Le Ferretti yacht INFINITO 90 dispose d’un système intégré qui combine l’énergie solaire accumulée par les panneaux photovoltaïques à une banque d’énergie, avec batteries au lithium
Les amoureux de l’eau sont des amoureux de la nature. C’est pourquoi les propriétaires de yachts, et par conséquent les chantiers navals, cherchent des solutions pour rendre la navigation toujours moins polluante. Voici les bateaux les plus écologiques du moment.
Selon des études récentes, les yachts sont responsables de 0,2 % des émissions du secteur maritime, lequel contribue à hauteur de 3 % aux émissions globales. L’empreinte écologique du yachting semblerait donc à priori négligeable. Mais ceux qui naviguent par passion sont les premiers à se soucier de la nature, et sont conscients qu’il faut réduire l’impact environnemental des bateaux. L’industrie des yachts a également pris à bras le corps le défi de la réduction des émissions. « C’est une chose de polluer parce que vous gérez un hôpital et que vous sauvez des vies, mais si c’est juste pour plonger dans la mer depuis votre mégayacht, c’est une autre histoire… », a déclaré Massimo Perotti lors du lancement du nouveau Sanlorenzo 50Steel Almax. Un discours qu’il tient à double titre, puisqu’il est d’une part président du groupe Sanlorenzo, un des plus grands acteurs de la construction navale et de yachts de plaisance, et de l’autre, propriétaire de l’Almax, un navire qui incarne clairement la manière dont les bateaux évoluent pour polluer moins. Long de 50 mètres, le Sanlorenzo 50Steel est en effet le yacht le plus écologique jamais construit par le groupe. Cela grâce au système Siemens Energy, qui produit de l’énergie via des piles à combustible alimentées par de l’hydrogène, lui-même généré par un processus de reforming, à partir de méthanol vert. Ce système modulaire, qui génère jusqu’à 100 kW de puissance maximale, est destiné à alimenter les installations de bord, et est assisté par des batteries au lithium de dernière génération. C’est une solution innovante qui permet au bateau d’utiliser l’électricité générée à bord, tout en gardant éteints les moteurs et les générateurs. De quoi améliorer aussi le confort à bord (puisqu’il n’y ni bruit, ni vibrations), et prolonger la durée d’ancrage sans consommation de diesel.

Chez Baglietto aussi, on explore l’hydrogène comme alternative aux combustibles fossiles, mais la voie empruntée ici n’est pas celle de la transformation du méthanol vert. En 2023, la marque au goéland, qui fête cette année ses 170 ans, a présenté son système Baglietto BZero, destiné pour l’instant à générer de l’énergie pour la seule partie hôtelière des mégayachts de plus de 50 mètres de long. Le prototype a été installé et fonctionne dans les infrastructures du chantier naval de La Spezia. Il s’agit d’un module qui, à partir d’eau de mer filtrée et déionisée, produit de l’hydrogène grâce à un système d’électrolyseurs, alimenté par des sources d’énergie renouvelables (panneaux photovoltaïques) et/ou par le réseau électrique terrestre. L’hydrogène produit est ensuite stocké à basse pression et à température ambiante dans des hydrures métalliques. De là, il est envoyé aux piles à combustible, qui utilisent l’hydrogène comme combustible pour produire de l’électricité sans aucune émission de polluants, et sans bruit.

Le Seadeck 6, long de 17,5 mètres, a été présenté en avant-première au Salon de Venise 2024 comme le yacht le plus durable jamais produit par Azimut Yachts. Résultat d’une approche holistique de la conception, centrée sur l’individu et son bien-être, il est le premier modèle de la nouvelle série Seadeck d’Azimut. Pour réduire les émissions de CO2 et la consommation énergétique, il combine une réduction du poids de la superstructure en carbone, à une nouvelle coque optimisant la friction, même à basse vitesse. Il introduit également un système innovant, le Mild Hybrid Zero Emission Hotel Mode, qui, grâce à des batteries au lithium de 42 kWh, permet à la fois de rester à l’ancre sans émissions, et de naviguer sans générateur, alimentant les installations à bord et réduisant ainsi encore plus la consommation. Azimut étend également sa recherche de solutions plus durables aux matériaux, en introduisant des alternatives naturelles, recyclées ou recyclables. Par exemple, du liège plutôt que le traditionnel teck pour le revêtement extérieur, ou des moquettes fabriquées avec du R-PET, recyclable à l’infini. Ce même matériau, équivalant à environ 15.000 bouteilles en plastique récupérées, constitue 30 % de la structure du Seadeck 6.

Avec l’Infynito 90 et l’Infynito 80, Ferretti Yachts a introduit le Ferretti Sustainable Enhanced Architecture, un ensemble de solutions respectueuses de l’environnement. Parmi les plus significatives, un système intégré qui combine l’énergie solaire générée par les panneaux photovoltaïques de la superstructure, à une Energy Bank, constituée de batteries au lithium offrant jusqu’à huit heures à l’ancre en mode zéro émission, et sans bruit. Sur le plan énergétique, cela représente 80 % d’économie de carburant, bien sûr une réduction équivalente des émissions de CO2. Une attention particulière a aussi été portée aux matériaux éco-responsables : tissus naturels, fibres de bambou, cuirs reconditionnés et matières recyclables, ou encore peintures écologiques à base d’eau et teck lamellé certifié FSC pour toutes les parties extérieures.

Par Fabio Petrone
