Le Maroc est connu pour ses multiples visages : la porte du Sahara à Ouarzazate, le faste de Marrakech ou la ville lumière de Rabat. Mais en son centre bat aussi le cœur du pays avec la cité religieuse de Fès, proche des montagnes du Moyen Atlas, où se trouve l’un des plus beaux joyaux golfiques du Maroc. Partons pour un voyage qui nous emmène au centre de la Royauté, dans une région encore peu connue des touristes européens.
Michlifen. Ce nom ferait presque penser à celui d’une ville germanique ou suisse. L’architecture alpine des maisons qui composent cette petite station de ski des hauteurs du Moyen Atlas conforte l’illusion et confère tout son sens au surnom donné à cet endroit emblématique du Maroc, celui de « Suisse marocaine ». Et pourtant, le mot « Michlifen » -qui signifie « flocon de neige »- provient bien de la langue arabe. C’est ici qu’un projet un peu osé a vu le jour : celui d’implanter l’un des plus beaux parcours de golf du pays. Impulsé par la famille royale du Maroc, amoureuse du sport de Saint-Andrews, ce projet « pharaonique » ne pouvait être mené que par un seul homme : Jack Nicklaus. Et le Golden Bear -qui s’est rendu sur place à l’inauguration- a construit avec le golf de Michlifen, l’une des plus belles créations de sa carrière d’architecte, inaugurée en 2018.
La perle de l’Atlas
Niché à 1600 mètres d’altitude, le parcours présente deux faces d’une même pièce. Un côté pile assez plat sur les premiers trous de son aller et de son retour. Et un côté face vallonné, sur le flanc de la montagne, magnifié par les trous 9, 17 et 18… les 3 trous les plus spectaculaires (et c’est un euphémisme) du parcours.
Avant de débuter notre 18 trous (Par 72, 6671m), nous croisons sur place un groupe d’Anversois. « Spectaculaire et incroyable ! », sont les qualificatifs utilisés par l’un de ses membres dont l’avis dithyrambique est partagé par le reste du groupe. Dès notre arrivée sur place, comment pourrions-nous les contredire ? Un greenkeeping 5 étoiles, des greens aussi rapides qu’une table de billard et des trous variés sont les caractéristiques de ce parcours qui exige un niveau de jeu confirmé. Les détails ont été portés jusqu’à l’intérieur de certains bunkers où un ‘M’ a été tracé dans le sable. Remarque importante, la distance entre les trous peut parfois être longue, voilà pourquoi la voiturette est obligatoire.
A la fin de la partie, le 19e trou a lieu dans le clubhouse de style alpin, placé face à l’immensité du ravin, pour un plaisir des yeux supplémentaire. Nous y dégustons des spécialités marocaines et internationales, en contemplant le double-green des 18 et 9, dont les drapeaux sont placés seulement à quelques dizaines de mètres d’intervalle. Enfin, le resort dispose également d’une ‘Académie de golf’, souvent utilisée par les étudiants de la prestigieuse université américaine voisine. Un outil possédant les dernières technologies qui pourront vous aider à perfectionner votre swing.

Michlifen Golf & Resort
Pour retourner à l’hôtel, nous reprenons notre quatre-roues. Durant le trajet d’une quinzaine de minutes, nous passons devant l’aéroport d’Ifrane et son petit centre-ville garni de maisons aux toits rouges. Sur le chemin, notre guide nous propose un petit détour et nous conduit vers une forêt de cèdres, le territoire de petits êtres qui vivent parmi les conifères : des singes magot ! Ces macaques (de la même race que les célèbres mammifères de Gibraltar) ne sont pas farouches et acceptent volontiers de se laisser approcher contre quelques cacahuètes achetées auprès de marchands locaux.

Arrivés à l’hôtel, une fois encore nous écarquillons les yeux. Difficile en voyant cet immense chalet de s’imaginer que nous sommes toujours au Maroc. L’établissement propose 68 chambres (dont 40 suites) destinées aux golfeurs, aux skieurs (on skie à Michlifen en moyenne deux mois par an) et à tous les visiteurs épicuriens, amateurs de grands espaces. Entre ses suites spacieuses, ses deux très grandes piscines (une intérieure chauffée et une extérieure non chauffée), son spa et sa salle de sport… l’hôtel dispose de plusieurs atouts. Auxquels s’ajoute la gastronomie de deux restaurants de très haute qualité. Le Cedray propose de grands classiques de la gastronomie française, en mettant à sa carte foie gras, Saint-Jacques et truites, sans oublier de belles références de vins (avec un château Pétrus de 1996, pour les très hauts budgets). L’Oriental, comme son nom l’indique, est un restaurant mettant quant à lui en valeur les cuisines traditionnelles marocaine, libanaise et turque. Avec un subtil mélange d’épices qui font saliver les plus fins gourmets.

