Qui tient vraiment la laisse?

Qui tient vraiment la laisse?

Derrière la couronne, une passionnée : Élizabeth II et ses fidèles Corgis et Dorgis, symboles éternels d’une vie de dévouement et d’affection à leur maîtresse.

Aujourd’hui , nous  vous présentons un dossier abordé dans les pages du magazine L’Éventail du mois de mars : nos animaux domestiques. Sujet doux en apparence, presque attendrissant, mais en réalité très révélateur de notre époque, de nos modes de vie et, parfois même… des rapports de pouvoir. Les animaux ont toujours accompagné les puissants. Roosevelt, Churchill, les présidents américains, comme  Barack Obama, des rois, des premiers ministres… presque tous ont eu un chien ou un chat (comme notre Premier avec Maximus, vus dernièrement sur la toile un peu partout). Compagnons fidèles, oui. Confidents silencieux, indéniablement. Mais ils sont aussi un outil d’image, ne soyons pas dupes.

Prenez les chiens de Vladimir Poutine, par exemple : Buffy, Yume, Verny, Pacha et Konni. Ils lui ont presque tous été offerts par des chefs d’État. Parfaitement dressés, ils posent sur les photos officielles, accompagnent les rencontres diplomatiques et participent parfois même à une mise en scène très maîtrisée du pouvoir. Ainsi, le président russe avait fait entrer son labrador Konni lors d’une réunion à Sotchi (près de la mer Noire), en 2007, avec Angela Merkel, sachant la chancelière allemande peu à l’aise avec les chiens. Alors, tentative d’intimidation psychologique et de démonstration de pouvoir, comme l’a affirmé Merkel ? Ou simple maladresse, voire tentative de détendre l’atmosphère, selon la version de Poutine, qui s’en excusera quelques années plus tard lorsque cet incident diplomatique, qui a tout de même fait le tour du monde, fut évoqué à nouveau ? Chacun jugera.

Dans ses mémoires, Angela Merkel, dont la phobie des chiens est de notoriété publique, se souvient que Vladimir Poutine « savourait la situation » et cherchait à « montrer son pouvoir », tandis qu’elle devait faire bonne figure devant les photographes pendant que le labrador du président russe la reniflait.

A l’opposé, les Corgis de la reine d’Angleterre relevaient d’une autre logique : celle de la permanence. Pendant plus de soixante ans de règne, ils ont incarné la continuité, la tradition, une forme de stabilité rassurante. Là où certains utilisent l’animal pour impressionner, d’autres l’utilisent pour rassurer. Deux styles de leadership, en somme.

Si l’on quitte les palais et les sommets internationaux, le sujet devient encore plus intéressant. Aujourd’hui, près d’un foyer européen sur deux possède un animal domestique, et toute une économie s’organise autour de cette relation : assurances santé, nutrition spécialisée, ostéopathes animaliers, hôtels pour chiens, psychologie comportementale… L’animal n’est plus un simple compagnon, il est devenu un écosystème économique et social à part entière.

Même le monde de l’entreprise s’y met. Certaines sociétés, comme Nestlé Belgique, offrent désormais un jour de congé “patte-ternité” lors de l’adoption d’un animal ou de sa disparition. Cela peut sembler anecdotique, mais c’est en réalité très révélateur : on reconnaît officiellement qu’un animal peut compter dans une vie autant qu’un événement personnel important. Oui, nous en sommes là. Les bonnes nouvelles ne manquent d’ailleurs pas : notre pays a inscrit le bien-être animal dans sa Constitution, et Bruxelles accueillera un centre de réhabilitation pour la faune urbaine. Preuve que la relation entre humains et animaux devient une question de société sérieuse.

Et puis, il y a ceux dont on parle moins : les associations, les refuges, les sanctuaires. Ceux qui recueillent les animaux abandonnés, blessés, maltraités, ceux qui réparent patiemment ce que d’autres ont cassé trop vite. Derrière chaque adoption, il y a souvent des bénévoles, des nuits sans dormir, des soins coûteux, beaucoup de patience et très peu de reconnaissance. Ce travail discret dit peut-être ce qu’il y a de plus respectable dans notre rapport aux animaux : la responsabilité.

La manière dont une société traite ses animaux dit beaucoup de son niveau d’attention au vivant, mais aussi de son niveau de stress. Plus nos vies s’accélèrent, plus nous nous entourons d’êtres qui vivent simplement, qui nous obligent à marcher, à respirer, à rentrer à la maison à heure fixe. Quel paradoxe !

Au fond, il existe peut-être une règle universelle du leadership : “Dites-moi comment il traite son animal, et je vous dirai comment il traite ses équipes”… Et, accessoirement, qui commande vraiment à la maison !

Découvrez le magazine L’Eventail et écoutez le dernier podcast de Camille Misson, rédactrice en chef de L’Eventail,  sur RADIO BXFM.

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