Quand la fortune du jeu rencontre la passion automobile, cela donne une collection hors du commun. Sotheby’s a récemment dispersé, sans prix de réserve, les automobiles anciennes ayant appartenu à Willy Michiels, figure emblématique du monde du bingo belge. Une vente de plus d’une centaine de véhicules, aussi singulière que son propriétaire et qui a rapporté près de 6,6 millions d’euros.
Il y a des collections automobiles qui racontent une époque. D’autres racontent un homme. Celle de Willy Michiels appartient indéniablement à la seconde catégorie.
Surnommé de son vivant le « roi du bingo », il avait bâti sa réputation dans l’univers du jeu et du divertissement. Mais derrière l’homme d’affaires se cachait un passionné d’automobiles anciennes, attiré par les silhouettes d’un autre temps, les mécaniques sophistiquées et ces voitures qui, bien avant de devenir des objets de collection, étaient les symboles d’un certain art de vivre. Après sa disparition, une partie de ce patrimoine automobile a été confiée à Sotheby’s, pour une vente particulièrement attendue : les voitures étaient proposées sans prix de réserve. Autrement dit, chacune d’entre elles devait rejoindre son nouveau propriétaire au terme des enchères, quel que soit le montant atteint. Pour les amateurs, la formule avait de quoi aiguiser la curiosité. Car une collection privée de cette nature ne se résume jamais à une succession de numéros de châssis et d’estimations. Elle est aussi le reflet des goûts de celui qui l’a constituée.
Une collection à l’image de son propriétaire
Chez Willy Michiels, la diversité semble avoir été le maître mot. Dans son garage, les automobiles n’étaient pas simplement choisies pour leur valeur marchande ou leur prestige. Elles témoignaient d’une fascination pour plusieurs périodes de l’histoire automobile, des grandes routières européennes aux sportives plus exubérantes. C’est précisément ce qui rend cette dispersion intéressante. Là où certaines collections sont construites autour d’une marque, d’une décennie ou d’une catégorie très précise, celle de Michiels donne davantage l’impression d’un cabinet de curiosités automobile. On y retrouve le goût pour les carrosseries sculpturales, les chromes généreux, les intérieurs travaillés et les mécaniques qui appartiennent encore à une époque où l’automobile était largement façonnée par la main de l’homme. Chaque voiture possède ainsi sa propre personnalité.
Sans prix de réserve : le spectacle commence
Une vente aux enchères automobile est toujours un théâtre. Mais retirer le prix de réserve modifie considérablement le scénario. Dans une vente traditionnelle, l’estimation et le prix de réserve constituent une forme de filet de sécurité pour le vendeur. Ici, ce filet disparaît. Les voitures sont véritablement livrées au marché. Pour les acheteurs, cela signifie qu’une automobile convoitée peut devenir une opportunité inattendue, mais aussi que l’issue de chaque lot dépend entièrement de la confrontation entre les enchérisseurs présents.
Cette mécanique des enchères possède quelque chose de fascinant. Une voiture estimée à plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros peut voir son destin se jouer en quelques minutes, au rythme des clics et des coups de marteau.
