Dans Une pension en Italie, Philippe Besson explore un lourd secret de famille enfoui depuis l’été 1964. Cette année-là, Paul Virsac, 44 ans, part en vacances en Toscane avec son épouse Gaby et leurs deux filles. Installée dans une modeste pension à San Donato in Poggio, entre Sienne et Florence, la famille voit son destin basculer lorsque Paul disparaît mystérieusement trois jours après leur arrivée. Les circonstances ne seront jamais évoquées : sous l’autorité de Gaby, le silence s’impose et le drame devient tabou.

Des décennies plus tard, le narrateur, petit-fils de Paul et écrivain, décide de percer ce mystère et de comprendre ce qui a été tu. À la frontière entre fiction et autobiographie, Philippe Besson interroge la part de vérité et d’invention dans son récit, fidèle à sa démarche littéraire. Comme dans Arrête avec tes mensonges ou Un certain Paul Darrigrand, il puise dans l’intime pour toucher à l’universel.

Au cœur du roman : la découverte tardive de l’homosexualité de Paul. À 44 ans, marié et père de famille sincèrement attaché aux siens, il se confronte à une vérité longtemps refoulée. Besson rappelle qu’au début des années 60, l’homosexualité était criminalisée et considérée comme une maladie – elle ne sera retirée de la liste des troubles mentaux par l’OMS qu’en 1990. Si la société a évolué, l’auteur souligne que la honte, les violences et les discriminations persistent encore aujourd’hui.
À travers cette enquête familiale, Une pension en Italie pose une question essentielle : quel prix est-on prêt à payer pour vivre conformément aux attentes sociales plutôt qu’à sa vérité profonde ?
