Il fut un temps, pas si lointain, où quand on optait pour une carrière professionnelle c’était pour toute la vie active, souvent dans la même entreprise. Ces vingt dernières années, le monde a changé plus vite que lors des quarante précédentes. Aujourd’hui, au moment de se lancer sur le marché du travail, difficile de dire combien de fonctions, d’emplois ou de métiers on sera amené à pratiquer durant une existence professionnelle. Le temps et les incertitudes s’accélèrent à l’ère digitale, à défaut de toujours les maîtriser il faut constamment s’adapter. C’est aussi le cas dans l’immobilier. Une construction, ou une rénovation, s’inscrit dans une perspective d’avenir. Pour lui éviter de devenir trop vite obsolète, il vaut mieux, là aussi, pouvoir l’envisager sur plusieurs vies, en évitant de démolir et de reconstruire dès que l’on veut en changer la destination. Les challenges environnementaux et sociétaux ont incité le secteur à penser autrement, à se réinventer en quelque sorte. La crise sanitaire, les confinements, le télétravail ont bouleversé les habitudes ou pratiques de vie, laissant des espaces de bureaux ou de commerce inexploités. Les impératifs de la transition écologique se sont imposés à tous pour un immobilier plus responsable, durable et recyclable. Le pari serait donc qu’un immeuble de bureaux, par exemple, puisse devenir autre chose et abriter des appartements ou des commerces, sans qu’il y ait besoin d’une réhabilitation lourde parce que cela a été prévu dès le départ, et que des logements ou des hôtels puissent prendre la destination inverse. Il est devenu contre-productif, voire proscrit par certaines règles d’urbanisme, de démolir un bâtiment pour le rebâtir ensuite, parfois pour un même usage. Quand c’est possible, reconstruire la ville sur la ville, la renouveler à partir de ce qu’elle est, est porteur de sens vers un bâti plus vertueux, qui limite la pollution et la consommation de matières premières, avec un objectif zéro carbone. « Même si le défi peut sembler compliqué à relever, la solution serait de réfléchir à un immeuble qui anticipe sa propre évolution, à une architecture qui permet une souplesse d’usages, pour une adaptation à moindre coût suivant les besoins », résume BNP Paribas Real Estate en France.
par Christian Carrette
