Comment une automobile devient-elle un symbole de désir ? Parfois, il suffit d’un coup de foudre. D’autres fois, la séduction est plus lente, basée sur des détails. Voici cinq modèles hautement désirables.
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Des marques à l’histoire riches et au charme puissant. Des modèles à fort impact émotionnel. Mais comment expliquer le pouvoir de séduction d’une voiture ? Dans certains cas, elles sont tout simplement irrésistibles et exercent un attrait immédiat. Dans d’autres, sans être la plus puissante, ni la versions la plus extrême, elles ont le talent de séduire avec le temps. Point de coup de foudre, mais une passion progressive, qui se développe à mesure que l’on découvre chaque détail.

Porsche expliquait jadis que quelque quarante éléments définissent l’iconique 911. On peut les reconnaître même dans le noir, simplement en caressant la voiture. Sur la nouvelle Ferrari 296 GTB, les ailes arrière évoquent une illustre aïeule ayant marqué l’histoire du design autant que celle de la compétition : la Berlinetta 250 LM de 1963. Elle est la preuve que certains liens sont éternels. Le lien entre élégance et vitesse, par exemple. Ou celui entre luxe et performance. À l’aube du Futurisme, les croquis d’automobiles étaient déjà prolongés de traînées graphiques, suggérant le mouvement et exaltant le mythe de la vitesse. L’aérodynamique n’était pourtant pas encore primordiale. Elle ne le devint que vers la fin des années 1930, lorsque les carrosseries de course dites « streamline » (ou stromlinie en allemand) s’ornèrent de longs capots et d’habitacles à poupe effilée. L’essence même de la vitesse, même à l’arrêt.

La marque Ferrari naît en 1947, mais l’aventure de la Scuderia commence presque vingt ans plus tôt, avec déjà une obsession pour les moteurs. La toute première 125 S comptait déjà 12 cylindres. 75 ans plus tard, voici la 296 GTB : élégante et rapide, luxueuse et performante, elle s’inspire directement de la 250 Berlinetta LM (LM pour Le Mans). Née pour la course en 1963, elle est gravée dans l’imaginaire collectif peut-être plus pour ses lignes reconnaissables entre toutes que pour sa victoire aux 24 Heures du Mans en 1965, face aux Ford GT40 à moteurs 7.0 litres. Aujourd’hui, ces deux Ferrari sont-elles perçues comme des icônes d’élégance ou de sportivité ? Comme des voitures de gentlemen ou de pilotes ? Difficile à dire, tant le lien est indissociable.

Duel teutonique que celui qui oppose Audi et Mercedes-AMG, aujourd’hui division sportive de Mercedes-Benz. Deux marques longtemps rivales en course, chacune avec ses propres Silberpfeile, les fameuses flèches d’argent. Voici deux voitures aux philosophies comparables, dotées de moteurs similaires et de puissances impressionnantes. Mais leurs lignes radicalement opposées rendant le choix particulièrement difficile. Plus agressive, l’Audi RS 6 Avant GT, série limitée à 660 exemplaires, développe 630 chevaux, abat le 0 à 100 km/h en 3,3 secondes et file à 305 km/h, le tout sous les traits d’un break spacieux, posé sur une suspension de course. La Mercedes-AMG GT 63 Pro 4Matic+ porte quant à elle une robe de coupé, prête pour la piste mais visuellement plus « tempérée » – à l’exception de son aileron arrière – que l’Audi. Moins puissante, avec ses 617 ch, elle fait pourtant mieux face au chrono : 0 à 100 km/h en 3,2 secondes, vitesse de pointe à 317 km/h. Production : limitée à seulement 200 passionnés. Dans les deux cas, les liens entre élégance et vitesse, luxe et performances, sont tout aussi puissants, mais exprimés selon des sensibilités différentes.
Par Nicola Bonetti
