Cette année, lors de chaque numéro, Play Golf vous a emmené en week-end, vers une destination golfique qui peut se réaliser aisément en 2 ou 3 jours depuis la Belgique. Mobilité, parcours, restaurants, hôtels… nous avons testé les différentes alternatives pour vous garantir un « week-end » inoubliable. Pour ce dernier numéro, nous nous sommes arrêtés dans un lieu très prisé des golfeurs belges : le Kent.
La région du Kent compte à elle seule plus de 80 golfs, dont un certain Royal St. George’s Golf Club, l’une des tournantes de The Open, souvent classé dans les plus beaux parcours du monde. Pour certains golfeurs belges, c’est sans doute un rêve de fouler les greens mythiques de Sandwich Bay et son trio de links magiques que sont Prince’s Golf Club, Royal Cinque Ports Golf Club et donc bien sûr « George’s ». Un rêve qui peut, vous allez le lire, devenir réalité avec quelques adaptations, tant du point de vue du coût que de celui de temps de trajet. Le tout en un week-end.
Prince’s Golf Club
Après 5h00 de route (sans embouteillages) depuis Bruxelles, en étant passé par Calais, avoir emprunté le Chunnel et roulé à gauche pendant une bonne trentaine de minutes, vous entrez sur un chemin privé où se trouvent plusieurs villas. Quelques minutes après avoir serpenté à travers les rues étroites de la localité, vous voyez enfin la mer. A gauche toute, vous empruntez un passage qui longe « George’s » d’un côté, et la mer, de l’autre. Au loin se trouve The Lodge et un peu plus loin encore, le clubhouse de Prince’s. Des dizaines de golfeurs s’amusent sur l’énorme putting green face au clubhouse… ici, il est conseillé de putter (même au-delà de 20 mètres) plutôt que de faire une approche, en raison du vent, de la hauteur du green (généralement surélevé) et de la qualité des avant-greens. Nous jouons Dunes-Himalayas, aux dépends de Shore (rivage), ces deux boucles aux noms de reliefs sont les plus « picturesque » des trois, nous dit-on. Sur papier, le parcours semble très abordable en termes de distance (6130 mètres des ‘black’ back tees). Mais très vite, malgré les conditions météorologiques parfaites et une légère brise, nous nous rendons compte que le challenge ne sera pas si simple à relever. Le premier trou de Dunes, un dogleg gauche de près de 420 mètres, fait figure d’entrée en matière costaude. Cette première boucle nous emmène vers le sud du parcours et donc vers le Royal St George’s qui n’est séparé de Prince’s à cet endroit que par une simple clôture au-delà du trou numéro 5. Au milieu des dunes, tout coup joué sans analyse préalable du parcours et en faisant rouler la balle vous emmènera irrémédiablement dans un bunker. Autant que vous le sachiez, ils sont hostiles et terriblement pénalisant avec leurs lèvres de baleines qui vous obligent même parfois à jouer en arrière. Si vous échappez à ces chausse-trappes, vous conserverez vos chances de birdies -ou de par- sur la plupart des trous… à condition bien sûr de ne pas vous laisser piéger par les pentes diaboliques des greens lors de vos approches, qui vous obligeraient à vous démener au putting, si vous ne souhaitez pas sortir avec le bogey (voire un double-bogey). Le parcours initial se composait de 18 trous et a été construit en 1906 par Charles Hutchings, un champion amateur. En 1950, à la suite de dégâts provoqués par la deuxième guerre mondiale, le parcours est complètement remodelé en 27 trous, qui ressemblent à ceux qu’on connaît aujourd’hui. Les trois boucles ont toutefois connu plusieurs rafraichissements. La dernière en date concerne celle d’Himalayas. Ce 9 trous est généralement considéré comme le préféré des joueurs, bien que ce soit celui qui soit le moins typés « links » avec ces quelques arbres visibles le long du parcours. Il possède le signature hole (le 5 d’‘Hims’), un court par-3 de 100 mètres, précédé d’un tronc d’arbre sur lequel est inscrit « Bloody point », pour rappeler qu’ici eut lieu une bataille navale sanglante en 851 de notre ère. Le point de vue depuis ce trou, placé devant la côte, est splendide, avec une vue dégagée sur des kilomètres de plages. Il est succédé par le plus long par 5 du parcours, d’une distance de 500 mètres, piégeux à souhait avec son étendue d’eau sur sa droite.

