Thomas Detry a rejoint Thomas Pieters dans le Team de Dustin Johnson sur le LIV Golf. Il évoluera également sur le DP World Tour, et espère disputer les majors. Il nous explique les raisons de son choix.
En décidant de rejoindre le LIV Golf en janvier dernier, Thomas Detry a surpris tout le monde… y compris lui-même.
« Sincèrement, je ne pensais pas du tout y jouer en fin d’année dernière, alors que j’avais une très bonne catégorie sur le PGA Tour qui me permettait d’y jouer tous les tournois, dont les Signature Events » nous expliquait-il il y a quelques semaines, alors qu’il disputait le 2ème tournoi de la saison sur le LIV du côté d’Adélaïde (Australie), tournoi remporté par Anthony Kim, son nouveau coéquipier au sein des 4Aces.
« Avant ce tournoi, je n’étais même pas sûr à 100% qu’Anthony jouerait avec nous… cela s’est décidé en dernière minute, suite au forfait de Patrick Reed qui n’avait prévenu personne, y compris DJ, concernant son choix de revenir sur le PGA Tour » nous confie-t-il. « De mon côté, j’ai rejoint ce team suite à un appel de Thomas Pieters, la veille de Noël. Il m’a signalé que l’Américain Harold Varner changeait d’équipe, remplaçant Brooks Koepka dans l’équipe des Smash GC. Il m’a vanté l’ambiance au sein du LIV, un circuit sur lequel il évolue depuis trois ans… avant de me dire que la balle était dans mon camp si j’étais intéressé. »
Un peu pris au dépourvu au départ, Detry, âgé de 33 ans depuis ce mois de janvier, a réfléchi ensuite quelques jours, en compagnie notamment de sa femme Sarah.

Quatre années sur le LIV
« Un officiel du LIV m’a rapidement rappelé. De mon côté, ma saison était déjà planifiée, mais on s’est rapidement mis d’accord sur un deal pour… quatre années ».
Si Thomas Detry n’a pas voulu nous donner les termes et le montant exact de cet accord, il nous a quand même signalé que… « cela était impossible à refuser ! ». Quand on sait qu’il a gagné plus de 4 millions de dollars l’an dernier sur le PGA Tour, et qu’il pouvait sans doute revendiquer conserver au minimum ce même ordre de grandeur pour un an ou deux ans vu sa catégorie et son niveau de jeu, on peut penser que le deal était au minimum deux ou trois fois supérieur à ce montant… uniquement pour évoluer sur le LIV Golf ! Et ce avant toutes les primes individuelles et par équipes pour chaque tournoi.
« L’aspect financier était important, mais il n’était pas le seul en ligne de compte » nous reprend Thomas Detry. « Le fait de retrouver mon ami Thomas Pieters, avec qui j’ai pensé de beaux moments notamment à Illinois, mais aussi sur le circuit européen (NDLR : où, pour rappel, ils ont remporté la Coupe du monde de golf par paires en novembre 2018), cela a pesé dans la balance. Mais aussi le fait de devoir moins voyager aux Etats-Unis, et de pouvoir revenir régulièrement dans ma résidence principale officielle depuis 2021, à savoir mon appartement à Dubaï. Nous y resterons en famille chaque année d’octobre à mai, ce qui permettra aussi sans doute à mes filles d’y être scolarisées. Cela va nous changer au niveau familial. Les gens n’y pensent pas toujours, mais nous vivons depuis quelques années véritablement comme des nomades ! Je ne suis pas à plaindre, mais ce n’est pas toujours facile à vivre, surtout avec deux petites filles en bas âge… »
Bref, ce nouveau challenge sur le LIV va permettre à Thomas Detry d’assurer l’avenir de sa petite famille… tout en disputant des tournois d’un excellent niveau. « L’aspect travail d’équipe est de plus en plus primordial sur le LIV, les primes ont été fort augmentées à ce niveau » poursuit Thomas. « Nous nous entraînons également en team, et le courant passe très bien avec Dustin Johnson, que je connaissais un peu après avoir partagé quelques parties avec lui, y compris en majors. Nous allons essayer de souder encore plus les liens au sein de notre team 4Aces composé de deux Belges et de deux Américains. A l’image de ce que font les Espagnols, les Sud-Africains, les Anglais ou même les Sud-Coréens »
Soudal Open, DP World Tour et majors
Le LIV Golf devient en effet de plus en plus international, ce qui n’est pas pour déplaire à Thomas. Hasard du calendrier, il a entamé sa saison début février sur le circuit à Riyad, en Arabie saoudite, alors qu’il était censé disputer le Phoenix Open à Scottsdale. « J’aurais bien sûr aimé défendre mon titre, qui est de loin ma plus belle victoire en carrière. Mais je ne regrette pas mon choix. Je resterai par ailleurs compétitif, et je continuerai à jouer aussi sur le DP World Tour, et sans doute aussi sur l’Asian Tour. Sans oublier les majors ! Le Masters, cela me paraît compliqué cette année, sauf si je gagne un tournoi sur le LIV en mars ! Mais je disputerai le PGA Championship, ainsi que les qualifs pour l’US Open et le British Open… »
Detry a également confirmé qu’il disputera le Soudal Open à Rinkven en mai prochain, ainsi que l’Open d’Irlande, le BMW PGA Championship et l’Open de France en septembre, à une période où la saison sera terminée sur le LIV Golf. Il aura également d’autres opportunités éventuelles au Dunhill links en Ecosse, en Espagne, en Inde et en Corée en octobre, afin de se qualifier pour les deux derniers tournois des play-offs, disputés près de chez lui en novembre à Dubaï.
Reste à voir s’il conservera sa place au ranking mondial, alors qu’il navigue désormais au-delà du Top 50 mondial. « Nous avons désormais des points OWGR sur le LIV, mais ceux-ci sont attribués seulement au top 10 de chaque tournoi » regrette Thomas. « Or, le niveau de jeu est nettement plus impressionnant que sur le DP World Tour. Réussir un top 10 comme je l’ai fait à Riyad (7e), c’est une véritable performance. Or, même une 7ème place m’a fait perdre des places au ranking mondial ! Le système de points mis en place avantage des joueurs du calibre de Jon Rahm, Bryson DeChambeau, Tyrell Hatton, David Puig ou Joaquin Niemann. Mais sur les 57 joueurs du circuit, je dirais qu’une quarantaine peuvent revendiquer un Top 10 chaque semaine, il faudra avoir de très belles semaines pour y parvenir et obtenir quelques points, seules les deux ou trois premières places étant vraiment intéressantes ».
Hugues Feron
