Jean-Louis Baudoin est un catalyseur de créativité et co-auteur de Shapership (l’art de façonner l’avenir). Il aide chacun à dépasser ses limites avec légèreté, humour et altitude.
Cette semaine, c’est Jean-Louis Baudoin qui partage son expertise dans le cadre de notre série de réflexions préparatoires au Forum de Lobby du 10 septembre, placé sous le thème “Make Investments Great Again!”. Son constat est simple : pour investir autrement, il faut commencer par sortir des boîtes mentales qui enferment nos idées.
Ces « boîtes » apparaissent dès l’enfance, se renforcent à l’école et, plus tard conditionnent nos vies en entreprises. La plus piégeuse ? Celle du Core Business. Définir son activité par un produit ou une niche rassure… mais limite l’innovation.
Jean-Louis raconte : « En 2008, une entreprise d’imperméabilisation de toitures plates voyait ses parts de marché menacées par les produits chinois, 50 % moins chers. Les actionnaires m’appellent, paniqués. Je leur demande : Quelle est votre définition de votre Core Business ? » La réponse est nette : « Notre métier, c’est l’imperméabilisation de toitures plates avec notre membrane Derbigum, garantie 50 ans. »
Jean-Louis poursuit : « J’avais observé qu’à New York, des restaurants exploitaient déjà leurs toits plats en y installant des membranes végétales pour cultiver des légumes. Je suggère alors : Et si vous faisiez de même ? » Un administrateur, un brin condescendant, balaie l’idée : « Nous faisons de l’imperméabilisation, pas du maraîchage ! »
Nouvelle proposition : « Et si vous développiez une membrane blanche qui servirait aussi de “cooler” passif et permettrait de réduire la facture énergétique dans les pays chauds ? » Réponse instantanée : « Impossible ! » Heureusement, un jeune responsable Innovation intervient : « En réalité, c’est faisable. Je connais une société spécialisée en coatings qui peut rendre la membrane blanche… ou même verte. » Le CEO valide, et quelques mois plus tard, naît la ligne « Derbigum, the Greennovators ».
La suite est éloquente : membranes végétalisées, intégration de cellules photovoltaïques, nouveaux modèles énergétiques… Résultat : le chiffre d’affaires passe de 25 à 125 millions et 70 collaborateurs sont recrutés en pleine crise.
Moralité ? Les investissements les plus prometteurs ne consistent pas à produire plus vite et moins cher, mais à investir dans la créativité, la curiosité et la capacité d’imaginer de nouvelles formes de valeur : économiques, sociales, écologiques et humaines. Comme le résume Jean-Louis Baudoin : « Le leadership n’est plus une position hiérarchique, mais une attitude fondée sur l’ouverture, l’empathie et la curiosité. »
Alors, rappelons-nous : aucune grande idée n’est née dans une boîte bien fermée. Et puis, franchement… si à New York on fait pousser des tomates sur les toits, on peut bien, ici aussi, cultiver des idées fraîches !
Rendez-vous le mercredi 10 septembre au Cercle Gaulois pour ce FORUM DE LOBBY qui promet d’être on ne peut plus passionnant !
