Le nouveau circuit initié par Tiger Woods et Rory McIlroy a officiellement clôturé sa première saison. Ce tour alternatif a l’ambition d’attirer un public d’un nouveau genre. A-t-il convaincu et va-t-il s’installer sur la durée ? Analyse d’un format qui fait beaucoup parler dans le monde du golf.
Le teasing avait duré plus d’un an. En janvier 2024, le lancement de la TGL, la ligue censée révolutionner le golf mondial, est reportée à la saison suivante à cause de l’effondrement du SoFi Center qui devait l’accueillir. 12 mois plus tard, les hostilités sont lancées…
Rappelons quelques règles, 6 équipes constituées de 3 joueurs du PGA Tour s’affrontent dans un format de 9 trous joués en triple (chaque joueur frappe la balle alternativement) et de 6 trous joués en matchplay. Chaque trou remporté vaut un point. Une équipe a la possibilité d’utiliser un hammer qui double les points en cas de victoire sur un trou. L’équipe gagnante est celle qui obtient le plus de points à la fin de la partie.
Une technologie impressionnante
Plus que la formule de jeu originale, c’est la technologie mise en place autour de l’événement qui est véritablement révolutionnaire. Le SoFi Center de Palm Garden en Floride a été spécialement conçu pour accueillir cette TGL. Un écran géant de 20×15 mètres a été installé et les parcours joués ont été montés de toute pièce par des architectes, avec des conditions jamais vues (telle que de la lave dans certaines zones à pénalité). Un green, quant à lui bien réel, a été installé pour jouer les approches et les putts comme sur de véritables terrains de golf. Supporté par 600 vérins, ce green modulable « à l’infini » est entouré de bunkers.
Chaque joueur dispose de 40 secondes pour frapper son coup, afin d’éviter le jeu lent et de permettre à une partie de se terminer en 2 heures de jeu. Le tout, devant un public de 1500 personnes.

Des interactions constantes
Lors des tournois classiques du PGA Tour, les micros captent de plus en plus les discussions entre les caddies et leurs joueurs. Les journalistes n’hésitent plus à faire une interview de joueurs entre deux trous, ce qui était encore inconcevable il y a quelques années. La TGL, consciente que ce type de moments captés par les caméras plaisent au public, a décidé de pousser ces interactions au maximum en équipant les joueurs de micros, ce qui permet de les entendre parler entre eux et de découvrir des traits de personnalité qu’on ne leur connaissait pas. Bien sûr, dans une ambiance détendue à l’image des réactions amusées suite au ‘shank’ de Kevin Kisner dans un bunker, ou plus récemment, suite à la performance d’un Tom Kim se prenant pour Leonardo Di Caprio dans Titanic, devant Céline Dion présente dans les tribunes.
Le golf transformé en « show à l’américaine » semble porter ses fruits, ce que confirme les chiffres. Ainsi, l’âge moyen d’un téléspectateur sur le PGA Tour est de 63 ans, alors qu’il est tombé à 51 ans lors des premières rencontres de la TGL avec de bonnes audiences.
Quid de l’avenir ?
La TGL n’en est aujourd’hui qu’à ses balbutiements. Cette première édition a permis d’attirer les spectateurs curieux et de tenter de répondre aux défis imposés par les jeunes générations qui ne supportent plus les formats longs, quel que soit le sport. Mais le plus dur reste à faire : confirmer.
Enfin, une autre question se pose. Les joueurs seront-ils prêts à donner leur temps et leur énergie pour une compétition amicale, alors que le calendrier est déjà surchargé ? Cette « compétition » se déroule de janvier à mars, au moment où la saison débute sur le PGA Tour dans la partie ouest des Etats-Unis, tandis que le SoFi Center se trouve dans la partie est. L’énergie dépensée pour se déplacer jusque en Floride, auquel s’ajoute le décalage horaire, pourraient en décourager plus d’un. Mais à cette question, comme souvent, la réponse sera apportée par l’argent récompensant les participants, ce qui risque in fine d’avoir une influence sur l’atmosphère relâchée connue lors de cette édition. On ne peut pas tout avoir…
Par Thibault Balthazar
