Steve Darcis comme tout le monde est entré dans la saison sur terre battue avec Roland Garros en point de mire. Sans surprise, au-delà des joueurs belges « capables de bien jouer sur terre tous les trois », il s’attend à la même finale que l’an dernier. « Sur la brique et en trois sets gagnants, je ne vois pas qui pourrait empêcher Carlos Alcaraz et Jannik Sinner de se disputer le trophée. »
Play Tenis & Padel : Steve, pensez-vous comme certains qu’Alcaraz et Sinner sont d’ores et déjà plus forts que leurs prédécesseurs du Big 3
PT&P : C’est la question que tout le monde se pose, et très honnêtement je n’en sais rien. C’est possible. Ce dont je suis sûr en revanche, c’est qu’à part ces deux-là le Top 10 ou le Top 20 n’est sûrement pas meilleur qu’à l’époque, alors que dans la masse le niveau a vraiment augmenté, il n’y a jamais eu autant de gars qui jouent très bien dans le Top 100, 200 ou même 400.
PT & P : Croyez-vous qu’après son triomphe en Australie, Alcaraz soit capable de réaliser le Grand Chelem sur la saison ?
SD : Ce n’est évidemment pas impossible quand on voit son niveau, mais ça va quand même être chaud, surtout avec Sinner dans le paysage. Déjà sur terre battue, même si l’Espagnol a gagné Porte d’Auteuil ces deux dernières saisons. L’an dernier, l’Italien a mené deux sets zéro et manqué trois balles de match dans leur première finale majeure. Un match énorme, de plus de cinq heures, pas sûr qu’il l’ait oublié. On a également vu à Indian Wells, sur le dur américain, qu’Alcaraz n’était pas non plus à l’abri d’un Medvedev en pleine chauffe.

PT&P : Si vous deviez résumer ce duel au sommet…
SD : … Je dirais que Carlos a un peu plus d’armes mais que celles dont disposent Jannik sont probablement encore un peu plus maîtrisées. Pour le deuxième Grand Chelem de l’année, je ne vois personne d’autre qu’eux deux, ils sont tellement forts, dégagent une telle sérénité sur le court et se partagent tellement de titres pour l’instant qu’il est difficile de parler de concurrence. Spécialement sur terre et en cinq sets.
PT&P : Peut-on quand même espérer voir quelqu’un les titiller, ne fut-ce que jouer les Murray ou Wawrinka d’aujourd’hui ? On a tous été un peu abasourdis en voyant Medvedev leur mettre le feu aux baskets à Indian Wells, lui dont le jeu stagnait pensait-on.
SD : En effet, on dirait qu’il a pris un peu le taureau par les cornes. Il n’est pas facile de changer radicalement son jeu, mais cette année il essaie. Il a pris Thomas Johansson comme coach, on voit qu’il cherche à être plus agressif, à venir plus au filet. Il est du genre à s’énerver si ça ne fonctionne pas, mais quand il joue bien, et qu’il est aux taquets, c’est exceptionnel. Il aurait gagné Indian Wells après avoir battu Alcaraz et Sinner que personne n’y aurait trouvé à redire. Maintenir ce niveau tout le temps c’est difficile, parce qu’il y a des moments où dans la tête il est moins bien, moins solide, mais rivaliser avec les tout bons ça pourrait lui arriver souvent, oui. Il s’est même amélioré sur terre, il a d’ailleurs remporté Rome l’an dernier, mais Roland, les trois sets gagnants, face à ces gars là…
PT&P : Et Djokovic, vous le voyez encore gagner un Grand Chelem ?
SD : Non. Il continue à être là, finaliste à Melbourne après avoir éliminé Sinner, c’est déjà plus qu’exceptionnel, mais les gros matches en cinq sets sont devenus trop longs pour lui. Et s’il n’y arrive pas cette année, ce sera un peu le début de la fin j’ai l’impression.
