Si les menus QR se sont imposés durant la pandémie, le menu papier n’a pourtant jamais réellement disparu des tables belges. Aujourd’hui, de nombreux restaurateurs font d’ailleurs le choix d’un modèle hybride, mêlant technologie et support imprimé. Une manière de conjuguer rapidité, praticité… et expérience client.
Car dans l’univers de la gastronomie et du fine dining, le menu ne se limite pas à une simple liste de plats. Il participe pleinement à l’atmosphère du restaurant. Texture du papier, élégance de la typographie, mise en page soignée : autant de détails qui influencent inconsciemment la perception du client et sa manière de commander.
Selon une étude menée par Charles Spence, chercheur à l’Université d’Oxford spécialisé dans l’expérience sensorielle en restauration, les clients consultant un menu papier dépensent en moyenne davantage que ceux utilisant un QR code sur smartphone. En cause notamment : l’absence de distractions numériques et une lecture plus immersive, qui favorise la découverte des plats, desserts ou accords mets-vins.
Le menu imprimé devient ainsi un véritable outil stratégique pour les établissements horeca. Grâce au choix des formats, des couleurs, des espaces ou encore des finitions, certains plats peuvent être subtilement mis en avant. Dans les restaurants où le ticket moyen oscille entre 45 et 85 euros par couvert, l’impact sur le chiffre d’affaires peut rapidement devenir significatif.
Côté tendances, les restaurateurs belges privilégient aujourd’hui plusieurs formats : les menus DL à pli roulé pour les brasseries et bistrots, les versions reliées Wire-O pour les cartes plus étoffées, les sets de table jetables pour les menus saisonniers ou encore les élégants formats carrés, particulièrement appréciés dans les établissements gastronomiques. Les finitions jouent également un rôle important : papier recyclé pour une image durable, mat pour un esprit artisanal ou brillant pour valoriser les photographies culinaires.
Pour autant, le QR code n’a pas dit son dernier mot. Il reste particulièrement utile pour les informations pratiques : allergènes, composition des plats, mises à jour rapides ou modifications quotidiennes de la carte. Certains établissements permettent ainsi aux clients de consulter des contenus complémentaires via leur téléphone, tout en conservant un menu physique à table.
L’avenir semble donc appartenir à cette approche hybride, capable de répondre aux nouvelles habitudes sans sacrifier le plaisir d’une expérience plus chaleureuse et sensorielle. Car au restaurant, tout commence souvent par ce premier geste : ouvrir un menu.
