Le tennis belge a repris des couleurs depuis quelques mois et on l’espère pour quelques années, avec entre autres trois joueurs dans le Top 100 ATP qui ont tout l’avenir devant eux. Cristel Joiris n’a pas attendu cette nouvelle embellie pour faire parler sa passion pour la petite balle jaune en podcast sur ses réseaux sociaux, à contre-courant des médias classiques qui s’en désintéressaient. « Jeu, set & podcast », tout un programme. Par Christian Carette
Qu’il s’agisse du tennis depuis toujours, ou du padel plus récemment, la raquette brûle en elle. A l’image de certains sportifs à différents moments de leur carrière, elle paraît comme en croisade. Lorsque Cristel Joiris a choisi le journalisme (au quotidien L’Avenir), c’était avec le secret espoir d’en faire son métier, sauf que jamais, en dépit de ses appels du pied, on ne lui a permis de travailler pour la rubrique sportive. Après dix-sept ans au sein du groupe de presse wallon et un burn-out important, elle a décidé de ne plus attendre qu’on lui donne sa chance et s’est lancée dans son propre projet il y a cinq ans, d’abord en complément de son boulot, puis full time. Se projeter dans une telle aventure sur fonds propres, et surtout en vivre dans une petite région comme la nôtre, est évidemment un challenge en soi, qui plus est dans une famille de trois enfants. Toujours à la recherche de financements, qu’ils soient participatifs ou autres, elle donne aussi des cours de padel pour aider à faire bouillir la marmite. Et elle n’est pas peu fière de souligner qu’elle était la seule journaliste belge présente sur place lors des rencontres de Coupe Davis en Croatie et en Bulgarie. « En même temps, c’est triste, cela confirme un désintérêt des médias classiques pour notre sport qui ne le mérite pas et que je déplore », insiste-t-elle.
Philippe Dehaes
On a bien compris que, dans la voie qu’elle s’est choisie, Cristel ne roule pas forcément sur l’or, et que si elle cherche à accroître son audience et son rayonnement, que ce soit sur les plateformes de podcast, sur Youtube ou sur ses réseaux sociaux, c’est également pour attirer des sponsors et autres partenaires pour lui permettre de vivre sans avoir constamment un couteau sur la gorge. « Nous essayons de créer une communauté forte autour de « Jeu, set & podcast » pour pérenniser le projet, avec un contenu exclusif et divers avantages pour les abonnés », dit-elle. Cet engagement passionné et professionnel pour le tennis, de même que pour le padel désormais, n’est pas passé inaperçu chez les pros de la discipline qui soutiennent ouvertement son initiative et avec lesquels elle a noué petit à petit des relations de confiance. Parmi d’autres invités plus occasionnels, un homme surtout a joué un grand rôle dans le développement et la crédibilité de sa démarche. « Philippe Dehaes a rapidement été convaincu et a accepté d’investir son temps dans le projet qui, sans lui, ne serait certainement pas ce qu’il est aujourd’hui », confirme-t-elle. « Il y a une vraie complicité entre nous, et cela se ressent, sa capacité d’analyse et son sens de la pédagogie sont rares et précieux. Comme il a entraîné, et entraîne encore, sur le circuit au plus haut niveau, il sait ce qui se trame en coulisses. C’est hyper intéressant. »
Padel
Si « Jeu, set & podcast » se concentre sur le tennis avec focus sur l’actualité belgo-belge, il n’hésite donc pas à déborder sur l’actualité internationale, notamment à l’occasion des Grands Chelems qu’il décrypte en profondeur. Des pointures comme Alexandre Muller, Hicham Arazi, Marion Bartoli ou Mansour Bahrami y ont d’ailleurs partagé leur expertise et leur éclairage. « Avec Justine et Kim côté belge, Roger, Rafa et Djoko au niveau mondial, on a vraiment vécu une époque que je qualifierais de stratosphérique ou d’hallucinante », rappelle Cristel, « quelle chance inouïe avons-nous d’avoir été témoin de ça. Mais le tennis a encore de très beaux jours devant lui, Alcaraz et Sinner possèdent clairement ce truc en plus eux aussi, et je suis hyper optimiste pour l’avenir du tennis belge à court terme, avec notamment Zizou Bergs et Raphaël Collignon qui possèdent un jeu et un charisme incroyables ». Au rythme d’une parution par semaine, elle n’a guère le temps de souffler, et ne parlons pas de déconnecter. L’an dernier, elle a pourtant initié en parallèle un « Jeu, set & postcast » version padel, avec notamment Juan Pablo Abarca et Clément Geens. « Comment gérer le jeu face à des joueurs de tennis ? Comment changer de tactique au cours d’un match ? Quel matériel utiliser ? Je joue et j’enseigne le padel, ma fille est à fond dedans, j’avais envie de parler aux joueurs et de les conseiller . » Bref, un petit clic et vous savez tout.
