités a donné Valgarde. « Le fait que tout le monde se connaisse constitue un véritable atout, appuie Ilham Benhida. Ici, des militaires, des médecins, des chefs de service jouent ensemble. Nous avons même des Canadiens et des Suédois. Vous pouvez passer le mot, tout le monde est le bienvenu. »
Sur le retour vers la Belgique, le long de l’autoroute du soleil, nous repensons déjà aux meilleurs moments de notre voyage. Avec cette question à laquelle nous n’avons pas trouvé de réponse : comment ne pas tomber amoureux de ce département du Var et de ses trésors ? Nous n’avons pas eu l’occasion en une semaine de tous les explorer pour Play Golf et nous devrons certainement y retourner. Car cette région est riche… de culture, de gastronomie et d’amour pour le jeu de golf.

C’était l’un des rêves de Pete Dye : construire un parcours de golf emblématique par continent. Et c’est sur des terres vinicoles varoises que son choix s’est porté. A quelques kilomètres de Brignoles, au nord de Toulon, l’architecte emblématique américain a fait déplacer des collines pour que son parcours (coconstruit avec son fils) soit tel qu’il l’a imaginé. Ici, pas de green en île comme au TPC Sawgrass, mais le green le plus grand d’Europe (celui du par-4 du trou numéro 9, 69 mètres de long) ! Ce par-72 (6053m) s’adresse aux joueurs et joueuses de bon niveau. Initialement, le parcours débutait avec les 9 derniers trous actuels mais le sens de jeu a changé pour terminer par la boucle la moins difficile. A Barbaroux, de nombreux trous sont marquants et spectaculaires. Quand ce n’est pas l’eau qui peut vous pousser à la faute (trous 1, 11 et 17), c’est la topographie du terrain (3, 5, 8) ou le relief des greens qui ne pardonne aucune approximation. Le tout pour un greenfee de… 95€, en haute saison. Très peu finalement, pour pouvoir jouer un tel parcours !
A la Londe, il n’y a aucun grand hôtel, il faut donc compter sur les bons plans. Et nous en avons justement un sous la main, la maison d’hôtes « sous les pins ». Une fois la barrière de l’entrée ouverte, nous sommes immergés dans un champ de vignes, à perte de vue. Nous sommes accueillis par Olivia Augé, responsable des lieux aux côtés de sa sœur… dans un véritable havre de paix. La chambre coûte entre 140 et 180€ la nuit en fonction de la saison. Depuis la piscine extérieure, vous pouvez admirer le coucher de soleil sur les vignes et l’île de Porquerolles que nous apercevons depuis le balcon de notre chambre. Au lendemain d’une nuit parfaite, le petit-déjeuner nous est préparé minute avec des pains au chocolat, croissants, œufs et autres confitures locales. Une régalade !
Quelques bons plans à découvrir
- L’hôtel Garrigae à l’Estérel : Profitez d’une chambre au pied du parcours du golf de l’Estérel et de la piscine extérieure située à l’arrière de l’hôtel, ainsi que son spa.
- Le Pavillon : Le restaurant de l’hôtel du golf de Valescure vient d’avoir sa nouvelle équipe ! On ouvre ses papilles avec une carte qui mélange les classiques et les saveurs locales. Un délice !
- Best Western Premier Montfleuri : L’équipe de l’hôtel vous attend à l’entrée de Sainte-Maxime (depuis Saint-Raphaël), à 15 minutes du golf Bluegreen de Sainte-Maxime. Des chambres avec vue sur la mer vous permettent de profiter de magnifiques points de vue.
- Best Western La Corniche: Juste à côté du bâtiment de l’armée navale de Toulon et face au port de plaisance. Profitez de cet hôtel parfait pour des courts séjours. A noter, l’accès jour et nuit à quelques biscuits locaux et autres sodas… un grand plus en cas de petit creux.
- La Manofica : Le lieu idéal pour déguster une bonne pizza napolitaine à Toulon. Accompagné d’un spritz ?
- Le 369 : Un restaurant qui allie les saveurs orientales avec la cuisine locale, dans une atmosphère conviviale, à deux pas de l’hôtel Best Western La Corniche.
Par Thibault Balthazar
