PREVIEW 2025/RYDER CUP

PREVIEW 2025/RYDER CUP

L’Europe défendra son titre du 26 au 28 septembre à Bethpage, à proximité de New York. Les Américains y seront favoris sur leurs terres, devant un public survolté. Analyse.

« USA, USA » : les traditionnels chants et cris des supporters américains, à la limite du fair-play, résonneront certainement aussi forts que d’habitude sur le Black Course de Bethpage, théâtre du 26 au 28 septembre de la 45ème édition de la Ryder Cup à Farmingdale, dans la banlieue cossue de New York. Une confrontation sportive à laquelle Donald Trump, féru de golf, se fera un plaisir d’assister… et de brandir le drapeau américain si la victoire se dessine du côté le plus étoilé ! A l’entame des hostilités, le Team US du capitaine Keegan Bradley part avec l’étiquette de favori. Même s’ils ont été largement dominés il y a deux ans à Rome par des Européens vainqueurs de dix des 14 dernières éditions, les Américains ont en effet, sur papier, de nombreux atouts.


Meilleur classement mondial


Ils peuvent en effet s’appuyer sur une véritable armada, comprenant sept joueurs issus du top 10 mondial. A savoir, outre Scottie Scheffler n°1 actuellement incontesté, Xander Schauffele, Russell Henley, Justin Thomas, JJ Spaun, Collin Morikawa et Harris English. Soit tous des joueurs actuellement en forme… à l’exception de Morikawa, quand bien même ce dernier a terminé 19ème du Tour Championship, finale des Play-off de la FedExCup. Mais vu son expérience en Ryder Cup, à savoir deux sélections comprenant notamment trois victoires en 2021 à Whistling Straits, Keegan Bradley a préféré prendre Morikawa parmi ses six « picks du capitaine » plutôt que de se sélectionner lui-même. Ce qu’il pouvait pourtant envisager alors qu’il occupe la 11ème place au World Ranking à l’issue d’une belle saison marquée par sa victoire au Travelers Championship. Outre ces sept joueurs du top 10 mondial, les cinq autres font partie quant à eux du top 25. A savoir Ben Griffin, Bryson DeChambeau, Cameron Young, Patrick Cantlay et Sam Burns. Soit autant de joueurs auteurs d’une solide saison sur le PGA Tour, voire uniquement en majors pour Bryson qui sera le seul représentant du LIV Golf côté américain puisque Brooks Koepka, très discret cette saison, n’a logiquement pas été « pické ».


Hojgaard et Rahm hors du top 50 mondial


Face à cette force de frappe, l’équipe européenne s’affiche un petit cran en-dessous sur papier, avec seulement trois joueurs dans le top 10 mondial (Rory McIlroy, Tommy Fleetwood et Robert McIntyre), et seulement neuf des 12 sélectionnés se retrouvant dans le top 25 mondial. Matt Fitzpatrick n’en fait plus partie et peine à réussir des résultats sur le sol américain, tandis que Rasmus Hojgaard et Jon Rahm sont relégués actuellement au-delà du top 50. Ce qui est, il est vrai, une aberration pour l’Espagnol, très régulier dans le top 10 lors de ses 13 tournois sur le LIV Golf et auteurs de deux top 10 cette année en majors (8e au PGA Championship et 7e à l’US Open) après avoir fini 14e au Masters. Une réflexion qui vaut également pour Tyrrell Hatton, dont le classement (25ème) est faussé puisque le joueur du LIV n’a disputé, en deux ans, que 22 tournois (contre un diviseur minimum de 40) comptant pour le classement mondial. Dont deux belles victoires à l’Hero Dubai Desert Classic et l’Alfred Dunhill Links Championship devant Nicolas Colsaerts.


