Denis Van Weynbergh a remporté l’Award du Profitivisme et celui du Leader Masculin

Denis Van Weynbergh a remporté l’Award du Profitivisme et celui du Leader Masculin

Pour honorer la philosophie de vie telle que la concevait le regretté Gilles Van der Speck, on n’a pas trouvé de candidat plus approprié pour cet award d’exception que le skipper brabançon, même s’il avait déjà été élu par ailleurs leader masculin pour avoir été le premier Belge à boucler le Vendée Globe avec dix fois moins de moyens que les cadors de l’épreuve. Dieu sait s’il a su rester positif dans un océan de galères, et profiter de ce qui était le rêve d’une vie.  

Le profitivisme, vous vous souvenez ? L’expression avait été inventée par le Bruxellois Gilles Van der Speck, atteint d’une forme rare de cancer du pancréas. Il avait décidé que sa vie serait synonyme de lumière, développant une vision de l’existence qui consiste à rester toujours positif et à profiter de la vie. Il avait illuminé le plateau du Télévie et créé une ASBL proposant des accompagnements, avec défis sportifs, aux jeunes atteints de cancer. « Même si cela peut surprendre, ma maladie je la vois comme une opportunité de grandir, d’inspirer et de devenir une nouvelle belle personne », disait-il. Cycliste forcené lui-même, il avait notamment relevé le challenge de pédaler pendant 24h pour la bonne cause dans une des nacelles de la grande roue, place Poelart. Son oncologue lui avait prédit entre deux et vingt ans à vivre, il nous a quitté à 36 ans fin septembre l’année dernière. 

A hauteur d’homme

Lobby, qui l’avait honoré comme il le méritait quand il était encore parmi nous, a pensé à lui en « inventant » un « award » d’exception dont les premiers lauréats, en 2024 année olympique, avaient été, excusez du peu, Nafi Thiam et Remco Evenepoel qui venaient de crever les (petits) écrans dans la Ville Lumière. Pour 2025, il n’a pas fallu longtemps pour s’apercevoir qu’il n’y avait pas mieux que Denis Van Weynbergh pour s’inscrire dans l’optique survie/sport/humanisme chère au regretté Bruxellois, avec son éclaboussant Vendée Globe à hauteur d’homme. Notre jury n’a donc pas hésité longtemps avant d’accorder cette distinction particulière à celui qu’ils avaient déjà promu au titre de leader masculin de l’année. 

« Un peu trouble fête »

Vous trouverez donc par ailleurs tout ce qu’il faut savoir sur son odyssée, qui, paradoxalement, ne figurera qu’en annexe au palmarès de la célèbre compétition en solitaire. Denis n’a en effet rien gagné, sinon l’estime de soi-même et des autres, dans une aventure « larger than life » comme disent les Anglo-Saxons. Il n’a pas été classé, mais l’histoire de ce passionné de voile (comme son papa, c’est de famille) a suscité plus d’intérêt et d’admiration que le parcours de la plupart des autres qui ont fini la course. Dans le livre « Inclassable » consacré à l’inlassable quête qu’il a menée depuis l’acquisition de son bateau, un Imoca amarré aux Sables-d’Olonne, il décrit dans le détail les problèmes de budget et de sponsors (merci D’Ieteren Group), ainsi que tout ce qu’il lui a fallu faire pour s’entraîner, se qualifier et être au départ. « J’ai le sentiment depuis le début d’avoir été un peu trouble fête », assure-t-il, « nous sommes arrivés juste avec un bateau et une équipe de bénévoles, et nous leur avons montré qu’on pouvait finir une compétition pareille avec des non professionnels, ce qui remet en cause tout le business modèle de la course au large qui est plutôt réservée à des équipes avec de gros budgets ».

