Du 4 au 23 octobre 2026, le Festival ARTONOV dévoile une 12e édition dont la quasi-totalité de la programmation est composée de créations ou de premières bruxelloises. À l’occasion du 160e anniversaire des relations culturelles et diplomatiques entre la Belgique et le Japon, artistes belges, japonais et européens se rencontrent autour d’une dizaine de propositions mêlant exposition, danse, musique et performance. Toutes interrogent, à leur manière, ce qui se transmet, se transforme et se réinvente au contact de l’autre. Fidèle à son esprit, le festival investit plusieurs lieux Art nouveau et patrimoniaux de Bruxelles, du nouveau Lab ARTONOV, qui prend place dans les espaces de l’ancienne Centrale for Contemporary Art, au Centre culturel d’Uccle et à l’Usquare, en passant par l’Hôtel Winssinger, la Maison Pelgrims et l’Hôtel van Eetvelde, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Temps fort de cette édition, l’exposition Les Dieux de la Maison réunit un ensemble de sculptures bouddhiques populaires du Tōhoku présenté pour la première fois hors du Japon.
Le thème de l’édition, We Do Not Work Alone, est emprunté au céramiste japonais Kanjirō Kawai, l’une des grandes voix du mingei, ce mouvement qui a redonné leur valeur aux objets du quotidien et au travail des artisans anonymes. Pour lui, aucune œuvre ne naît seule : chacune porte d’autres gestes, d’autres regards, tout ce qui l’a précédée. Cette pensée trouve un écho particulier dans l’Art nouveau, profondément marqué par le japonisme dès la fin du XIXe siècle.
« Aucun artiste ne travaille vraiment seul. Derrière chaque geste, il y a une mémoire, une transmission, des présences qui nous précèdent. C’est cela que le festival donne à voir pour cette nouvelle édition », résume Vincenzo Casale, directeur artistique du Festival ARTONOV.
Cette conviction guide également la manière dont le festival conçoit et produit cette édition. Le Lab ARTONOV prend temporairement place dans les espaces de l’ancienne centrale électrique de Sainte-Catherine : plus de 1 500 m² au cœur de Bruxelles, investis pendant un mois. Plus qu’un espace d’exposition, le Lab devient un laboratoire interdisciplinaire accueillant résidences, rencontres et performances développées pour le lieu. L’exposition y accompagne la programmation comme une présence active. Le festival conserve parallèlement son identité itinérante et se déploie dans plusieurs lieux patrimoniaux bruxellois.
Les Dieux de la Maison
Du 4 au 23 octobre – LAB ARTONOV
Exposition présentée pour la première fois hors du Japon
L’exposition Les Dieux de la Maison réunit une quarantaine de statues bouddhiques populaires du Tōhoku et des textiles boro. Longtemps restées en marge des récits officiels de l’art japonais, ces œuvres témoignent d’une création ancrée dans les usages et la vie quotidienne.
Dans le nord rural de l’archipel, ces statues n’étaient pas commandées par les temples. Charpentiers, paysans et artisans du bois les façonnaient pour veiller sur les maisons, les villages et les récoltes. Les textiles boro, eux, ont été portés, réparés et transmis de génération en génération. Chaque pièce ajoutée et chaque couture visible racontent un même rapport à la matière, fondé sur le soin, la réparation et la mémoire.« C’est en enseignant au Japon que je suis tombé sur ces œuvres, en 2023. Elles touchent à l’universel : elles ont été réalisées par des gens qui ne cherchaient ni à vendre ni à plaire », raconte Vincenzo Casale.De cette découverte est né un projet développé avec des conservateurs japonais et le soutien de la Japan Foundation. Au Lab ARTONOV, cet ensemble entre en dialogue avec le travail de trois artistes : Michiko Van de Velde, artiste belgo-japonaise, Asya Amosova, artisane d’instruments installée à Bruxelles, et le sculpteur bruxellois Peter Jacquemyn, dont les figures monumentales en bois prolongent, à leur manière, ces gestes anciens.
Une édition de créations et de premières
Depuis ses débuts, ARTONOV invite les artistes à concevoir des propositions en relation étroite avec les lieux qui les accueillent. Cette année, cette démarche prend une ampleur particulière : la quasi-totalité du programme est constituée de créations, de nouvelles versions développées pour le festival ou de premières bruxelloises. Plusieurs projets ont été préparés en résidence au Japon ou à Bruxelles avant de rencontrer le public.
Côté arts vivants, Hybridation d’Olivier de Sagazan est présentée le 6 octobre au Centre culturel d’Uccle. Présentée pour la première fois à Bruxelles, la performance se déploie également de manière inédite avec une musique jouée en direct : deux corps sculptent l’argile sur leur visage, effacent leur identité et se métamorphosent dans un rituel à la frontière de la danse et de la transe.