Pas d’auto-sélection


Capitaine de la Ryder Cup désigné depuis de nombreux mois, Keegan Bradley ne s’est donc pas auto-sélectionné en tant que joueur. Contrairement à Arnold Palmer en… 1963. Outre les six joueurs qualifiés via les points du Team ranking US (Scheffler, Spaun, Schauffele, Henley, English et DeChambeau), ses six picks (Thomas, Morikawa, Griffin, Young, Cantlay et Burns) sont actuellement en forme, puisqu’ils ont tous terminé dans le Top 20 final du Tour Championship à Atlanta. Y compris Henley et Cantlay, qui ont partagé la place de runner-up derrière un Fleetwood en état de grâce. « La décision de ne pas jouer avait été prise il y a un moment, a souligné Bradley durant la conférence de presse, fin août au siège de la PGA of America. Ce fut une décision vraiment difficile. Mais tous ces joueurs ont fait un effort remarquable et ont réussi à intégrer cette équipe, tandis que j’ai été choisi pour faire un travail : être capitaine »
Keegan, âgé de 38 ans et qui a fait partie de l’équipe à deux reprises comme joueur, bénéficiera des services et conseils de ses vice-capitaines Brandt Snedeker, Webb Simpson, Kevin Kisner, Jim Furyk et Gary Woodland.


Sans Tiger Woods


A vrai dire, tous les observateurs imaginaient que Tiger Woods allait endosser le rôle. Mais Tiger a déclaré qu’il avait refusé l’opportunité, car il estime qu’il rendrait un mauvais service au Team US, tandis que son poste de « joueur directeur » au board du PGA Tour était, selon lui, incompatible avec un rôle de capitaine.


Quatre débutants chez les Américains


Keegan Bradley a donc décidé de miser sur l’expérience avec l’apport notamment de Justin Thomas (7 victoires et 2 nuls en 13 matchs, invaincu en simple), Cantlay (5 victoires et 1 nul en 8 matchs) et Morikawa (4 victoires et 1 nul en 8 matchs, invaincu en 4 matchs en 2021 à Whistling Straits). Cantlay reste donc bien dans le Team US, lui qui avait été décrié il y a deux ans pour avoir notamment refusé de mettre la caquette du team s’il n’était pas payé en Ryder Cup. Cette année, chaque joueur US recevra une prime de participation de 500 000$, dont 300 000$ seront reversés à des fins caritatives. Bradley a aussi retenu deux rookies supplémentaires (Ben Griffin et Cameron Young) alors que les qualifiés J.J. Spaun et Russell Henley feront aussi leurs débuts en Ryder Cup !


Scheffler et DeChambeau en fers de lance


Au niveau des paires potentielles américaines, difficile de faire des pronostics tant de nombreux joueurs sont interchangeables en fonction de la forme du moment. Mais on imagine déjà que Bradley s’appuyera sur Scottie Scheffler et Bryson DeChambeau, ses deux joueurs majeurs pour les différents doubles. Le n°1 mondial devrait jouer avec Russell Henley (comme lors de la dernière Presidents Cup) ou Sam Burns (l’un de ses meilleurs amis sur le PGA Tour), tandis que Bryson pourrait jouer avec un rookie comme Cameron Young, ou un joueur assez discret comme Harris English. A moins que le capitaine US… ne les associe dans un duo explosif qui avait bien fonctionné il y a quatre ans à Whistling Straits ! Outre ces deux paires, on devrait retrouver également Patrick Cantlay avec Xander Schauffele, au minimum en foursomes, tandis que Collin Morikawa (approches) et Ben Griffin (putting) semblent a priori se compléter. A noter que Justin Thomas sera cette fois orphelin de Jordan Spieth. Ce qui ne sera cependant pas un désavantage pour le Team US pour autant !

