Longtemps limitées à quelques étages, les constructions en bois prennent désormais de la hauteur, avec d’étonnants records à la clé. Ici, le gratte-ciel C6 à Perth, en Australie. Sa structure en pin nécessitera 580 arbres. En plus d’être un exploit architectural, il agira comme un puits de carbone, compensant l’empreinte écologique.
Grâce à notre magazine L’Éventail, poursuivons son exploration de l’art de vivre en mettant à l’honneur un matériau qui conjugue tradition et modernité : le bois. Bien loin de l’image des chalets rustiques ou des maisons à colombages, il s’invite désormais dans les skylines du monde entier, donnant naissance à des constructions audacieuses et durables. Le bois est en train de bouleverser les codes de l’architecture contemporaine. Aujourd’hui, il s’élève toujours plus haut et prouve qu’il est une alternative crédible au béton et à l’acier.
Saviez-vous que le plus haut gratte-ciel en bois du monde se trouve au cœur de la Norvège ? La tour Mjøstårnet, haute de 85,5 mètres et nichée sur les rives d’un lac à Brumunddal (à une centaine de kilomètres au nord d’Oslo), est un véritable exploit architectural. Avec ses 18 étages, elle abrite des appartements, un hôtel et des bureaux. Son secret ? Une structure entièrement en bois lamellé-croisé (CLT) qui réduit son empreinte carbone. Elle est à la fois robuste et légère.

Elle est actuellement la plus haute tour en bois du monde.
Mais ce record ne tiendra pas longtemps… En Australie, la ville de Perth accueillera bientôt la tour C6 (du nom de son emplacement au 6 Charles Street), un édifice de 190 mètres de hauteur et 50 étages, offrant 200 unités résidentielles, un espace de détente et de restauration. Ce projet ambitieux intégrera 42 % de bois dans sa structure, réduisant considérablement l’utilisation de béton et l’empreinte carbone. Mieux encore, ses 500 m² de jardins suspendus offriront un espace vert en pleine ville, tandis que les 24 280 m³ de bois nécessaires à sa construction seront issus de forêts durables.

Et si on allait encore plus loin ? Au Japon, l’entreprise forestière Sumitomo Forestry rêve en grand pour célébrer ses 350 ans d’existence : une tour de 347 mètres en bois, baptisée W350, est prévue à Tokyo pour 2041. Ce bâtiment mixte, associant bois et acier, comptera 70 étages et accueillera bureaux, logements, commerces et même un hôtel. Une prouesse qui pourrait marquer un tournant décisif dans l’histoire de l’architecture durable.

Pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour observer cette révolution en marche ! A Anvers, le premier gratte-ciel en bois de Belgique est en cours de construction. Conçu par l’architecte japonais Shigeru Ban, en collaboration avec Bureau Bouwtechniek, l’édifice Nieuw Zuid culminera à 80 mètres et comptera 25 étages. Ce projet hybride, mêlant bois, acier et béton, offrira près de 300 logements et une approche résolument écologique de l’urbanisme.
La Belgique se distingue également par des projets de rénovation ambitieux. Un exemple frappant ? La réhabilitation de la tour Brunfaut, récompensée lors des Belgian Timber Awards 2024. Grâce à l’utilisation du bois, il a été possible d’ajouter cinq étages à ce bâtiment, un exploit qui n’aurait sans doute pas été envisageable avec d’autres matériaux.
Si les architectes et urbanistes se tournent de plus en plus vers le bois, ce n’est pas un hasard. Ce matériau possède des atouts uniques :
• Une empreinte carbone réduite : il stocke le CO₂ au lieu d’en émettre.
• Une isolation performante : il permet de limiter les pertes énergétiques.
• Une construction rapide : la préfabrication réduit les délais et les coûts.
• Une ressource renouvelable : issu de forêts gérées durablement, il se régénère naturellement.
Et pourtant, en Belgique, le bois ne représente encore que 10 % des constructions résidentielles. Un paradoxe, quand on sait qu’il s’agit du seul matériau de construction à la fois recyclable, réutilisable et naturellement durable.

Avec les innovations en cours et l’évolution des mentalités, le bois pourrait bien devenir le matériau phare des villes de demain. Moins énergivore, plus respectueux de l’environnement et tout aussi performant que le béton ou l’acier, il offre des perspectives enthousiasmantes pour repenser l’habitat urbain. Alors, on parie que d’ici quelques années, on se baladera dans nos villes en admirant des gratte-ciel en bois et en se demandant pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt ? Entre innovation et respect de l’environnement, le bois prouve qu’il a plus d’un tour dans son tronc pour transformer notre façon de construire. On pourrait même dire que les villes de demain auront définitivement des racines… et des branches !
Mais en attendant de voir ces projets prendre forme, rendez-vous la semaine prochaine avec une nouvelle news L’Éventail. On vous le promet : on a des surprises en stock !
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