Pour Jeff Cavens, président de l’UPSI (Union Professionnelle du Secteur Immobilier), Bruxelles a tous les atouts, mais les lenteurs administratives freinent trop les investissements…
Avant de plonger dans les chiffres, l’expert en développement immobilier, Jeff Cavens, pose une question très simple : qu’est-ce qui empêche réellement Bruxelles de construire ? Les taux d’intérêt ? Pas vraiment. Le manque d’envie ? Encore moins. Pour le président de l’UPSI et CEO de Triple Living (l’un des plus grands promoteurs et développeurs immobiliers de Belgique), le véritable goulot d’étranglement se cache dans les méandres administratifs. Une analyse lucide, nourrie par le terrain, qu’il est venu partager lors de notre Forum LOBBY consacré à la recherche du mètre carré perdu.
Bruxelles n’a pas perdu son pouvoir d’attraction
On entend souvent que Bruxelles est en perte de vitesse. L’Anversois Jeff Cavens n’y croit pas une seconde. Capitale européenne, carrefour économique, universitaire et culturel, la ville conserve selon lui tous les ingrédients pour figurer parmi les grandes métropoles du continent. Le potentiel est intact. Ce qui lui manque, dit-il, ce n’est pas de l’ambition, mais de la prévisibilité. Car investir dans l’immobilier, ce n’est pas jouer au casino. Un projet se construit sur dix ou quinze ans, parfois davantage. Les investisseurs ont besoin d’un cap clair, pas d’un brouillard réglementaire…
Le vrai chantier est administratif Pour Jeff Cavens, le principal frein au développement bruxellois ne se résume pas au coût de la construction ou au financement. Il porte un nom beaucoup moins glamour : le permis d’urbanisme ! Des procédures longues, complexes et parfois imprévisibles, ralentissent les projets, immobilisent les capitaux et découragent les initiatives. Promoteurs, investisseurs, banques, et futurs acquéreurs : toute la chaîne finit par attendre. Et dans l’immobilier,, le temps est rarement un allié.

Les taux montent… mais la confiance compte davantage
Contrairement à certaines idées reçues, Jeff Cavens relativise l’impact de la hausse des taux d’intérêt. Historiquement, ils restent à des niveaux raisonnables. Le véritable frein est ailleurs : dans le climat d’incertitude. Entre tensions géopolitiques, contexte économique mouvant et changements de règles, les acheteurs hésitent. Ce n’est pas tant le coût du crédit qui les fait patienter que le manque de visibilité sur l’avenir.
Construire des quartiers et pas seulement des immeubles…
Cette vision se traduit dans les projets de Triple Living. Avec The Banks, vaste développement mixte réunissant 216 logements et un hôtel à Bruxelles, Jeff Cavens défend une approche où l’immobilier dépasse la simple addition de mètres carrés. L’objectif est de créer des quartiers vivants, connectés à leur environnement, où l’on habite, travaille, se rencontre et fait vivre la ville.
Cavens nous rappelle finalement une évidence : le mètre carré le plus difficile à construire n’est pas celui qui manque sur le terrain… c’est souvent celui qui reste coincé dans un dossier. Et celui-là n’a décidément pas encore trouvé son architecte.
Comme beaucoup, nous ferons une pause la semaine prochaine, nous vous fixons donc rendez-vous le vendredi 24 juillet, bien reposés. En attendant écoutez le dernier podcast de François Didisheim, fondateur de LOBBY, diffusé sur BXFM Radio.
