Depuis plus de cinq générations, Puilaetco incarne l’excellence en matière de gestion patrimoniale, successorale et d’investissement. Fondée à la fin du XIXe siècle, la banque privée belge se distingue par la solidité de son ancrage historique, mais aussi par l’audace de sa stratégie de croissance et l’originalité de ses services. Parmi ceux-ci, un accompagnement sur mesure dans le domaine de l’art, assuré par Sophie Clauwaert, Art Advisor chevronnée.
Une maison au nom chargé d’histoire(s)
Les établissements bancaires encore en activité et fondés il y a plus de 150 ans – très exactement en 1868 – sont plutôt rares. C’est le cas de Puilaetco, qui a vu le jour à Anvers sous le nom de « Maison De Laet », qui était alors un bureau d’agents de change. Plus d’un siècle plus tard, c’est la fusion avec la société de bourse « Puissant Baeyens Poswick & Co » qui a donné naissance à l’acronyme actuel devenu emblématique : « Pui » pour Puissant, « Laet » pour De Laet, « & Co »… d’où Puilaetco. Par la suite, la banque a intégré le groupe KBL European Private Bankers en 2004, fusionné avec la banque Dewaay en 2005, repris UBS en 2015 et c’est en 2020 que KBL est devenu Quintet Private Bank, actif dans six pays européens. Désormais succursale du groupe Quintet, Puilaetco est présent au travers de sept agences en Belgique (Bruxelles, Anvers, Hasselt, Liège, Namur, Sint-Martens-Latem, Waregem), et son siège est installé dans l’iconique bâtiment de la Royale Belge à Watermael-Boitsfort, joyau architectural de la capitale.
L’art, un patrimoine à part entière
Avec plus de 10 milliards d’euros d’actifs administrés et près de 200 collaborateurs, Puilaetco propose une approche globale de la gestion de patrimoine. Depuis une quinzaine d’années, il se distingue également par un service rare en Belgique : le conseil en art, confié à une experte en la matière, Sophie Clauwaert, diplômée en histoire de l’art de l’ULB et du Sotheby’s Institute of Art à Londres. « Je me suis spécialisée dans l’art ancien, notamment les maîtres flamands », explique-t-elle. « Mais mon parcours professionnel m’a amenée ensuite à explorer l’art moderne et contemporain, avec un intérêt particulier pour les artistes belges. » Forte de vingt ans d’expérience dans les foires d’art internationales, galeries et maisons de vente, Sophie a d’abord fondé sa propre société, avant de mettre son expertise au service exclusif de Puilaetco et de Quintet. Elle accompagne aujourd’hui collectionneurs et investisseurs tout au long du cycle
de vie de leurs œuvres.

Lobby : Sophie, l’art peut-il être considéré comme un patrimoine à part entière ?
Sophie Clauwaert : Absolument. Mais il ne vit pas en vase clos, il s’inscrit dans une stratégie patrimoniale globale, au même titre qu’un portefeuille d’investissement ou un patrimoine immobilier. Je travaille en étroite collaboration avec les autres départements de la banque. Mon rôle spécifique est de répondre aux besoins de clients ou prospects qui possèdent des collections d’art, mais qui peuvent détenir également des voitures anciennes, des montres de luxe, des grands crus ou des sacs iconique… autant d’objets qui peuvent avoir une grande valeur. L’exemple du sac Hermès de Jane Birkin, vendu plus de 8,5 millions chez Sotheby’s malgré son état usagé, en témoigne.
Lobby : Quels sont les enjeux d’une bonne gestion de collection ?
SC : Ils sont multiples. J’interviens à chaque étape : acquisition, héritage, conservation, valorisation, inventaire, prêts à des musées, stockage, transport, transmission intergénérationnelle, y compris sur le plan fiscal. Une erreur au départ peut avoir des conséquences en cascade. Pour prendre un exemple, acheter une œuvre sans la documentation adéquate peut compliquer, voire empêcher,
une revente ultérieure.