The Lodge
Après cette journée passée dans une sorte d’univers parallèle, nous séjournons au Lodge. L’agréable petit verre en terrasse nous permet de rester immergés, alors que nous admirons les joueurs puttant le trou numéro 6 de « Shore ». Nous rejoignons ensuite le restaurant où nous attend un burger « Morikawa », du nom du dernier vainqueur de The Open à St Georges. La soirée se poursuit avec une partie de snooker, avant de regagner le lodge numéro 4, où un portrait de Rickie Fowler rappelle que l’Américain a logé ici-même lors du majeur britannique. Outre son caractère historique, qui a vu passer les plus grands joueurs du monde, le grand atout du Lodge est évidemment sa proximité avec le parcours. Certes, Prince’s n’a pas la même histoire que celle de son grand frère, mais il a déjà accueilli The Open en 1932 et représente une magnifique opportunité de jouer l’un des rares links qui se trouvent à proximité de la Belgique… et à prix tout à fait concurrentiel, puisque la nuit et la partie vous coûtent environ 300 € par personne en pleine saison (en prenant le package).

Canterbury Golf Club
A proximité immédiate des golfs de Sandwich Bay se trouve la très charmante ville de Sandwich, ses pubs, son pont, ses petites églises et ses restaurants. En roulant un peu plus loin, vous accédez très rapidement à Canterbury, lieu chargé d’histoire avec sa cathédrale, classée au patrimoine mondial de l’Unesco et siège de l’anglicanisme.
En bordure de ville est situé le Canterbury Golf Club, dessiné par l’un des plus grands architectes de tous les temps, à qui l’on doit environ 150 golfs en Europe, dont notamment le Royal Zoute Golf Club, le golf du Touquet ou encore le Royal County Down ou le Royal Portrush. « Nous sommes dans l’un des temples de Harry Colt, confie Roger Hyder, joueur professionnel et general manager de Canterbury GC. Le par-3 du trou numéro 2, par exemple, est une réplique inversée du trou numéro 2 du parcours ouest de Wentworth, l’un des chefs d’œuvre de l’architecte britannique. » Avec l’installation d’un toptracer qui s’ajoute à une zone d’entraînement très qualitative et ses greens manucurés, Canterbury investit pour entrer dans une autre dimension. « Notre objectif n’est pas de rivaliser avec les parcours qui ont accueilli The Open, mais nous avons l’ambition d’entrer dans le top 10 des meilleurs golfs du Kent, ce qui est déjà d’un très haut niveau. » Ce parcours de parc est très agréable avec des trous variés qui vous permettent de passer un excellent moment. Les tees de départ sont parfois surélevés, surtout sur le back 9, avec plusieurs points de vue carte postale. Le par-4 du trou numéro 12 est considéré comme le trou signature. Le premier coup de ce dogleg gauche en descente est assez compliqué, avec son fossé qui longe la partie gauche du fairway. Le par-5 du 18 vous ramène au clubhouse avec un dernier coup que vous jouez devant les tables extérieures du restaurant du club. Que dire du coût pour jouer sur ce parcours ? 85€ le greenfee le week-end pour avoir accès à un terrain magnifiquement entretenu, en pleine saison… C’est l’un des meilleurs rapport qualité-prix de la région, qui vous permettra de passer un bon moment en limitant vos dépenses et compléter parfaitement votre escapade golfique de Sandwich Bay.
Penser au Kent, c’est s’offrir une parenthèse historique dans un des lieux mythiques du golf britannique, à un prix qui reste plutôt démocratique et à une portée de drive de notre pays. Pensez-y… pour un week-end de golf qui vous offrira une parfaite déconnexion, de l’autre côté de la Manche.
www.princesgolfclub.co.uk/stay/the-lodge
www.canterburygolfclub.co.uk/
Par Thibault Balthazar