« Six mois à m’en remettre »

Pour Denis Van Weynbergh, il s’agissait avant tout de réaliser le rêve d’une vie et de repousser ses limites. Au delà même de ce qu’il imaginait. Autant épreuve physique que challenge mental ou aventure logistique, dans un isolement total, sans assistance et dans des conditions hostiles, ce n’est pas pour rien que le Vendée Globe n’a lieu que tous les quatre ans. « J’ai mis six mois à me remettre physiquement, je ne refais du sport normalement que depuis septembre », explique-t-il, « j’avais besoin de décompresser, de me faire plaisir, notamment à table, après ces mois de plats lyophilisés en mer, j’avais perdu beaucoup de masse musculaire et même un centimètre de taille comme les astronautes dans l’espace, on le sait peu mais on constate les mêmes symptômes chez les marins ».

« Comme un moine bouddhiste » 

Le commun des mortels a pu se demander ce qui a poussé le Brabançon à se lancer un défi d’aussi longue haleine, démesuré et éprouvant. On imagine que pour un fana de voile cela doit ressembler au Graal. « J’ai tant entendu que c’était mission impossible pour un « amateur » belge qui a dix fois moins de moyens que les meilleurs. J’ai voulu me prouver que j’étais capable d’entreprendre des choses impossibles pour les rendre possibles, et de battre en brèche les pensées limitantes comme il y en a trop en Belgique. C’est une vraie satisfaction personnelle, je suis allé au bout des choses, même en sachant que je risquais d’arriver hors délai. Je pense qu’il y a un message sur certaines valeurs qui a touché les gens, beaucoup se sont intéressés à la voile alors qu’ils n’y connaissaient rien. Mon arrivée aux Sables-d’Olonne a été un moment tellement intense, tellement riche en émotions… on lévite comme un moine bouddhiste, dix centimètres au dessus du sol. J’ai déjà bien regardé ces images cinquante ou soixante fois. » 

« L’influence humaine sur les milieux naturels »

Outre les multiples péripéties de ces 117 jours qui l’ont parfois conduit en enfer, au bord de l’abandon, un autre constat l’a marqué : « En naviguant, on a la chance de porter un regard unique sur la planète bleue, et je peux dire qu’en 25 ans j’ai vu une grande différence. Dans les mers du sud, là où il n’y a presque pas de présence humaine, il y a toujours zéro déchet. Une fois passé le Cap Horn, dans l’Atlantique sud, la première chose que j’ai vue c’est un vieux bout de plastique dans l’eau. L’influence humaine sur les milieux naturels saute aux yeux, je peux attester qu’il y a de plus en plus de choses qui traînent dans les océans ». Que va-t-il faire désormais qu’il n’est plus un skipper anonyme prêchant dans le désert ? « Je suis devant une page blanche, je réfléchis, je sais aussi que cela peut changer vite, on me connaît aujourd’hui, on risque de m’avoir oublié demain, mais la notoriété peut quand même servir. Le Vendée Globe, merci, j’ai donné, mais j’ai encore envie de rester dans la voile de compétition d’une manière ou d’une autre. »

Les nommés

EMMA MEESSEMAN : C’est une reine, une des cinq meilleures basketteuses au monde, double championne d’Europe avec l’équipe belge, les Cats, ce dont personne n’aurait osé rêver il y a à peine trois ans. A 32 ans, cette fille a tout réussi et presque tout gagné. Elle a collectionné la plupart des trophées individuels, mais elle a aussi su faire mieux jouer les autres, que ce soit en WNBA aux Etats-Unis (l’équivalent féminin de la NBA), en Euroligue (la Ligue des champions du basket) ou avec les Cats. Son talent et son aura n’ont d’égal que sa discrétion et son humilité naturelles. Elle a mille fois mérité le Trophée du Mérite sportif qui lui a été accordé en 2025. 

VALERE BURNON : « Il est en train de réaliser son rêve ». Les parents du Marchois Valère Burnon ont résumé en une phrase un millésime 2025 que leur pianiste de fils n’est pas près d’oublier. La superbe troisième place obtenue en finale du Concours Reine Elisabeth, agrémentée du prix du public, a ouvert à ce pianiste surdoué de 27 ans de nombreuses portes, il électrise les salles partout où il passe, lui qui ne vit depuis toujours que pour la musique et pour les concerts. « Gagner un prix lors de ce prestigieux Concours, j’y pensais depuis que je pratique le piano. Mon ambition est vraiment de pouvoir me produire sur les scènes du monde entier », sourit-il.

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