Plié de rire, blindé de générosité…

Plié de rire, blindé de générosité…

Nouveau chouchou des Français, roi de l’autodérision, business man et tout récent papa, GuiHome, l’humoriste qui prouve que l’humour belge n’a aucune frontière !

Ce vendredi, nous vous présentons deux nouveaux lauréats distingués lors des Lobby Awards de janvier : un leader wallon et un leader artistique. Vous avez compris le concept du sujet de cette newsletter : deux trajectoires, deux univers, un même fil rouge, transformer un ancrage local en rayonnement international. L’un manie la punchline comme une arme de résilience, l’autre plie le papier pour déplier le monde. Place à l’énergie namuroise et au surréalisme belge.

L’Award du Leader Wallon de l’année

GuiHome

On l’a vu naître dans une chambre d’ado, webcam tremblante et mère imitée avec un sens clinique du détail. Puis, la vague a gonflé. Les vues se sont emballées. Et le gamin d’Erpent a débarqué chez Yann Barthès, dans Quotidien, en marcel et en tongs, pour dynamiter l’actualité à coups de formules dont on se relève en riant, parfois jaune, souvent lucide.

GuiHome, c’est l’art de sembler improviser ce qui est finement observé. Au Collège Notre-Dame de la Paix d’Erpent, il apprend le décalage social comme d’autres le latin. Selon lui : “Devoir s’adapter peut devenir une force”. Cette friction forge un personnage qui “se demande toujours ce qu’il fout là”. Bonne nouvelle : il y est très bien.

L’hyperactivité ? Plutôt une allergie à l’ennui. GuiHome a donc créé un festival,  “Namur is a Joke”, une boîte de production, une agence qui accompagne les sociétés dans le développement de leur image sur les réseaux sociaux, un comedy club, une marque de textile… Il s’est même lancé dans la fabrication de gaufres namuroises, histoire de répondre à Liège. L’entrepreneur a compris tôt que le talent est un actif volatil. Il diversifie. Il structure. Il s’entoure. “Je préfère sortir de ma zone de confort plutôt que de faire la même chose jusqu’à la fin”. Voilà une stratégie plus qu’un slogan.

Et puis, il y a 2016. Après les attentats, une vidéo. Neuf millions de vues. Une leçon d’humanisme, sans pathos. “On a une arme plus puissante que leurs kalachnikovs : l’humour”. La phrase claque encore. L’époque avait besoin d’un rire qui tienne debout. GuiHome l’a offert.

Ceux qui ne voient en lui qu’un “plouc” ratent l’essentiel : sous la caricature se trouve une mécanique précise, une bienveillance assumée, et une ambition qui ne s’excuse plus d’être belge. La preuve ? Les salles sont pleines, ici, en France, au Québec. Le local n’est pas l’ennemi du global ; il en est la source.

Présent sur la scène internationale, Charles Kaisin collabore avec les maisons les plus prestigieuses. Sa signature ? Une inventivité audacieuse, subtilement imprégnée du surréalisme propre à la Belgique.

L’Award du Leader Artistique de l’année

Charles Kaisin

Il y a des créateurs qui signent des objets. Charles Kaisin, lui, signe des expériences. Architecte de formation, designer par instinct, metteur en scène par passion, il navigue entre les disciplines avec une aisance rare. Son credo ? Relier le luxe à l’utilité, l’esthétique à l’éthique, et la Belgique au monde.

Fervent admirateur de René Magritte, il revendique les strates, les décalages, les doubles lectures. Chez lui, rien n’est frontal. Tout est suggestion. Ses célèbres “Dîners surréalistes” en sont la démonstration la plus spectaculaire : de la Banqueting House à Londres au Palazzo Vecchio à Florence, chaque soirée devient une narration totale : scénographie, arts de la table, costumes, rythmes, surprises, un chef étoilé…

Et le prix ? À la hauteur de l’expérience. Selon le lieu, le chef invité et la complexité de la production, le couvert oscille généralement entre 1.000 et 1.500 euros par personne. Certaines éditions privées dépassent même allègrement ces montants. Car on n’achète pas seulement un dîner mais on finance une scénographie totale, parfois proche de la production d’opéra. C’est gigantesque !

Cependant, réduire son travail aux happy few serait une grossière erreur. L’homme qui collabore avec Hermès ou Delvaux signe aussi des objets pour BRU, persuadé qu’un verre bien dessiné peut démocratiser l’élégance. “J’aime l’idée qu’un objet ne soit pas élitiste”, confie-t-il.

Son obsession pour l’origami, apprise au Japon, dépasse la virtuosité technique. Plier, c’est structurer l’espace. C’est accepter la contrainte pour créer la forme. On se souvient des milliers d’oiseaux suspendus dans les Galeries Saint-Hubert pendant le Covid; des installations monumentales pour soutenir l’Ukraine; des œuvres composées de milliers d’éléments assemblés à la main. Le geste est patient, presque méditatif. L’impact, lui, est spectaculaire !

Né à Devant-les-Bois, prés de Namur dans la région wallonne, formé à Saint-Luc puis au Royal College of Art, passé chez les architectes Jean Nouvel et Ron Arad, il n’a jamais rompu avec ses racines rurales. Il parle volontiers des “gens extraordinaires” que notre pays sous-expose. Son travail, au fond, est presque un plaidoyer; la Belgique n’est pas périphérique, elle est laboratoire.

À 53 ans, Charles enseigne, transmet, et expérimente encore et encore. Il recycle aussi. Ainsi des journaux deviennent des bancs modulaires, des magazines des fauteuils. Transformer l’éphémère en durable, c’est peut-être cela sa véritable signature. Chez Kaisin, l’esthétique n’est jamais gratuite. Elle rassemble. Elle élève. Et rappelle qu’un petit pays, comme le nôtre, peut produire de très grandes idées, pour peu qu’on ose les mettre en scène.

Conclusion ?

Deux leaders, deux langages. L’un plie les mots jusqu’au rire, l’autre plie le papier jusqu’à la grâce. Tous deux rappellent qu’en Wallonie, l’audace ne fait pas de bruit inutile. À l’heure où l’on confond vitesse et précipitation, GuiHome et Charles Kaisin choisissent l’élan. Bravo !

Rendez-vous vendredi prochain avec nos derniers lauréats. En attendant, découvrez le dernier magazine Lobby et écoutez le dernier podcast de François Didisheim, Fondateur de Lobby, sur BXFM Radio.

Photo de couverture©photonews

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