Après le château de Champ de Bataille en Normandie, Jacques Garcia signe une nouvelle œuvre hors du commun en Sicile. À quelques kilomètres de Noto, le célèbre décorateur français a transformé un champ de ruines en un spectaculaire monastère imaginaire, baptisé Villa Elena, où l’histoire, l’art et la nature dialoguent dans un décor d’une beauté saisissante.



Fidèle à son goût des lieux habités par le temps, Jacques Garcia n’a pas restauré un monument existant : il l’a entièrement recréé. Boiseries provenant du palais Biscari de Catane, sols historiques de Noto, mobilier princier, sculptures antiques, portraits de cardinaux et œuvres d’art chinées au fil des années composent un univers d’une extraordinaire cohérence, où chaque objet trouve naturellement sa place.
Autour de ce monastère aux allures de palais baroque s’étend aujourd’hui un domaine de 130 hectares, ponctué d’oliviers centenaires, de citronniers, de terrasses, d’un temple antique reconstitué et de plusieurs maisons de charme restaurées. Bonne nouvelle pour les amateurs d’art de vivre : lorsque le maître des lieux s’absente, certaines de ces demeures sont proposées à la location, offrant le privilège de séjourner dans l’univers très personnel du décorateur.



Mais Jacques Garcia n’a pas fini de rêver. Sur la colline qui fait face à Villa Elena, il poursuit un projet aussi audacieux que poétique : la construction de sa propre « Jérusalem », un ensemble monumental inspiré de la Ville sainte, mêlant théâtre antique, tours crénelées, coupoles et jardins. Une nouvelle folie architecturale qui témoigne, une fois encore, de l’imagination sans limites de celui qui fait de chaque lieu un récit à part entière.

Photos © Éric Jansen