Disponible sur la plateforme Auvio, la série belge Ethernel s’inscrit dans une nouvelle génération de fictions hybrides, à la croisée du thriller, du drame familial et de l’anticipation. En six épisodes de 45 minutes, cette production RTBF propose une immersion sombre et stylisée dans un monde où la mort n’est plus une frontière étanche.
Une enquête entre science-fiction et mémoire
Le point de départ d’Ethernel repose sur une idée forte : une technologie, baptisée Étherna, permet de communiquer avec les morts à travers leurs objets les plus précieux. Dans cet univers, une brigade spécialisée exploite ces “objets transitionnels” pour résoudre des affaires criminelles. Au cœur du récit, David Novack, enquêteur hanté par le meurtre non élucidé de sa femme, voit son passé ressurgir lorsqu’il découvre que le principal suspect est toujours en vie. Sa route croise celle de Lara di Angeli, une policière italienne mystérieuse, engagée dans une quête aux enjeux bien plus vastes qu’il n’y paraît. Commence alors une traque où chaque objet dévoile une mémoire, et chaque mémoire, une vérité enfouie .

© Cédric Bourgeois
Une série portée par ses créateurs
Ethernel est créée par Romain Renard et Olivier Tollet, qui signent également le scénario aux côtés de Chloé Devicq . Le duo de créateurs développe ici un univers personnel, né d’une réflexion intime sur le deuil et la possibilité de maintenir un lien avec les disparus. Cette dimension émotionnelle irrigue toute la série. Derrière l’intrigue policière, Ethernel explore avant tout des thématiques universelles : la perte, la transmission et les liens invisibles qui unissent les vivants et les morts. Comme le souligne la note d’intention, la série interroge ce qu’il reste “quand les mots manquent” et lorsque “la vérité se cache dans les silences” .

Une esthétique cinématographique marquée
Visuellement, grâce à Nicolas Boucart et Olivier Tollet, les 2 co-réalisateurs, la série adopte une mise en scène soignée, jouant sur les contrastes entre lumière et obscurité. Reflets, surfaces vitrées et caméra lente participent à installer une atmosphère tendue et mélancolique. Bruxelles y apparaît sous un jour inédit, loin des clichés, comme une ville froide et presque abstraite, en résonance avec les thématiques de solitude et de mémoire .
La musique originale, composée par Romain Renard, renforce cette identité singulière, mêlant influences classiques et textures électroniques pour accompagner le récit entre suspense et émotion.

Un récit hybride et contemporain
Si Ethernel emprunte d’abord les codes du polar enquête, traque, suspense, elle s’en détache rapidement pour embrasser un récit plus large. La série glisse vers le drame familial et flirte avec le thriller conspirationniste, tout en posant une question centrale : que devient le deuil dans un monde où les morts peuvent encore “parler” ? Ce mélange des genres constitue l’une des forces du projet, qui parvient à conjuguer réflexion philosophique et narration immersive.
Une fiction belge ambitieuse
Portée par un casting solide, dont Michaël Abiteboul et Edwige Baily, Ethernel confirme la vitalité de la création audiovisuelle belge. En proposant une œuvre à la fois accessible et ambitieuse, la série s’adresse autant aux amateurs de thrillers qu’aux spectateurs en quête de récits plus introspectifs. Avec ses six épisodes, Ethernel s’impose ainsi comme une proposition originale dans le paysage des séries européennes, où le fantastique devient un prisme pour interroger l’intime et le réel.
