Vainqueur de la 154e édition du British Open, Fox est le 3e Néo-Zélandais à s’imposer en major. Retour sur une performance d’autant plus belle qu’inattendue.
Par Hugues Feron
La vie de Ryan Fox a changé le 19 juillet dernier, à l’issue d’un putt de 4 mètres pour birdie sur le 18e trou du Royal Birkdale, lui assurant avec un coup d’avance sa première victoire en major. Et ce avec un petit coup d’avance sur l’Américain Cameron Young, revenu miraculeusement dans la course grâce à une dernière carte phénoménale de 64 sur le links anglais.
Vainqueur à dix coups sous le par, Fox est donc resté solide jusqu’au bout, lui qui avait sorti le grand jeu la veille (62, avec 9 birdies). Il partageait ainsi la partie de tête avec l’Américain Sam Burns, un ton en-dessous le dernier jour pour accrocher finalement la 3ème place, devant le duo Fleetwood-Scheffler.
Globe-trotter avec la Claret Jug
Ce succès lui a ainsi permis de soulever la célèbre « Claret Jug », et de l’emporter avec lui à Londres, où ce véritable globe-trotter a élu domicile avec son épouse Anneke Fox-Ryff et leurs deux filles Isabel et Margot, âgées de 6 et 3 ans.
« Avant cette victoire, je n’avais quasiment pas fait une seule conférence de presse tout au long de l’année. C’est dire que mon niveau de jeu n’intéressait pas grand-monde… » souriait le Néo-Zélandais de 39 ans, dont le swing, particulièrement efficace, n’est pourtant pas un modèle du genre ! Il a pris ensuite un peu de repos avant de disputer les play-offs de la Fedex Cup. « Je vais donc essayer de m’habituer à cette nouvelle vie plus animée, alors qu’on me demande maintenant de signer des autographes, y compris en rue ou à l’hôtel, ce qui ne m’était jamais arrivé auparavant… »
22ème mondial à l’issue du British Open, soit son meilleur classement en carrière, Fox est sorti ainsi de l’anonymat relatif dans lequel il se complaisait depuis près de 15 ans et ses débuts professionnels en 2011. Une carrière marquée uniquement jusque-là par deux succès sur le PGA Tour (dont le Canadian Open 2025) et quatre autre succès sur le DP World Tour, dont l’Alfred Dunhill links Championship en 2022 et le BMW PGA Championship à Wentworth en 2023.
Fête arrosée avec la Coupe…
Reconnu désormais des deux côtés de l’Atlantique (et du Pacifique…), le Néo-Zélandais ne tire pas de plan sur la comète pour autant. « Je continue pour l’instant ma vie de globe-trotter, avec cette Claret Jug dans mes bagages… » racontait-il ainsi lors de la première manche de la FedExCup. Il a notamment ressorti le Trophée lors d’un dîner de célébration avec les membres de son Team Srixon, son équipementier de longue date. « On a posé la Claret Jug au milieu de la table d’un restaurant de grillades, et on a versé délicatement du vin dedans avant d’y boire un coup à tour de rôle, c’était vraiment cool à faire… » s’amusait-il.
Fox est également retourné dans son pays il y a quelques semaines pour fêter cela en beauté, à nouveau avec son précieux Trophée à portée de main. « A vrai dire, il ne me quitte pas, et je profite pleinement de ces moments » souligne celui qui a rejoint Bob Charles (British Open 1963) et Michael Campbell (US Open 2005) parmi les « Kiwis » vainqueurs en major. Soit une performance qu’a également réalisée Lydia Ko au niveau féminin. A noter que, lors de son retour à Auckland, il a réussi à jouer une partie de golf avec quelques amis, en laissant la Claret Jug au pro-shop pendant qu’ils jouaient. Aux dernières nouvelles, elle est toujours entière, et devrait revenir en Grande-Bretagne l’an prochain pour la 155e édition…
