Mis à jour le 13 octobre 2022

En route vers la neutralité carbone…

Par Shana Devleschoudere
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« Le béton garde des atouts solides : stabilité mécanique, résistance, inertie thermique, confort acoustique et, très important, disponibilité locale. » Hervé Camerlynck

« Le béton garde des atouts solides : stabilité mécanique, résistance, inertie thermique, confort acoustique et, très important, disponibilité locale. » Hervé Camerlynck

Toujours à propos de patrimoine immobilier iconique et vertueux, nous vous proposons cette semaine des extraits de l’interview d’un expert en la matière. Et pas n’importe lequel !
Dans cette époque où l’écologie est partout, on veut du bois, des vieilles pierres, du naturel,… Mais on ne songe pas forcément au béton, pourtant indispensable, innovant, durable, et d’une beauté intemporelle. L’industrie cimentière (nécessaire pour produire du béton) fait d’énormes efforts pour réduire son empreinte carbone. Produire du ciment ne devrait même plus émettre d’émission d’ici… 2050. C’est en tout cas l’ambition affichée.
LOBBY est donc parti à la rencontre d’Hervé Camerlynck, Directeur de Febelcem (Fédération de l’Industrie Cimentière Belge), qui semblait tout indiqué pour nous éclairer sur les évolutions du secteur. D’autant qu’il est aussi l’administrateur de la plateforme infobeton.be, dont nous ne vous ferons pas l’injure d’expliquer l’objet. Sachez simplement que si le béton vous passionne (et pourquoi pas ?) ou du moins suscite votre intérêt, ce site va faire votre bonheur.
Comme toujours, l’interview intégrale est à retrouver dans le dernier magazine LOBBY. Nous vous en proposons quelques extraits ici.
Sur l’image souvent négative du béton (toutefois très utilisé en Belgique) :
« Ce n’est pas le béton qui émet du CO2, mais la production d’un de ses composants, le ciment. Pour rappel, le béton est fait à base de sable, de gravier, d’eau et de ciment, ce dernier agissant comme « colle » pour faire tenir l’ensemble. Ces matières premières sont extraites ou produites en Belgique. L’économie du béton est très ancrée dans les territoires ». Et c’est bien la production du ciment qui est polluante. Sans entrer dans les détails techniques, « produire 1 tonne de ciment émet 500 kg de CO2. Cependant, l’industrie a déjà réduit ses rejets de 30% par rapport à leur niveau de
1990 ». On est donc sur le bon chemin, mais il faut persévérer et accélérer la diminution de ces rejets.
Notre expert tient à rassurer les détracteurs du béton par une mise au point : « C’est faux de croire qu’il y a de bons et de mauvais matériaux. Chaque matériau doit être utilisé là où il apporte le plus de valeur. Dans ce cadre, le béton garde des atouts : stabilité mécanique, résistance, inertie thermique, confort acoustique et on l’a dit, disponibilité locale. En plus, il est aisément façonnable, ce qui autorise la créativité des architectes qui sont nombreux à l’avoir élu comme matériau de prédilection. C’est ce que nous montrons sur notre site infobeton.be. Les matériaux biosourcés sont valables, mais ne constituent pas une solution miracle ».
Enfin, ce qu’on sait moins et qui peut changer la donne, c’est que le béton se recycle : « Aujourd’hui, le béton peut se recycler quasi à 100%. Une partie sert de fondations dans les chantiers de génie civil. Une autre, totalement pure, sert à refaire du béton. Et c’est sans compter les structures qui peuvent être conservées et non démolies. À Uccle, l’ancienne clinique Edith Cavell a été transformée en appartements. Au quartier nord de Bruxelles, le projet Zin est en cours. Là, les tours en béton du WTC ont été en partie démantelées et recyclées sur place ».
On l’a compris, notre image sur le béton est un peu biaisée. Alors, pour vous faire un avis clair et précis sur la matière, rendez-vous dans le nouveau magazine LOBBY.
En attendant, pour terminer en beauté et avec une pointe d’humour, profitez bien calmement de votre week-end. Ca bétonnera la dure semaine de travail qui suivra ;o)