Manon De Roey a remporté l’Australian Women’s Classic, son troisième titre sur le Ladies European Tour. De quoi la remettre en pleine confiance avant d’évoluer un maximum sur le LPGA Tour américain.
« Je savais que je devais rentrer mon dernier putt pour birdie… et je l’ai fait en gérant parfaitement mon stress, cela fait vraiment plaisir ! » commentait Manon De Roey, tout sourire à l’issue de l’Australian Women’s Classic, épreuve du Ladies European Tour dotée de 300 000 euros disputée sur le parcours de Coffs Harbour. Soit une ville située sur la côte Est australienne, à proximité de Gold Coast et Brisbane, où elle a donc frappé un grand coup d’entrée. Ou presque, puisqu’elle avait déjà disputé deux autres tournois cette saison dès février, n’ayant cependant pas passé le cut ni au PIF Saudi Ladies International Open à Ryadh, ni à la Founders Cup à Bradenton (Floride) sur le LPGA Tour américain, tandis que le cyclone Alfred avait empêché l’organisation des autres tournois prévus en terres australes.
Coachée par Jérôme Theunis à Abu Dhabi
A vrai dire, ce troisième titre sur le LET, après ceux conquis en 2022 en Thaïlande (Bangkok) et à l’Open d’Afrique du Sud au Cap l’an dernier, était ce qui pouvait arriver de mieux à Manon de Roey (33 ans) avant de replonger pleinement dans le grand bain du LPGA Tour américain.
L’Anversoise a en effet décidé d’y retenter sa chance après un premier succès infructueux en 2023. Mais depuis lors, elle a passé un nouveau palier dans sa carrière, et dispose de plusieurs armes supplémentaires dans son jeu, peaufiné avec son coach Jérôme Theunis. Elle sortait d’ailleurs d’une session d’entraînement auprès de lui, à Abu Dhabi, avant sa victoire australienne. Elle peut aussi toujours bénéficier des conseils de Michel Vanmeerbeek, désormais Head-pro dans son home-club de Rinkven.

Caddyée par l’Espagnole Maria Beautell
Par ailleurs, obligée d’évoluer avec un ou une caddie sur le LPGA Tour, Manon De Roey disputait son premier tournoi en compagnie de Maria Beautell, une ancienne joueuse espagnole qui lui a prodigué de précieux conseils pour ce troisième titre, conquis avec un petit coup d’avance sur l’Anglaise Cara Gainer, et un chèque de 45 000 euros à la clé.
« Elle a toujours progressé lentement mais sûrement. C’est une véritable bosseuse, très appliquée dans tous les secteurs du jeu« , signalait par ailleurs son manager Andy Hancock, avec qui elle a repris sa collaboration en 2024. Il est vrai que de plus en plus de sponsors s’intéressent à la n°1 belge, qui a disputé ses deuxièmes Jeux olympiques l’an dernier. Et ce lors d’une saison où elle a véritablement éclaté au plus haut niveau européen avec, outre son titre en Afrique du Sud, deux places de runner-up, dix Top 10 et une deuxième place finale à l’ordre du mérite du LET 2024, derrière la Suissesse Chiara Tamburlini. La cerise sur le gâteau ne fut pas une sélection en Solheim Cup, alors que les meilleures joueuses européennes évoluent toutes aux Etats-Unis. Outre l’aspect financier, c’est sans doute aussi cela qui a poussé un peu plus Manon De Roey a retenter sa chance aux Etats-Unis. L’Anversoise a ainsi disputé la finale de la Qualifying School du LPGA Tour, où elle a terminé à la quatrième place, à 17 coups en-dessous du par via cinq excellentes cartes (67-69-68-67-70) sur le parcours de Magnolia Grove à Mobile, en Alabama. Une performance qui lui a permis de recevoir une full card pour le LPGA Tour 2025, et donc de disputer quasiment tous les tournois l’an prochain sur ce circuit, le seul véritablement rémunérateur au niveau féminin.
Sur les traces de Florence Descampe
A elle désormais d’y réaliser l’une ou l’autre belle performance, sous forme notamment de Top 10. Nettement plus affûtée, y compris au niveau physique et mental, Manon De Roey pourra en tout cas y jouer à armes égales contre ses adversaires américaines et asiatiques du top mondial. Et y décrocher, pourquoi pas, une première victoire sur le LPGA américain. Un exploit qu’aucune Belge n’a plus réalisé depuis 33 ans, et la victoire de la Brabançonne Florence Descampe au McCall’s LPGA Classic en 1992. Après ses succès en Asie, en Afrique et en Australie, Manon De Roey est en tout cas prête à vivre l’American Dream !
Par Hugue Feron