Fès empreinte de traditions
La gastronomie occupe une place importante dans la culture marocaine, à Fès, peut-être encore plus qu’ailleurs. A une bonne heure en voiture d’Ifrane -en redescendant vers la plaine-, tajines, pastillas, couscous et thé à la menthe inondent les tables de la ville. Mais pour profiter au mieux de la gastronomie locale, un passage dans un riad est presque un must à ne pas manquer. Ces « jardins » marocains souvent de forme carrée, avec une fontaine en leur centre, sont une merveille à contempler. Le riad « relais et châteaux » en est l’un des plus beaux exemples. Situé dans un des quartiers chics de la ville, il incarne une véritable ‘invitation au voyage’, avec sa cuisine franco-marocaine raffinée, que vous pourrez déguster au son d’un luth qui vous bercera pendant toute la soirée.
Créée au IXe siècle, Fès a conservé les atouts du Maroc traditionnel. Nous vous conseillons notamment une balade dans les petites ruelles de sa médina. Dans ce labyrinthe tentaculaire, nous croisons plusieurs artisans, héritiers d’une culture millénaires que ce soit dans l’art du tissage ou le travail du cuir par exemple. La ville a une grande histoire religieuse grâce à ses mosquées et au mausolée de Tijani, en plein centre de la médina. Lors de notre visite, nous croisons d’ailleurs des groupes de Sénégalais et de Maliens venus en pèlerinage. Dans leur branche de l’Islam, Fès est considérée comme leur Mecque, il est donc assez courant d’y croiser des pèlerins.

Fès et le golf
En termes de population, Fès est devenue la deuxième ville la plus importante du pays après Casablanca (depuis que Rabat a été séparée de Salé à laquelle elle était autrefois rattachée). La ville de Fès est en plein développement économique et souhaite aujourd’hui faire connaître sa culture auprès des touristes, notamment européens. L’un des axes sur lesquels la région travaille actuellement, c’est le développement de son offre golfique. Et pour cela, elle compte bien miser sur ses deux golfs régionaux : le Royal Golf Fès et le Ouèd Fès.
Au sud de la ville, il porte une dénomination « royale » car il fût le premier golf de la ville à être érigé, en 1994. Le Royal Golf de Fès (Par 72, 6418m) s’est implanté dans un champ d’oliviers, face aux montagnes du Moyen Atlas. Au menu, quelques trous scéniques avec le très joli par 3 du 17, mais aussi des trous stratégiques avec plusieurs obstacles d’eau -notamment au 3 et au 4- qui viennent pimenter la partie. Le parcours est accessible pour tous les niveaux en fonction des tees de départs, mais peut également montrer les crocs si vous partez des back tees. « Le LETAS access series nous a choisi pour accueillir une manche au printemps, preuve que ce parcours peut être redoutable », rappelle d’ailleurs Jaouad Layachi, directeur des golfs de Fès, faisant partie du réseau Madaef qui regroupe 9 parcours au Maroc.
Parmi ce groupe des 9, on retrouve Ouèd Fès. C’est le seul parcours situé dans le centre-ville de Fès. Son tracé (Par 72, 6143m) entre les grenadiers est plutôt challenging, avec quelques trous assez délicats à gérer, à cause de leur longueur ou de leurs départs redoutables (on pense notamment aux 1, 8 et 17). La zone est en plein développement, 3 hôtels sont en construction pour accueillir de plus en plus de visiteurs et une station d’épuration pourrait bientôt voir le jour afin de remplir les obstacles d’eau asséchés en été. Le clubhouse, au pied duquel se trouve une piscine, tourne quant à lui à plein régime en soirée. Devenue une véritable place to be pour la bourgeoisie locale, grâce à son ambiance et sa cuisine remarquable, elle ravira également les golfeurs et golfeuses en fin de partie. On le sent, la région ne manque pas d’ambition pour fournir une offre golfique attractive, à laquelle s’associe le golf de 9 trous de Meknès, situé entre les remparts du palais royal.

Le Ksar de Fès
Pour s’immiscer dans la culture marocaine, nous en avons parlé plus haut dans ce reportage, le riad offre une expérience unique à ses visiteurs. Le Ksar de Fès est un de ces lieux préconisés par les golfeurs qui veulent jouer dans la région et jouir d’une expérience locale unique. Pour ce faire, un tenancier français, Pascal, s’est entouré d’une équipe composée notamment de cuisiniers qui ont conservé précieusement les recettes familiales, léguées de mères en filles et de pères en fils. On pense à cette savoureuse tajine de poulet aux olives, ou encore à celle aux pruneaux et amandes. Le lieu dispose de 9 chambres et d’une piscine permettant de se rafraichir ou de simplement flâner.
Michlifen, les golfs de Fès, de Meknès et le Ksar travaillent désormais main dans la main pour offrir aux amateurs de golf une expérience golfique, culinaire et culturelle unique, en plein centre du Maroc, pour un package à partir de 1280€ pour 8 jours et 7 nuits. Privilégiez les mois d’avril, de mai, d’octobre et de novembre pour vous y rendre. En haute saison, les températures sont délicieuses sous un soleil généreux, au moment où la Belgique connait une météo… plus indécise, dirons-nous.
Par Thibault Baltazar
