Publié le 16 mars 2021

Beach Pearl !

Par Shana Devleschoudere
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En 1855, la côte n’est encore qu’une dune peu développée. Charles-Joseph Serweytens y achète une bande de dunes d’environ 300 hectares, située devant Heist et Knokke, à l’époque encore deux villages disgracieux, chacun avec un bon millier d’habitants dont les principales activités économiques sont la pêche et l’agriculture.

Mais sa soif de terre n’est pas encore satisfaite, si bien qu’il rachète encore quelques lots et, lorsqu’il décède, sa veuve Félicie de Mercx exerce son droit de reprise sur l’ensemble du domaine, estimé à 64.420 francs belges. Même si les terrains restent indivisibles et sont peu rentabilisés, Charles-Joseph y avait néanmoins fait des travaux : terrassement, extraction de canaux, pose de sable et plantation des forêts. Une ville balnéaire est née…. Il revient à Félicie la construction d’une première digue à Heist et, dans un souci d’y accéder, elle conclut des accords avec la compagnie ferroviaire Brugge-Blankenberge. En 1869, elle y fait ériger une première villa dans ses dunes. Heist-sur-mer est en train de devenir une station balnéaire à part entière où il n’est pas rare de croiser le Roi Léopold II, ami de Charles-Joseph, qui disposait d’une autorisation lui permettant de venir se promener dans le domaine privé de la famille Serweytens.

Prospérité
Avec Blankenberge et Ostende, Heist-sur-mer devient l’une des stations baln.aires les plus chics de Belgique. La plage y est noire de monde et les cabines de bain à roues y sont tirées sur la plage jusque dans la mer par des chevaux de trait afin que les baigneurs puissent s’y changer et plonger immédiatement dans l’eau sans trop devoir s’exposer au vu et au su de tout ce beau monde. De nombreux bateaux de pêcheurs y constituent l’attraction par excellence, pour servir d’arrière-plan à une photo ou, pour les plus téméraires, y aller faire un petit tour en mer. Pour accueillir cet afflux de touristes, on assiste alors à un véritable boom de la construction : outre les hôtels, on construit un phare, une digue et le Kursaal, véritable coeur de la vie mondaine avec salon de thé et dancing.

Cataclysme
Mais la guerre vient rompre l’idylle. Heist-surmer subit de nombreux dommages causés par les bombardements et bon nombre de bâtiments sont détruits. L’entre-deux-guerres est une brève période de reprise qui permet à certains lieux d’être restaurés, mais la Seconde Guerre mondiale signe la fin de la station. Le Kursaal est incendié, les écluses des canaux et la ligne de tramway sont détruites. Knokke de son côté est en plein essor, notamment grâce à une route côtière, une gare et même un champ d’aviation, lui permettant d’attirer un public de plus en plus mondain. Voilà pourquoi, en 1971, Heist devient une section de la commune de Knokke-Heist.

Seconde jeunesse
Aujourd’hui la commune ambitionne de réinscrire Heist sur la carte en tant que station balnéaire touristique. Et ce, grâce entre autre à un nouveau boulevard, à la refonte de l’ancienne piscine, à la construction d’un tout nouveau Community Center et au réaménagement de la Heldenplein.

Extrait tiré du Zoute Paper été 2020.