Le Californien de 31 ans, émigré sur le LIV Golf, a remporté son deuxième US Open, survolté par le public de Pinehurst.
Bryson DeChambeau, “la tête et les muscles”, avions-nous l’habitude de le dénommer ces dernières années. Le Californien bodybuildé a cependant changé de régime alimentaire, et perdu beaucoup de masse musculaire. Tout en gardant sa puissance de feu lui permettant de frapper des “bombes” au drive à 330 yards de moyenne, et disposant d’un jeu de fers de la même taille très régulier, et d’un putting tout aussi particulier.
A vrai dire, seul Rory McIlroy (voire Jon Rahm) peut le concurrencer actuellement dans le long jeu. Comme ce fut le cas notamment lors du dernier US Open, après un duel épique à distance perdu par le Nord-Irlandais dans les circonstances que l’on connaît. Ce qui n’enlève rien à la performance de Bryson DeChambeau, vainqueur de son deuxième US Open devant un public américain de Pinehurst chauffé à blanc.

Qu’on l’aime ou pas, le Californien désormais âgé de 31 ans, ne laisse en effet personne indifférent. Y compris sa petite amie, l’influenceuse Lilia Schneider, avec qui il reste très discret. Ses nombreux fans, qu’il abonde de vidéos sur Youtube et d’images sur Instagram où il se met en scène tel un “entertainer”, ont il est vrai peu d’occasions d’apprécier son jeu. Et ce en dehors du LIV Golf, où il a émigré désormais depuis plus de deux ans. C’est bien simple, cette saison, il n’a disputé que les “majors” en dehors. Avec des excellentes performances à la clé puisque, outre sa victoire à l’US Open, il a terminé 6ème du Masters remporté par Scottie Scheffler en étant longtemps à la lutte pour la gagne à Augusta, mais aussi deuxième de l’USPGA de Valhalla, à un coup d’un Xander Schauffele en état de grâce. Seul le British Open fut un ton en-dessous, le parcours du Royal Troon ne correspondant il est vrai pas exactement à son jeu de “Bomber”.

DeChambeau est ainsi le genre de joueurs toujours capable de faire vibrer les foules. Privé de Ryder Cup l’an dernier, il devrait retrouver les grâces du nouveau capitaine US Keegan Bradley sous forme d’une “captain pick”, alors qu’il aura bien du mal à se qualifier directement. A moins de remporter un troisième major l’an prochain, en enfilant par exemple une Green Jacket qui lui siérait à merveille ! En attendant, ce joueur, qui a un goût immodéré pour le show, a perdu en visibilité en faisant le choix des millions de pétrodollars du LIV. Un choix que les responsables des instances mondiales du golf doivent regretter autant que ses fans. Parfois déroutant, voire même agaçant quand ce licencié et passionné de physique étudie la pression atmosphérique ou la pente adjacente à la ligne de putt avant de jouer un coup, le Californien fait en tout cas assurément partie des cinq meilleurs joueurs du monde actuel. Le natif de Modesto -ça ne s’invente pas…- sait également faire preuve de sagesse aux moments opportuns, son par réalisé sur le 72e trou de l’US Open étant un modèle du genre, alors qu’il n’agresse désormais plus en permanences les parcours piégeux. Ce showman dans l’âme s’en excuserait presque auprès de son public. Excentrique, oui, mais scientifique avant tout !
Par Hugues Feron
