Pierre-Olivier Beckers : La main belge derrière la réussite des Jeux de Paris

Pierre-Olivier Beckers : La main belge derrière la réussite des Jeux de Paris

Les Jeux olympiques auront illuminé une année 2024 qui ne nous a guère offert d’occasions de nous extasier. Ce fut d’autant plus réussi que l’on craignait le pire au vu des risques pris et de la crise politique française. Nafi Thiam et Remco Evenepoel y ont fait résonner la Brabançonne, mais un autre Belge, dont on parle moins, a mérité la médaille d’or en coulisses.  Dans son travail de liaison entre le CIO et le Comité d’organisation, Pierre-Olivier Beckers a impressionné tout le monde. 

Les Jeux d’hiver aussi

Le choix était très difficile dès l’instant où l’on considérait les Jeux Olympiques de Paris comme l’événement phare de l’année. Les impériaux exploits de Nafi Thiam et Remco Evenepoel, les deux Belges ensemble sur le podium en heptathlon et en cyclisme avec Noor Vidts et Wout Van Aert, les dix médailles pour nos compatriotes (un record en 100 ans) nous ont fait vibrer durant deux semaines et ont marqué l’histoire du sport belge. Même les huit quatrièmes places, à un souffle du nirvana, et les cruelles désillusions vécues par les hockeyeurs ou basketteuses nous ont tenu en haleine. Emma Meesseman MVP du tournoi de basket et 25.000 personnes à Lille pour le match des Cats contre les Etats-Unis, ce n’était pas rien non plus. Mais, finalement, n’est-ce pas l’organisation elle-même, parfois d’une folle originalité et assumant tous les risques, qui constitue la plus grande réussite de cet été sportif ainsi qu’un tournant dans l’histoire olympique ? C’est pourquoi nous avons voulu ici saluer le travail de l’ombre, durant des mois, de notre compatriote Pierre-Olivier Beckers, indispensable maillon de la chaîne reliant l’organisation française de Tony Estanguet au mouvement olympique et au CIO qui le chapeaute. Président de cette commission de coordination, il a si bien joué son rôle de « facilitateur », ou de « chien de berger » comme il dit, qu’il a de suite été réengagé pour occuper la même fonction lors des Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. « Son expérience de Paris 2024, sa compréhension approfondie du système de gouvernance français et les relations qu’il a nouées ces dernières années, tant en France qu’à l’international, font de lui la personne idéale pour ce poste. Ses connaissances, sa perspicacité, ses qualités de leadership seront inestimables », a souligné Thomas Bach le patron du Comité International Olympique.

Au coeur de la ville

S’il fallait relever une fausse note dans le formidable récital parisien, ce serait d’avoir obligé des sportifs à nager dans la Seine. Malgré tous les efforts accumulés pour purifier au maximum l’eau du fleuve urbain, à concurrence de… 1,4 milliards d’euros, nous n’aurions pas voulu être à la place des triathlètes qui ont plongé et bu la tasse dans un flux bactérien plus qu’incertain et qui, comme notre compatriote Claire Michel, en sont tombés malades. On sait que le sport de haut niveau n’est pas forcément bon pour la santé, était-il nécessaire d’en rajouter une couche pour une question d’image ? Néanmoins, le fait est que même ce « plouf » chaotique n’est pas parvenu à obscurcir un tableau tout en contraste avec la morosité ambiante, une vraie bulle d’air de positivisme tombée à point. Les hypothèques énoncées avant les trois coups ont miraculeusement été (presque) toutes levées. 95% des places disponibles ont trouvé preneurs dans une véritable ambiance de fête. Une cérémonie d’ouverture inoubliable, d’une imagination artistique échevelée, a d’emblée donné le ton malgré la pluie, sublimant l’iconique ville lumière entre les gouttes. On n’avait jamais vu ça. Et même le pari économique, si souvent sujet aux glorieux dérapages, semble avoir été raisonnablement tenu, le comité d’organisation dégageant un bilan positif ce qui est rare. « A tous points de vue, ce sont mes Jeux numéro 1 », a résumé le nouveau président du Comité olympique belge Jean-Michel Saive qui en a vécu huit. « Une des caractéristiques de Paris 2024, c’est qu’il y a eu très peu de constructions spécifiques », rappelle Pierre-Olivier Beckers. « La plupart des infrastructures nécessaires étaient déjà en place, et le CIO souhaitait amener les Jeux autant que possible hors des stades, au cœur de la ville, là où les gens se baladent et vivent, au Trocadéro, devant la Tour Eiffel, place de la Concorde, place des Invalides, etc. C’est la première édition à s’inscrire vraiment dans le nouvel agenda olympique, vers moins de gigantisme, vers des Jeux plus « verts », avec des matériaux bas carbone et un processus de recyclage des lieux, équipements, logements, bureaux. Désormais, tous les quatre ans la barre sera mise plus haut, Los Angeles a déjà l’ambition d’être carbone neutre. »

Vice-président du CIO en 2025 ? Le moins que l’on puisse écrire est que Pierre-Olivier Beckers, 64 ans, élevé au titre de baron par le Roi Philippe, a eu une (double) vie bien remplie. En tant qu’homme d’affaires, diplômé des sciences économiques appliquées à l’Université catholique de Louvain et MBA de la Harvard Business School, il a notamment gravi tous les échelons au sein du groupe Delhaize jusqu’à en devenir administrateur délégué, distingué comme manager de l’année en 2000 et comme CEO Bel 20 en 2009, poste qu’il a quitté en 2013 tout en demeurant administrateur. Depuis, il a aussi soutenu l’entreprenariat en investissant dans plusieurs start-ups. En tant que dirigeant sportif, lui-même pratiquant de plusieurs disciplines, il a été élu président du Comité olympique belge (COIB) en 2004, fonction qu’il a modernisée, revitalisée, et à laquelle il a été réélu à quatre reprises, avant de céder le flambeau à Jean-Michel Saive en 2021. Il a rejoint le Comité international olympique (CIO) en 2012, et y a occupé de nombreuses fonctions comme président du comité d’audit, membre de la commission d’éthique, de la commission des finances, du comité des ressources humaines, de la commission d’optimisation des Jeux olympiques, et même… du conseil du plan de pension des employés. En plus de son rôle déjà cité dans l’organisation des Jeux d’hiver en France, il est d’ores et déjà prévu qu’il soit aussi vice-président de la commission de coordination des JO de Los Angeles 2028. Dans une telle conjoncture, on n’a pas été plus étonné que cela d’apprendre qu’il s’est porté candidat au poste de vice-président de l’institution olympique, avec forcément un a priori favorable au vu de la réussite parisienne. La session de mars du CIO, à Olympie berceau des Jeux, sera d’autant plus importante qu’elle désignera également le successeur de Thomas Bach à la présidence. Pierre-Olivier aura sûrement noté que son ami, le regretté Jacques Rogge, avait justement été élu à la présidence du mouvement olympique un an après avoir mené à bon port la commission de coordination des JO de Sydney. Le timing est parfait

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