LB : Y a-t-il beaucoup d’amateurs d’art parmi les clients de la banque ?
SC : Je suis régulièrement sollicitée, que ce soit pour des dossiers de transmission qui peuvent être complexes, ou pour des expertises plus ciblées. Récemment, nous avons établi une cartographie des clients auxquels mon accompagnement pourrait être pertinent et utile. En poste chez Puilaetco en tant qu’Art Advisor depuis deux ans, mon champ d’action y est large, multiple et varié, d’autant que je suis la seule spécialiste dans mon domaine pour l’ensemble du groupe Quintet. Cela m’offre l’opportunité de répondre à des demandes en provenance des Pays-Bas, de Scandinavie, d’Allemagne ou du Royaume-Uni, et d’apporter mon expertise à des clients internationaux. Chez Puilaetco, le conseil en art est intégré au service bancaire classique, à partir d’un certain niveau d’actifs. Quelques clients possèdent des collections très importantes, mais nous recommandons généralement de ne pas dépasser 5 % du patrimoine total. L’art c’est particulier, émotionnel, culturel, et souvent moins liquide que d’autres investissements. Même un dessin de Magritte ne se revend pas aussi facilement
qu’un lingot d’or.
LB : Les clients vous demandent-ils ce qu’ils doivent acheter ?
SC : Oui, cela arrive fréquemment. Au fil des années, j’ai tissé un réseau solide de spécialistes à travers l’Europe, avec des relations de confiance durables. Ma mission est de faire le lien entre le client, la banque et les experts, en facilitant les échanges en toute transparence. J’ouvre des portes, mais je ne dicte jamais de choix d’achat. Si un client me consulte après avoir repéré des œuvres dans une foire d’art, je vérifie que l’artiste a du potentiel, que les certificats sont en ordre, que le prix est cohérent. Mais le choix et le jugement esthétiques sont très personnels. Je recommande aussi de diversifier une collection, artistes, types d’œuvres, styles. Même si on est passionné par quelqu’un(e), il est risqué d’acheter toutes ses œuvres car sa valeur financière peut fluctuer.

LB : L’art contemporain a donc la cote ?
SC : Oui, il domine aujourd’hui, même si le haut du marché de l’art moderne (de l’impressionnisme au surréalisme) reste très actif. Je pense à cette cliente qui a hérité de la collection de son père et a eu l’intuition qu’un tableau était l’oeuvre d’un des plus grands peintres du 20e siècle. Le comité d’authentification, qui en possédait une photo sans savoir où il se trouvait, l’a certifié. Ce genre de découverte est rare, mais possible. L’art contemporain séduit plus les jeunes générations parce que les goûts et modes de vie ont évolué. Les intérieurs minimalistes ont remplacé les maisons encombrées de meubles anciens. Les galeries mettent en avant des artistes issus de la diaspora, souvent des femmes originaires d’Afrique ou d’Amérique du Sud. C’est tendance, mais attention, la mode peut aussi faire grimper artificiellement les prix, c’est là qu’un bon conseiller peut devenir indispensable.
LB : En général, les surprises sont-elles plutôt bonnes ou mauvaises ? Les œuvres prennent-elles de la valeur ?
SC : Cela arrive, mais c’est marginal. L’art contemporain peut parfois multiplier sa valeur par dix en quelques années. Le cas d’une héritière qui découvre un James Ensor dans sa collection est évidemment réjouissant. Mais, à l’inverse, un acheteur qui a acquis un dessin d’un artiste renommé, mais ne peut ensuite le faire authentifier parce qu’il n’y a plus de comité officiel pour le faire, se retrouve dans une impasse. Lorsqu’on m’appelle pour inventorier un héritage composé de mobilier, de tableaux ou de bibelots, les déceptions sont souvent plus nombreuses que les bonnes surprises. Certains masques africains, présentés comme exceptionnels, peuvent se révéler à l’autopsie de simples souvenirs touristiques. C’est pourquoi je recommande toujours de choisir avec le cœur mais d’acheter avec la tête, en s’assurant de la provenance et de la documentation. Un prix trop bas est souvent un signal d’alerte.
LB : Certains clients utilisent-ils l’art uniquement comme placement financier ?
SC : Deux ou trois, oui, mais ce sont des professionnels du secteur. La majorité de mes clients achètent par passion, pour l’émotion que leur procure l’œuvre. Bien sûr, ils souhaitent éviter les pertes financières, mais leur motivation première reste le goût artistique.
