Marc du Bois reçoit l’Award du Leader économique

Marc du Bois reçoit l’Award du Leader économique

Spadel, la success story 100 % belge

C’est un des derniers fleurons industriels belges qui soit encore indépendant et accroché à sa terre d’origine. Au propre comme au figuré, puisque l' »or bleu » de Spa nous arrive des nappes phréatiques d’immenses zones protégées des Fagnes. A la tête depuis 25 ans de cet empire multirégional vantant les vertus de l’eau naturelle, Marc du Bois a fait entrer dans le 21e siècle une institution comme Spa Monopole tout en lui conservant son aura. Chapeau.  

De plus en plus d’entreprises et marques belges, de fleurons de notre industrie, sont détenus ou contrôlés par des groupes étrangers, ce qui leur procure certes une meilleure insertion internationale, mais les vulnérabilise aussi, les décisions stratégiques étant de plus en plus prises en dehors du pays. C’est peut-être la plus grande fierté du groupe Spadel et de son patron Marc du Bois, d’une part de se trouver à la tête d’un monument économique national qui cartonne et d’autre part de l’avoir maintenu indépendant dans une structure familiale, d’en avoir gardé la direction en Belgique, au coeur de sa région et dans sa base historique. Qui plus est dans un secteur, en gros l’eau minérale, où il vaut mieux ne pas se reposer sur ses lauriers (l’eau du robinet est au minimum 30 fois moins chère) et où la concurrence est importante, nationale, internationale, marques de distributeurs… rien que dans le sud du pays, généreusement doté en eau, il y a du monde.

Multilocal

Prestige ultime, il fut un temps où lorsqu’on commandait une eau minérale on demandait un Spa, appellation générique entrée dans le langage courant pour désigner ce type de boisson quelle qu’en soit la marque, comme on parle de Bic lorsqu’on évoque la pointe qui nous sert à écrire. On peut dire, sans rire, que depuis l’eau a coulé sous les ponts, et le mérite de l’entreprise spadoise est d’avoir su renouveler son image, élargir sa gamme, diversifier ses produits, répondre à l’évolution des goûts et besoins des consommateurs, entrer de plain pied dans le 21e siècle, tout en préservant l’aura privilégiée qui est la sienne sur le marché depuis un siècle, symbolisée par un design emblématique et son Pierrot historique qui saute par dessus une bouteille qui fait pschitt. Un sans faute. Le groupe Spadel, anciennement Spa Monopole, est d’envergure européenne, mais il a fait le choix de ce que Marc du Bois appelle le multilocal face au multinational. Avec des marques très fortes, dans des parcs naturels protégés, au Benelux (Spa, Bru et Zyla), en Alsace (Wattwiller et Carola) ou en Bulgarie (Devin), des marques qui ont renoncé à s’exporter au-delà de 500 kms de leur site d’origine. « Quand je suis arrivé, j’ai encore connu cette entreprise fière d’exporter dans 42 pays », dit Marc du Bois. « Pour moi, cela n’a pas de sens de vouloir boire de l’eau naturelle, pure, en lui faisant parcourir des centaines et des centaines de kilomètres pour parvenir sur notre table. D’autant plus dans la voie que nous avons prise et que nous continuerons à suivre en matière de durabilité ». 

13.000 hectares protégés

Et ça marche, ça parle aux gens. Ces dernières années ont été à chaque fois des années record, marquées par une forte croissance. Le groupe a franchi un cap historique en 2024, dépassant pour la première fois le milliard de litres d’eau vendu, et la progression s’est encore poursuivie l’an dernier. « Certes, il a fait très chaud en juin, et on peut penser que dans un contexte géopolitique tendu les gens sont tentés de stocker de l’eau en bouteille, mais ces résultats sont surtout la conséquence de notre crédibilité, de notre dynamisme au niveau local, et du bon accueil réservé à nos innovations notamment en matière de limonades et d’eaux aromatisées ou énergisantes 100 % naturelles », estime-t-il. « On récolte ce que l’on sème. Notre entreprise est neutre en carbone, avec une eau de grande pureté à une époque où l’on n’est plus sûr de rien. La zone de captage protégée sur Spa et Stoumont s’étend sur 13.000 hectares, l’équivalent de 26.000 terrains de foot. » On voit bien en quoi cette quête de durabilité, entamée il y a quinze ans et certifiée Be Corp, est tout simplement vitale pour Spadel, elle fait en quelque sorte partie de son ADN. « Il y a des tendances qui nous sont plutôt favorables », remarque encore  le CEO. « On boit moins d’alcool et plus d’eau, on veut bien vivre et bien vieillir, on consomme plus de produits proches de chez soi, et il n’y a plus d’autre fleuron 100 % belge dans notre secteur, Valvert appartient à Nestlé et Chaudfontaine à Coca Cola ».

