La Mongolie, 1000 km de challenge fou

La Mongolie, 1000 km de challenge fou

Récit de la folle aventure de l’entrepreneur Sir Jim Ratcliffe et de ses fils, George et Samuel : emmener à travers montagnes, déserts et la taïga, deux voitures anciennes, un Land Rover de 1948, et un tout-terrain Ineos Grenadier.

Accompagné de ses fils George et Samuel ainsi que de quelques amis, l’entrepreneur Jim Ratcliffe s’apprête à traverser le désert de Gobi à bord de trois précieuses Bentley 4,5 Litres de 1929, d’autant d’Ineos Grenadier et d’un pick-up, d’une Porsche 911, et d’une paire de Land Rover.

Le Gobi n’est pas le seul désert asiatique, mais c’est assurément le plus célèbre, notamment grâce aux riches descriptions que l’on trouve dans Le Livre de Marco Polo. Une incertitude demeure quant à son nom : dit-on « le Gobi » ou simplement « Gobi » ? En réalité, « Gobi » suffit, puisqu’il s’agit d’un mot désignant un lieu sans eau. Le Gobi ne se limite pas à la Mongolie, puisqu’il est en grande partie situé en Chine. Mais il représente l’image même de ce pays d’une superficie de plus d’un million et demi de kilomètres carrés, considéré comme une enclave entre la Russie et la Chine. C’est un lieu où les chameaux sauvages décrits par le voyageur vénitien cohabitent avec les rennes, couramment utilisés dans ce pays parmi les moins peuplés au monde : moins de deux habitants au kilomètre carré. La population est encore plus rare dans les zones où vivent des bergers nomades, entre la taïga et les dunes atteignant jusqu’à 200 mètres de haut. Ces nomades dressent des aigles et perpétuent des traditions millénaires. La Mongolie est un pays énigmatique et fascinant qui a toujours attiré les expéditions aventureuses, y compris motorisées et ce depuis longtemps. En 1907, le raid Pékin-Paris est passé au nord de cette région. Bien des années plus tard, en 2009, Land Rover y effectua une étape de son G4 Challenge, qui a peut-être inspiré le présent voyage, réalisé à bord d’un tout-terrain Grenadier.

Un nomade mongol et ses aigles dressés, l’un d’eux est posé sur le bras de George Ratcliffe.

Sir Jim Ratcliffe est un entrepreneur britannique, propriétaire de la société chimique Ineos, et est considéré comme l’homme le plus riche du Royaume-Uni. C’est lui qui, lors d’une soirée au pub entre amis, a imaginé un tout-terrain essentiel et exclusif : le Grenadier, du nom du pub en question. Ainsi naquit la marque Ineos Automotive. Ratcliffe a toujours aimé les défis et les aventures, comme le prouve Ineos Britannia, son équipe engagée dans l’America’s Cup. Il est surtout passionné par les Land Rover, au point de retrouver le tout premier modèle de série construit en 1948, portant le numéro de châssis 86001. Sir Jim parle avec bonheur de la restauration conservatrice de ce véhicule, auquel il s’est bien gardé de rendre un aspect neuf : « Ce travail a été réalisé par des personnes expertes et passionnées ». Et comment résister à l’envie de mettre un tel véhicule à l’épreuve, à l’occasion d’une grande aventure ? Avec ses fils George et Samuel, et avec quelques amis, le groupe a pris la route. Pour affronter le désert : le vieux Land Rover quelques autres voitures plus anciennes encore. Pour les escorter : trois Ineos Grenadier et un pick-up Grenadier Quartermaster, des tout-terrains conçus avec le même esprit que leur indestructible inspirateur. Les voitures ? Une Porsche 911 Tuthill de rallye, et trois Bentley 4,5 litres de 1929. Pour préserver leurs peintures originales, ces dernières avaient reçu des films de protection assortis aux Grenadier qui les accompagnaient. Et ces pièces devenues rares ont démontré que des machines bien conçues peuvent être éternels.

Les véhicules avancent espacés pour ne pas soulever trop de poussière.

Membre de cette aventure, George Ratcliffe, directeur commercial d’Ineos Automotive, raconte l’expédition.

Gentleman & Ladies : Quelles ont été les plus grandes émotions et les souvenirs les plus marquants ?
George Ratcliffe : Le paysage est spectaculaire et les nomades sont très accueillants. De plus, la région est un haut-lieu de la paléontologie. S’il y a un endroit où on peut imaginer que les dinosaures marchaient il y a des millions d’années, c’est bien le Gobi. Ici, rien n’a pratiquement changé depuis lors. Je n’ai jamais vécu une expérience similaire, et il est difficile de la comparer à quoi que ce soit.

G&L : Conduire dans le désert avec la première Land Rover et les derniers Grenadier, quelles impressions cela vous a-t-il laissées ?G.R. : C’était fantastique de pouvoir utiliser ces véhicules dans l’environnement pour lequel ils ont été conçus. Nos quatre Grenadier d’assistance, dont un prototype du pick-up Quartermaster, ont tous bravé les terrains difficiles sans problème, avec raffinement, confort et durabilité, en transportant pourtant tout le matériel, les fournitures et les pièces de rechange pour les voitures classiques. Le Grenadier a évidemment mis en évidence les grands progrès que nous avons faits en matière de technologie par rapport au premier Land Rover, mais lui aussi a traversé le Gobi. Avec le Land, nous devions choisir soigneusement notre chemin et être attentifs à chaque trou, bosse et creux. Une mauvaise inclinaison ou une vitesse mal estimée, Et notre 001 originel aurait été fichu. Avec le Grenadier, nous aurions pu faire le même parcours les yeux fermés, dans un confort total et avec la climatisation.

G&L : D’autres voitures d’époque faisaient également partie de l’expédition : comment ont-elles surmonté l’aventure ?
G.R. : En effet, en plus du plus ancien Land Rover de série au monde, le célèbre « JUE 477 » (son immatriculation historique, ndlr), nous avions une autre Série I, une Porsche et trois Bentley. Ces voitures se sont révélées très fiables, à l’exception d’une biellette de direction tordue, que nous avons réparée en utilisant le Grenadier comme établi. Nous avons traversé le sud de la Mongolie, suivant un parcours majoritairement fait de sable désertique et de peu de vraies pistes ; l’allure était modérée, environ 20 km/h de moyenne, pour préserver les suspensions. J’en ai conduit une du point le plus à l’ouest de la Mongolie jusqu’à Pékin. Dans le sud du Gobi, les trois Bentley se sont enlisées dans le sable, la boue et les dunes, mais tant qu’elles étaient traitées avec le respect que méritent des centenaires, elles ne faiblissaient pas. La Porsche, en revanche, n’aime pas la lenteur : elle partait souvent grogner au loin, et nous la retrouvions au sommet d’une dune de sable, avec le conducteur qui nous attendait, une tasse de café à la main. Toutes les voitures ont rallié la fin de l’expédition à Pékin. Et je peux vous dire qu’apprendre à conduire une Bentley d’époque, dans ce contexte, au milieu de paysages époustouflant, ça a été un défi passionnant.

Par Nicola D. Bonetti

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