Avec le soutien de la Japan Foundation, la compagnie de danse butô Dairakudakan présente ASURA, une création de Naomi Muku inspirée par la figure bouddhique de la transformation. Le projet immersif Résonances au Temple Mii-Dera réunit quant à lui des musiciens et six moines du temple Mii-dera autour de chants rituels, de poésie, d’encens et de projections visuelles.

En ouverture du festival, le Ricercar Consort de Philippe Pierlot propose au Lab ARTONOV Musica Dei Donum, un programme conçu en résonance avec l’exposition. À Usquare, Erwan Keravec déploie 8 Sonneurs pour Philip Glass, performance pour huit cornemuses autour de la musique minimale du compositeur américain, accompagnée de The Life Cycle of a Plastic Tube de l’artiste allemand Dominic Kießling. Au Lab ARTONOV, l’ensemble belge Sturm und Klang présente Renaissance, où Toshio Hosokawa, Isabel Mundry et Jörg-Peter Mittmann font dialoguer l’écriture d’aujourd’hui avec Dufay et Monteverdi. Sous les verrières de l’Hôtel van Eetvelde, Thomas Bloch fait entendre avec Reflets du Cristal le cristal Baschet et le glassharmonica, instruments aussi remarquables par leur sonorité que par leur présence sculpturale.
Le programme s’adresse également à de nouveaux publics : au Lab ARTONOV, avec Forêt Paisible, spectacle baroque et sensoriel porté par le Chœur de Chambre de Namur, ARTONOV accueille pour la première fois les tout-petits, dès les premiers mois.
Parmi les autres rendez-vous, le harpiste Stef Van Vynckt présente à la Maison Pelgrims des œuvres écrites ou commandées à des compositeurs belges, tandis que Transe, création pluridisciplinaire d’Isabella Soupart, explore les relations entre le corps, le son et les états
perceptifs.

Académie ARTONOV
La transmission reste un point cardinal du Festival ARTONOV. Fondée en 2025 et soutenue par la Communauté flamande, l’Académie ARTONOV permet à de jeunes artistes de quitter le seul cadre de l’école pour prendre part à une production professionnelle, aux côtés d’artistes déjà installés. Elle favorise ainsi la rencontre entre les générations, les disciplines et les pratiques.
C’est avec cette nouvelle génération que s’achève l’édition, le 23 octobre au Lab ARTONOV. Une création du danseur et chorégraphe Harold George, conçue sur la musique de Haydn, réunira des étudiants des Conservatoires royaux de Bruxelles et de Mons et de jeunes professionnels. Un final qui donne au thème de l’édition sa forme la plus concrète : on ne crée jamais seul.
Infos pratiques
- 12e Festival ARTONOV – We Do Not Work Alone
- Du 4 au 23 octobre 2026 – Bruxelles
- Ouverture : vernissage le 3 octobre
- Programme complet, billetterie et liste des lieux : www.festival-artonov.eu
- Instagram : @festivalartonov
À PROPOS DU FESTIVAL ARTONOV
Au fil de ses dix premières éditions, le Festival ARTONOV s’est construit une solide réputation et a quadruplé son public depuis 2015. Par son approche, il reste néanmoins un festival à taille humaine : l’intimité est inscrite dans l’ADN de l’événement. Festival interdisciplinaire, ARTONOV réunit l’architecture et le patrimoine avec la création artistique et invite artistes comme spectateurs dans des lieux singuliers. Ou, dans les mots de son directeur Vincenzo Casale : « Notre approche tient en une phrase : le lieu est une composante essentielle de la pratique artistique, dans le rituel de la représentation. »
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