Start-ups

Même s’il s’agit toujours de rester prudent et vigilant face aux évolutions du marché, l’expression « or bleu » prend donc ici tout son sens. Que ce soit à Spa, dans les Vosges ou au coeur des montagnes bulgares, Spadel a presque doublé son nombre de collaborateurs en dix ans, plus de 1300 au total et près de 500 en Belgique. Qui n’avance pas recule, leader du marché belge et néerlandais, il a d’ores et déjà décidé de rénover et d’ajouter des lignes de production sur son site spadois, soit un investissement de 40 millions à l’horizon 2027, la même somme étant prévue pour l’ensemble des usines du groupe en France et en Bulgarie. Toujours à la pointe et en recherche d’innovation – eco packs, fontaines d’eau, mocktails -, Marc du Bois et Spadel ont également créé un petit fonds d’investissement appelé The Source qui prend des participations minoritaires dans des start-ups à la fois pour leur apporter une expertise et pour apprendre d’elles. Cela va de la boisson (chaude) à la chicorée aux sodas protéinés en passant par des soft drinks naturels, des cocktails sans alcool, une fontaine qui permet de créer ses propres boissons aux fruits, et même une technologie qui récupère l’eau présente dans l’air, la filtre, la minéralise et la transforme en eau potable, y compris dans les régions les plus sèches. « Qu’en adviendra-t-il par la suite ? Je n’en sais encore trop rien moi-même », sourit Marc du Bois.

Manager et entreprise de l’année

Nous voilà bien loin de l’entreprise créée en 1583, puis baptisée Spa Monopole en 1921 par le Chevalier Charles de Thier, et dans le capital de laquelle la famille du Bois est entrée deux ans plus tard. Depuis, l’histoire de cette famille est étroitement liée à celle de ce qui est devenu le groupe Spadel en 1980 sous l’impulsion du père de Marc, Guy Jacques du Bois. Au fil des héritages et des rachats, elle en est devenue actionnaire majoritaire, n’acceptant qu’une présence à ses côtés, à la fin du siècle dernier et par nécessité, celle de la brasserie Artois (Interbrew puis AB Inbev). C’est le frère de Marc, Guy Bernard, qui était à la manoeuvre. Il est décédé dans un accident de voiture en 2000, non sans avoir légué ses actions par testament à celui qui dirige toujours la société aujourd’hui. Une responsabilité énorme à laquelle Marc n’était pas préparé : « Quand mon frère est mort le monde s’est écroulé, il était tout pour moi, un frère, un père, un ami et un patron. » La suite fut tout sauf un long fleuve tranquille, entre rachat des actions d’Interbrew, tensions familiales et direction à prendre pour la société, mais Marc a su gérer et prendre le temps, sans esclandre. Il a aussi eu la sagesse de partager la conduite des affaires durant douze ans avec l’ancien bras droit de son frère, jusqu’à ce qu’il se sente prêt à assumer seul sa vision de l’avenir et la charge de l’entreprise. On peut parler d’une réussite exemplaire sur tous les plans, économique, social et écologique, qui lui valut déjà le titre de manager de l’année en 2013 et celui d’entreprise de l’année en 2017, avant même que ne tombent les affriolants chiffres récents qui lui valent ce Lobby Award cent fois justifié. Dites d’ailleurs baron Marc du Bois, puisque l’artisan de cette « success story » 100 % belge a été anobli par le Roi Philippe au printemps 2014. Quant à la saga familiale, elle a toutes les chances de se poursuivre, la fille du boss, Barbara, et son fils Louis, ayant hérité de la fibre entrepreneuriale. « Il n’a, et ne sera, pour autant jamais question d’une quelconque obligation », conclut Marc, « rien de pire pour une entreprise familiale que d’être géré par un membre de la famille qui n’a pas envie d’être là. »

Les nommés

FABRICE BRION : Ingénieur passionné et entrepreneur wallon visionnaire, le Montois a réussi, chose rarissime, à faire de son projet universitaire une success-story mondiale. À la tête d’I-Care, leader de la maintenance prédictive industrielle, il incarne l’innovation et l’ambition dans un secteur en pleine expansion. L’entreprise emploie plus de 1000 professionnels répartis dans 36 bureaux à travers 16 pays, et sert des clients dans plus de 55 pays. Elle aide les industries à optimiser la fiabilité et la performance de leurs équipements, surveillant des centaines de milliers de machines grâce à ses technologies de pointe. 

JOHN BOGAERTS : Figure mondaine au bagou sympa, il a révolutionné et démocratisé le monde des clubs affaires en l’ouvrant à la classe moyenne sur tout le territoire national avec son B 19, B comme Bogaerts, 19  pour le numéro de la maison où a été fondé le club. Ce dernier compte plus de 2000 membres, organise 150 événements par an, et vient de se relancer dans la cité ardente sur le site de Liège Airport. John a aussi introduit chez nous la pédagogie alternative (sans prof) chère au Français Xavier Niel avec une école de codage, Campus 19, qui affiche un taux à l’emploi de 100 % pour ceux qui bouclent le cursus. 

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