Selon Bruno Colmant, l’IA ouvre les portes d’une redéfinition radicale de la valeur du travail humain.
Cette semaine, dans la continuité de notre FORUM DE LOBBY qui s’est tenu mercredi dernier et avait pour thème “Make investments great again !”, nous partageons une réflexion de l’un des orateurs, et non des moindres, Bruno Colmant, sur un sujet qui nous concerne tous : comment investir… en nous-mêmes, face aux bouleversements engendrés par l’intelligence artificielle.
L’IA n’est plus un horizon lointain ! Elle bouscule déjà le cœur de nos métiers, y compris les plus “protégés” : juristes, médecins, financiers, enseignants… Ce que nous pensions être l’apanage de l’humain, analyser, diagnostiquer, conseiller, est désormais challengé par des machines capables de raisonner, créer et apprendre à une vitesse vertigineuse. Comme si le “cogito, ergo sum” (je pense donc je suis) cartésien se transformait en “computo, ergo sum” (je calcule, donc je suis) algorithmique.
Faut-il pour autant céder à l’angoisse du remplacement ? Non, d’après Colmant, ce que l’IA met en péril n’est pas notre humanité, mais notre routine. Elle nous rappelle, avec une brutalité salutaire, que notre valeur ne réside pas dans la simple accumulation de savoirs ou l’exécution de processus, mais dans ce qui échappe à l’automatisation : la nuance, le discernement, la créativité, l’intuition, la capacité à relier les domaines, à dialoguer et à inspirer confiance.
Investir en soi-même devient donc l’impératif absolu. Cela passe d’abord par l’éducation, non pas seulement accumuler des connaissances, mais apprendre à apprendre, structurer la pensée, aiguiser l’esprit critique. Cela suppose aussi de cultiver la culture générale, ce “terreau” qui donne de la profondeur aux faits et de la perspective aux bouleversements. Et puis, investir en soi, c’est aussi développer les “human skills” : l’à-propos, le sens relationnel, la capacité d’adaptation et de réinvention permanente. Dans un monde où les compétences se périment vite, nous devons accepter de devenir des “apprenants perpétuels”.
L’intelligence artificielle, loin de nous condamner, nous offre en réalité une chance de repenser nos vies et nos carrières. Elle nous libère des tâches à faible valeur ajoutée pour nous pousser vers l’essentiel : la sagesse, la culture, l’empathie, l’audace créative. Bref, ce qui fait notre singularité.
Et pour conclure : investir en soi-même n’est pas seulement un impératif, c’est probablement le seul actif qui ne se dépréciera jamais. Et si certains doutent encore de son rendement, qu’ils se rassurent : aucune bulle spéculative n’a encore éclaté sur la curiosité humaine… même si, parfois, notre motivation connaît de petites corrections de marché le lundi matin !
