À 94 ans, Simon Gronowski, rescapé belge de la Shoah, publie Plaidoyer pour la paix, un ouvrage destiné en priorité aux jeunes générations. Depuis plus de vingt ans, il témoigne en Belgique et à l’étranger de son histoire : en 1943, à 11 ans, il échappe à la déportation lorsque sa mère le pousse hors du « 20e convoi » en route vers Auschwitz. Devenu avocat, il avait déjà relaté son parcours dans L’Enfant du 20e convoi (2005), un récit fondé sur une documentation précise pour répondre au négationnisme.
Dans ce nouveau livre, Gronowski souhaite transmettre un message accessible, centré sur l’espoir, la paix et la réconciliation. Il explique s’adresser aux jeunes parce qu’ils « sont le peuple de demain » et souvent peu informés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Dans les écoles, il dialogue avec des élèves de l’âge qu’il avait lors de son évasion, évoquant son parcours et répondant à leurs questions.

Le rescapé revient aussi sur les éléments qui l’ont aidé à se reconstruire : une enfance marquée par l’affection familiale et, après la guerre, la découverte du jazz, qui devient pour lui un vecteur d’équilibre. Il souligne l’importance du devoir de mémoire pour lutter contre le racisme et l’extrême droite, rappelant que les témoins disparaîtront et que l’histoire devra s’appuyer sur archives et documents.
Interrogé sur la montée de l’antisémitisme, il se dit vigilant mais confiant dans la capacité de la société à réagir. Il évoque également la perte de sa foi, conséquence directe des épreuves vécues durant la Shoah, affirmant rester attaché à son identité juive tout en refusant les étiquettes.
Sur le conflit israélo-palestinien, Gronowski adopte une position de neutralité entre les peuples et insiste sur l’égalité de toutes les vies. Il exprime son opposition aux bombardements visant des civils et appelle à une solution durable pour mettre fin aux violences.
Pour lui, la lutte contre l’extrême droite passe aussi par les urnes. Sans engager de position partisane, il réaffirme son attachement aux valeurs démocratiques et son souhait de sensibiliser les jeunes à la vigilance face aux dérives de haine.
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