Pierre Colaiacovo est le fondateur et CEO de la start-up bruxelloise (re)space, spécialisée dans la transformation de bureaux vacants en tiers-lieux.
Pendant des décennies, l’immobilier de bureau s’est résumé à une équation simple : combien de mètres carrés pouvez-vous louer ou acheter ? Aujourd’hui, la question est tout autre : pourquoi vos collaborateurs auraient-ils envie d’y venir ? C’est précisément à cet endroit que se situe la réflexion de Pierre Colaiacovo, fondateur et CEO de (re)space, l’un des intervenants de notre récent Forum LOBBY Immobilier consacré à la recherche du mètre carré perdu.
Ingénieur commercial de formation, ancien CFO puis COO de Profirst, acteur reconnu de l’événementiel premium, Pierre Colaiacovo a passé une partie de sa carrière à imaginer des expériences capables de rassembler les gens. Une compétence qui s’avère étonnamment précieuse dans l’immobilier d’aujourd’hui. Car au fond, un bureau vide n’est pas un problème de bâti mais bel et bien un problème d’usage.

Alors que le télétravail a profondément modifié nos habitudes, des milliers de mètres carrés sont devenus sous-utilisés. Tandis que beaucoup y voient une crise, Pierre y voit une opportunité. Son constat est simple : le bureau n’a pas disparu, il a changé de fonction. On ne s’y rend plus par obligation mais pour collaborer, créer, décider, apprendre ou rencontrer.
La réponse de (re)space consiste donc à transformer des immeubles parfois délaissés en véritables lieux de vie professionnelle. Avec une approche inspirée de l’hôtellerie, l’entreprise ne se contente pas de louer des espaces mais elle les opère, les anime et les adapte à ceux qui les occupent. Accueil soigné, salles de réunion, événements, restauration, services, bien-être… tout est pensé pour donner envie de franchir la porte.

L’originalité du modèle réside également dans son caractère profondément “sur-mesure”. Là où beaucoup de solutions de coworking proposent un produit standardisé, aussi fini soit-il, (re)space part du bâtiment, du propriétaire et des besoins réels des utilisateurs pour imaginer une réponse unique. Bref, pas de recette préétablie, pas de copier-coller ! Le résultat ? Une logique win-win. Le propriétaire valorise un actif parfois sous-exploité. Les entreprises bénéficient d’une flexibilité devenue indispensable dans un monde économique mouvant. Et les collaborateurs retrouvent des espaces qui leur donnent une bonne raison de quitter leur salon familial. Tout le monde s’y retrouve.

Le premier projet, situé dans le quartier européen, affiche déjà un taux d’occupation supérieur à 80 %. Un second site s’est développé près de l’aéroport de Bruxelles. Un troisième est annoncé avenue Louise. Et Paris figure désormais dans le viseur pour 2027.
À écouter Pierre Colaiacovo, on comprend surtout que l’avenir du bureau ne se jouera pas dans les plans d’étage mais dans l’expérience vécue. Après tout, personne ne raconte avec enthousiasme la superficie de son bureau. En revanche, il arrive encore que l’on parle avec plaisir d’un endroit où l’on a passé une excellente journée de travail. Et c’est peut-être là que commence la vraie révolution immobilière. En attendant notre prochain épisode consacré à l’immobilier et à la quête du mètre carré perdu, écoutez le dernier podcast de François Didisheim, fondateur de LOBBY, diffusé sur BXFM Radio.
