La légende de Saint-Tropez y est née dans les années 50, faisant du village de pêcheurs peu connu la plus glamour des destinations. Fondé par Jean Castel, prince visionnaire des nuits parisiennes, l’hôtel devient le fief fétiche des célébrités de l’époque, de Brigitte Bardot à Alain Delon, Picasso ou Jean-Paul Sartre. Ressuscité par la designer Monica Damonte, L’Épi 1959 a retrouvé sa superbe. Magistral.
Par Aurélia Dejond
Il est le premier repaire des célébrités des sixties, alors que Saint-Tropez commence à peine à faire parler d’elle, depuis le film de Roger Vadim, Et Dieu… créa la femme. C’est sur la plage sauvage voisine de Pampelonne, à Ramatuelle, que Jean Castel, phénix des nuits parisiennes, et Albert Debarge, entrepreneur, à l’origine du célèbre Épi Club à Paris, fondent son pendant provençal, club de jour et véritable lieu de fête et de liberté. Le succès est fulgurant. Au point d’inspirer Alain Page pour son roman devenu le film culte éponyme, La Piscine, ou que Brigitte Bardot y organise un show d’anniversaire retransmis à la télévision : en plein âge d’or de la French Riviera, l’adresse construit sa légende. Audrey Hepburn, Juliette Gréco, Johnny Halliday, Natalie Wood, Serge Gainsbourg, Michel Berger, Sacha Distel, Eddie Barclay, Françoise Sagan, le couple Pompidou, tous ont contribué à faire de l’Épi un lieu mythique. « Table d’hôtes, maison d’amis, restaurant de plage, night-club, il se veut anticonformiste dès le début », raconte Aliaume Margeon, Maître de Maison.

Un revival magistral
Refuge intimiste devenu le club le plus exclusif de la Méditerranée, l’adresse est rachetée en 2018 par la famille McCourt, fondatrice du groupe américain éponyme et amoureuse de la Côte d’Azur. Elle la confie à l’architecte italienne de renom Monica Damonte pour en ressusciter l’âme et l’esprit bohème chic. « On est loin des codes bling-bling des resorts de la Côte d’Azur. L’authenticité reste le maître-mot. Mobilier en rotin, tissus fleuris rétro, céramiques vintage, terrain de pétanque, neuf bungalows entièrement rénovés et posés sur la plage, dont on franchit la porte comme on entrerait chez des amis ou dans la maison de vacances familiale », se réjouit Aliaume Margeon. Une autre vision du luxe, un art de vivre magnifié qui mêle subtilement l’esprit sixties avec des notes contemporaines. Quant au parc, il a été repensé par le paysagiste californien Madison Cox, à qui l’on doit le superbe jardin Majorelle à Marrakech. Un écrin naturel entre vignobles, cyprès, oliviers, lauriers roses, lavandes et colzas.
Se ressourcer…
Un spa dédié à la détente, à la beauté et au bien-être avec des rituels pointus Biologique Recherche, un salon de coiffure griffé Frédéric Fekkai, un accès privilégié au Golf Club Saint-Tropez et au parcours dessiné par le mythique Gary Player, un spectaculaire deck de yoga face à la mer, deux espaces de fitness, deux piscines d’eau douce, dont l’iconique bassin en mosaïques bleu azur cher aux célébrités, on se fait du bien avec des activités sur-mesure (possibilité de coaching privé) : sentiers du littoral, scooters et paddles des mers, VTT électriques et tennis sur les deux cours en terre battue synthétique parrainés par la légende mondiale, John McEnroe, qui y organise sur réservation un tournoi cet été, pour les résidents et les membres.

…et se faire plaisir !
Pour la saison 2024, si vous n’êtes que de passage, l’Épi ouvre son restaurant pour la première fois à la clientèle extérieure (sur réservation). Aux fourneaux, le célèbre chef de la région varoise, Paolo Amadori, virtuose des bons produits, promet de créer des émotions culinaires italiennes au superlatif. Une destination en marge du monde et la seconde vie d’une icône du patrimoine dans un lieu hautement préservé, loin de l’agitation de la foule.