Rasmus à la place de Nicolai


Du côté européen, le capitaine Luke Donald a finalement sélectionné quasiment la même équipe impériale en 2023 à Rome. Seul Rasmus, déjà intégré sans jouer dans le Team Europe il y a deux ans, remplace cette fois son frère jumeau Nicolai, trop irrégulier et inconstant depuis plus d’un an. Outre les six joueurs qualifiés d’office via le ranking européen de Ryder Cup (Rory McIlroy, Robert MacIntyre, Tommy Fleetwood, Justin Rose, Rasmus Hojgaard et Tyrrell Hatton), Luke Donald a donc confirmé sa confiance à Shane Lowry, Jon Rahm (vainqueur de la saison sur le LIV Golf, tant en individuel qu’avec son équipe de Legion XIII), Sepp Straka (vainqueur à deux reprises sur le PGA Tour, à l’American Express en janvier puis au Truist Championship en mai à Philadelphie), Viktor Hovland (vainqueur du Valspar Championship et 3e de l’US Open à Okamont), Ludvig Aberg (vainqueur du Genesis Invitational en février) et Matthew Fitzpatrick. Seul ce dernier, dont le record en Ryder Cup est assez famélique (1 point en 8 matchs !), nous semblait en ballottage défavorable, d’autant qu’il peine véritablement à trouver ses marques sur le PGA Tour américain depuis plus d’un an. Ses dernières performances sur le sol européen (5ème à l’Omega European Masters, 6e au British Masters, mais surtout 4ème au British Open et à l’Open d’Ecosse) ont fini par convaincre Donald et son staff de lui donner la préséance face à des joueurs comme Alex Noren, Thomas Detry ou les Anglais Harry Hall, Matt Wallace et Marco Penge, ces derniers étant pourtant très en vue cet été respectivement sur le PGA Tour et le DP World Tour.
Même Sergio Garcia y croyait encore !


Aucun Belge


Cette sélection de Matt Fitzpatrick, pour la 3ème fois comme « captain’s pick », ne fait donc pas les affaires des Belges. Thomas Detry, vainqueur cette année au Phoenix Open sur le PGA Tour, n’a malheureusement pas confirmé cet exploit depuis lors, rétrogradant de la 22ème place mondiale en février à la 44ème place mondiale début septembre. Il n’a donc pas été logiquement sélectionné, tandis que le Suédois Alex Noren, vainqueur du British Masters, se consolera dans un rôle de 5ème et dernier vice-capitaine, aux côtés notamment des trois joueurs scandinaves. Un choix là aussi très logique, mais qui se fait au détriment de Nicolas Colsaerts. Vice-capitaine très en vue à Rome, Nicolas devra se contenter cette fois d’un rôle de consultant pour les médias. Mais restons positifs, cela devrait lui permettre par ailleurs de se concentrer davantage sur sa fin de saison pour tenter de conserver sa carte sur le DP World Tour. A moins qu’il n’ait décidé de tourner définitivement la page à ce niveau, ce qui n’est officiellement pas encore le cas…


Les paires européennes


Concernant les paires européennes, Luke Donald devrait s’appuyer bien évidemment sur Rory McIlroy, mais aussi sur le vainqueur de la FedExCup Tommy Fleetwood (voir par ailleurs). Une première option serait de les associer en foursomes, comme ce fut le cas à Rome. Mais ce n’est en aucun cas une obligation, le Nord-Irlandais et l’Anglais pouvant bien sûr également donner la pleine mesure de leur jeu avec de nombreux autres partenaires ! Par ailleurs, Jon Rahm et Tyrrell Hatton devraient également être confirmés en foursomes, voire également en fourballs, les deux joueurs du LIV étant très complémentaires et s’entendent à merveille. L’Espagnol a par ailleurs été l’un des seuls Européens à tirer son épingle du jeu lors de l’humiliation à Whistling Straits, où il avait remporté trois victoires et partagé un match contre une seule défaite. Nous imaginons également que l’Europe formera une paire scandinave, avec le duo Hovland-Aberg en priorité en foursomes, tandis que Rasmus Hojgaard est capable d’aligner les birdies aux côtés de l’un de ces deux joueurs en fourballs.
Reste à voir enfin comment les nombreux Britanniques seront alignés, de même que l’Autrichien Sepp Straka (avec Shane Lowry en foursomes comme à Rome ?). Le staff européen, qui comprendra les frères Molinari, Thomas Bjorn, José Maria Olazabal et Alex Noren aux côtés du capitaine Luke Donald, n’a en fait que l’embarras du choix dans le cadre d’une équipe bien balancée. Et prête à relever le défi dans l’ambiance hostile de Bethpage contre l’armada américaine afin, pourquoi pas, de réitérer
le « miracle de Medinah » 13 ans plus tard. A eux d’écrire l’histoire !

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