Avec Grandblue, leur troisième album, les Bruxellois de Sunday Charmers poursuivent leur exploration d’un post-punk aux accents new wave, tout en assumant une dimension plus intime et introspective. Le chanteur et guitariste Étienne Donnet évoque une œuvre optimiste, groovy et portée par une relecture lumineuse de la mélancolie.
Depuis Bruxelles, Sunday Charmers s’affirme comme l’un des groupes qui revisitent avec fraîcheur l’héritage du post-punk et de la new wave. Pour Étienne Donnet, guitariste et chanteur, Grandblue marque une étape : « Sur nos deux premiers albums, on parlait beaucoup d’amour. Cette fois, j’avais envie d’aborder d’autres thématiques, parfois liées à l’hypersensibilité ou à la santé mentale. »
La mélancolie, fil rouge du disque, est envisagée de manière positive. Le bleu, omniprésent dans le titre et sur la pochette, devient symbole d’apaisement et de lumière autant que d’intensité émotionnelle. « On voulait montrer que la mélancolie n’est pas seulement synonyme de tristesse. Elle peut aussi être une force, une manière de voir le monde différemment. »
Côté écriture, le groupe franchit un cap avec plusieurs morceaux en français. Talisman, en particulier, plonge dans l’intime. « Chanter dans sa langue maternelle oblige à se livrer sans filtre. C’est un morceau difficile, inspiré d’une relation sur le fil de la rupture. Contrairement à Rêve(s), plus halluciné, Talisman est directement lié à une expérience vécue », explique Donnet.
Parmi les influences revendiquées, on retrouve The Cure, Joy Division, Mazzy Star ou The Jesus and Mary Chain. Donnet cite notamment Lovesong des Cure comme une référence : un titre capable de transformer une émotion singulière en expérience universelle, tout en dégageant une intensité contenue.
Avec Grandblue, Sunday Charmers revendique cependant une identité propre. Le groupe reste fidèle à son ADN post-punk mais cherche un son plus direct, plus énergique et marqué par une touche groovy. « On ne voulait pas être une copie des Cure ou de Joy Division. On voulait travailler la production et les arrangements pour que l’album sonne moderne et évident », conclut Donnet.
